Ayman El Kayman
Le territoire de la bande de Gaza
ayant été hermétiquement bouclé par les Israéliens et leurs alliés
égyptiens avec du béton, du fer, de l’acier et de l’électronique, il ne
restait plus qu’une seule chose à faire pour la résistance :
creuser sous terre. Les Gazaouis ont donc suivi l’exemple des
Vietnamiens du FLN, qui, pendant l’occupation française puis US, avaient
développé de gigantesques réseaux souterrains leur permettant de se
déplacer, de se réunir, de stocker du matériel, bref de survivre aux bombardements massifs. Ces réseaux souterrains, conservés, s’étendent sur plus de 240 km, de la banlieue de Saïgon (Hô-Chi-Minh-Ville) à la frontière cambodgienne et sont aujourd’hui visités par les touristes.
Tunnel à Cu Chi, au Vietnam(ci-contre)
Manal
Abou Shinhar, une Égyptienne de 17 ans, et Imad Almlalha, un Gazaoui de
21 ans, ont utilisé un tunnel pour se marier en mars 2013, vu que les autorités égyptiennes refusaient que les fiancés puissent se rejoindre légalement.
Les tunnels
de Gaza sont évidemment moins importants que ceux du Vietnam mais ils
ont les mêmes fonctions : permettre les déplacements, la mise à l’abri
et le stockage de matériels. Les ingénieurs palestiniens ont bien
travaillé et les tunnels, situés entre 5 et 25 mètres sous terre, sont maçonnés, ventilés et éclairés à l’électricité.
Il y en a plusieurs centaines et les Israéliens ne sont parvenus à en
détruire qu’une infime partie, surtout ceux qui passent sous la
frontière la plus longue avec Israël, à l’Est de la Bande.
Ces tunnels n’ont pas seulement une fonction défensive, mais aussi
offensive et ils ont même une version aquatique. Preuve en est
l’attaque-surprise contre une position militaire israélienne près du
kibboutz Zikim à Ashkelon, située à 1 kilomètre de la frontière nord de
Gaza, par des combattants sortis de nulle part – c’était en fait des
plongeurs de combat venus de la mer -, qui a créé une panique bleue chez
les petits tsahaliens, ainsi que chez les colons installés tout autour
de Gaza à un jet de fronde de la frontière, qui tremblent désormais à la
perspective de voir émerger de terre –ou de mer – un groupe
d’encagoulés au milieu de leur salle à manger…
Contre les roquettes palestiniennes, les
Israéliens ont inventé le « Dôme de fer », qui a coûté jusqu’ici la
bagatelle de 2 milliards de dollars, principalement payés par les USA.
Contre les tunnels, ils n’ont pas encore trouvé la réponse géniale et
infaillible : les bombardements ne peuvent rien contre les tunnels,
auxquels il faut accéder par voie terrestre pour pouvoir les détruire à
l’explosif. Et qui dit voie terrestre dit engagement au sol entre
soldats tsahaliens et combattants palestiniens. Et qui dit engagement au
sol dit pertes humaines. La brève expérience d’ « offensive terrestre »
a servi de leçon aux Israéliens, qui ont perdu plusieurs dizaines
d’hommes. Ils ne sont donc pas près de retenter l’expérience, pour
affronter les combattants palestiniens, qui, à Gaza, sont entre 20 et
30 000, prêts à les accueillir comme il se doit.
C’est pourquoi ils
travaillent maintenant à l’option « démilitarisation », une solution
byzantine qui verrait l’ONU, l’Égypte et l’Autorité aboumazienne faire
ce que Tsahal ne peut faire : boucher les trous du gruyère gazaoui et
démanteler l’arsenal de la résistance, dont seuls 10% ont été utilisés
depuis le 9 juillet dernier. On leur souhaite bien du plaisir.
Dessin de Michel Kichka, Israël
Merci à Coups de dent – Le blog de Ayman El KaymanDate de parution de l’article original: 19/08/2014
Source : tlaxcala Via Réseau International



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire