Camarade «frondeur» : bonjour.
Range ton café, je vais pas rester : je suis juste passé te faire une petite demande.
C’est tout simple : je voudrais que tu cesses, maintenant – là, tout de suite -, de te.
Foutre.
De.
Ma.
Gueule.
Parce que, très sincèrement : ça commence à me gonfler, que tu me prennes si fort pour un con.
Ça fait plusieurs semaines que je t’entends pousser des petits cris
(auxquels la presse dominante, jamais en retard, elle non plus, d’une
moquerie organisée, donne bien sûr un long écho) - et depuis que M.
Macron a été mis dans le gouvernement de M. Valls avec la complicité de
M. Hollande : tu les redoubles, comme si vraiment t’étais au bout du
bout du bout du bout du bout de l’extrémité de ton exaspération de
progressiste outragé.
En substance : tu béguètes que t’en as quand même un peu ras le mug
que ton candidat du changement soit (à ta grande surprise) devenu, sitôt
qu’élu, et non moins que son prédécesseur, le président des
possédant(e)s – et que ça serait bien qu’il envisage d’arrêter d’être de
droite, parce que bon, toi, franchement, t ‘avais pas signé pour ça,
quand t’as pour la première fois pèleriné rue de Solférino.
En clair : tu racontes, avec dans la voix du trémolo long comme un bras de mer, que le P«S» est «de gauche»,
et qu’il faudrait point trop l’oublier non plus - parce que ça te fait
de la peine, et bientôt de la Pen, si qu’on n’y prend point garde.
(Car l’électeur fuira ce que t’appelais jusqu’à présent – jamais en retard d’un foutage : le votutile.)
Mais, mon bon : que crois-tu ?
Crois-tu, qu’autour de toi, 60 millions de connards de base ont perdu la mémoire – et se laissent prendre à ta plainte ?
Crois-tu que nous n’avons pas relevé que dans la vraie vie, la
droitisation de ton parti n’est pas exactement une nouveauté de la
semaine dernière ?
Crois-tu que nous avons oublié qu’elle remonte, en vérité, et dans le meilleur des cas, au mitan des 1980’s
– quand M. Mitterrand et ses comparses de l’époque tournaient casaque
sous les hourras de l’éditocratie barbichue, pour se rallier à Mme
Thatcher ?
Crois-tu que nous n’avons pas vu que vous n’avez, par la suite, plus jamais – plus jamais
- cessé de prodiguer au patronat des flatteries dont même l’autre
droite n’aurait jamais osé le gratifier si massivement – dans le même
temps que vous négociiez, sous le même grotesque prétexte d’oser le «réalisme», mille «tournants» sécuritaires ?
Quand t’as adhéré au P«S» : tu savais où t’allais.
T’as franchi le seuil d’un parti de droite – qui avait très explicitement proclamé ses reniement(s).
T’as pas pu ne pas constater que l’endroit était pavoisé aux couleurs des marchés.
T’as pas pu ne pas humer qu’il sentait très fort le colloque de Villepinte.
Et cependant : t’es resté.
T’as trouvé que t’étais à ton aise chez les privatiseurs.
T’as estimé que t’étais chez toi chez les chasseurs d’«angélisme».
Alors, de grâce, camarade.
Épargne-toi le ridicule de te comporter comme si tu découvrais
soudain des grosses touffes de libéralisme dans le potage au capital que
tu lappes depuis tant d’années.
Et surtout, surtout, je te le redemande : arrête immédiatement de nous prendre pour des demeuré(e)s.
Merci pour le café : fallait pas.


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