jeudi 4 septembre 2014

Cultivés comme des oignons

tapio-ca:</p> <p>So Precious.<br /> Gaëtan Pelletier     

On ne grandit vraiment qu’au moment où on comprend toutes les distorsions de ce que certains appellent l’âge adulte. Aujourd’hui, devenir mature, c’est perdre sa faculté d’émerveillement.

On peut apercevoir cette "faculté" présente chez l’enfant sans en saisir vraiment la profondeur. L’enfant est encore dans l’instant présent et à la découverte d’un monde nouveau : Celui  d’un cerveau non "souillé" qui VOIT les choses directement sans les nommer.

La maturité n’est qu’un mot qui prend un sens en chacun de nous. La maturité est la conception de celle-ci, du moins de l’image de ce que chacun s’en fait. Il peut s’agir d’une maturité sociale, d’une maturité " tranquillisée" par des prises de positions fermes, donc, des certitudes, donc, un arrêt d’image sur la mouvance du "réel". Donc une coupure avec le développement de visions nouvelles ou la découverte indicible d’une autre.
On achète des visions comme on achète des religions. On achète le produit d’un autre, et plus encore, on court les vendeurs. Les sociétés contrôlent, modifient les êtres pour les uniformiser.
***
Très jeunes, les enfants dessinent des arbres, des animaux, dans des gribouillis que font parfois semblant d’aimer les adultes. Qui sait s’ils ne voient pas la puissance des arbre, la Vie, et qu’ils tentent simplement, malhabilement, de montrer ce qu’ils voient en espérant que l’adulte verra vraiment ? Nous les voyons sous des vision d’ambition et de créatures modelées.
Nous sommes, en "grandissant", des aveugles de la pureté et de   pauvres cloques taillées à la hache de "l’éducation".
Les arbres ne se redressent que lorsqu’ils sont jeunes. À maturité, s’ils ne sont pas "modifiés"  ils se tortillent dans leur branches, emmêlées et poussent souvent en tous sens.
Dans un monde de violence, de carriérisme et de tâches à accomplir pour ledit ensemble,  érode ce que nous avons de plus merveilleux. Ce que l’on pourrait nommer statufier des cerveaux.
À partir d’un certain âge, nous avons le droit d’être livrés à tous les poisons de la société elle-même aux prises avec des problèmes que nous avons "achetés". Nous héritons tous de cette brisure avec la vue directe de ce qui existe en "réalité". 
Le message est: " Tu dois être cela". "Tu dois manger cela". "Tu dois, pour être quelqu’un et t’affirmer, jouer le jeu des adultes contaminés.
Et de tous les temps, l’art de la contamination a régné.
Posséder est une norme que l’on transmet comme un virus.
Être passe en dernier.
Plaignons nous alors des relations humaines, de la violence, de dissonances et de tout le baratin qui tue au lieu de faire vivre.
Devant la foultitude de cultures exponentielles "achetables", il faut alors s’épurer. C’est loin d’être aisé : il est nécessaire de décaper toutes les couches du "savoir" cimenté pour en arriver à un savoir et vision brute. Cultivés en couches superposés, comme les oignons…
Si vous trouvez que McDo est mauvais pour la santé, toute la "culture moderne", martelée chaque jour est mauvaise pour les relations humaines qui divisent en utilisant une partie faible de votre être.

C’est un chaos exponentiel que NOUS nourrissons.

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