On ne grandit vraiment qu’au moment où on comprend toutes les
distorsions de ce que certains appellent l’âge adulte. Aujourd’hui,
devenir mature, c’est perdre sa faculté d’émerveillement.
On peut
apercevoir cette "faculté" présente chez l’enfant sans en saisir
vraiment la profondeur. L’enfant est encore dans l’instant présent et à
la découverte d’un monde nouveau : Celui d’un cerveau non "souillé" qui
VOIT les choses directement sans les nommer.
La maturité n’est qu’un mot qui prend un sens en
chacun de nous. La maturité est la conception de celle-ci, du moins de
l’image de ce que chacun s’en fait. Il peut s’agir d’une maturité
sociale, d’une maturité " tranquillisée" par des prises de positions
fermes, donc, des certitudes, donc, un arrêt d’image sur la mouvance du
"réel". Donc une coupure avec le développement de visions nouvelles ou
la découverte indicible d’une autre.
On achète des visions comme on achète des religions. On achète le
produit d’un autre, et plus encore, on court les vendeurs. Les sociétés
contrôlent, modifient les êtres pour les uniformiser.
***
Très jeunes, les enfants dessinent des arbres, des animaux, dans des
gribouillis que font parfois semblant d’aimer les adultes. Qui sait
s’ils ne voient pas la puissance des arbre, la Vie, et qu’ils tentent
simplement, malhabilement, de montrer ce qu’ils voient en espérant que
l’adulte verra vraiment ? Nous les voyons sous des vision d’ambition et
de créatures modelées.
Nous sommes, en "grandissant", des aveugles de la pureté et de pauvres cloques taillées à la hache de "l’éducation".
Les arbres ne se redressent que lorsqu’ils sont jeunes. À
maturité, s’ils ne sont pas "modifiés" ils se tortillent dans leur
branches, emmêlées et poussent souvent en tous sens.
Dans un monde de violence, de carriérisme et de tâches à accomplir
pour ledit ensemble, érode ce que nous avons de plus merveilleux. Ce
que l’on pourrait nommer statufier des cerveaux.
À partir d’un certain âge, nous avons le droit d’être livrés à tous
les poisons de la société elle-même aux prises avec des problèmes que
nous avons "achetés". Nous héritons tous de cette brisure avec la vue
directe de ce qui existe en "réalité".
Le message est: " Tu dois être cela". "Tu dois manger cela". "Tu
dois, pour être quelqu’un et t’affirmer, jouer le jeu des adultes
contaminés.
Et de tous les temps, l’art de la contamination a régné.
Posséder est une norme que l’on transmet comme un virus.
Être passe en dernier.
Plaignons nous alors des relations humaines, de la violence, de
dissonances et de tout le baratin qui tue au lieu de faire vivre.
Devant la foultitude de cultures exponentielles "achetables", il faut
alors s’épurer. C’est loin d’être aisé : il est nécessaire de décaper
toutes les couches du "savoir" cimenté pour en arriver à un savoir et
vision brute. Cultivés en couches superposés, comme les oignons…
Si vous trouvez que McDo est mauvais pour la santé, toute la "culture
moderne", martelée chaque jour est mauvaise pour les relations humaines
qui divisent en utilisant une partie faible de votre être.
C’est un chaos exponentiel que NOUS nourrissons.

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