Cinq millions
de Français souffriraient de la solitude. C’est le chiffre alarmant
d’une étude de la Fondation de France repris en masse par les médias.
Mais ils sont moins nombreux à noter que le phénomène s’accroit et qu’il
s’agit là d’une conséquence de la crise économique que nous traversons
et de l’impuissance de nos dirigeants à l’enrayer.
Notre pays aura donc connu
une crise financière, économique, industrielle, politique et même
démocratique. A cette liste déjà interminable, il convient désormais d’y
ajouter la crise du lien social. On s’en doutait (ces phénomènes sont
tous étroitement liés) mais une étude de la Fondation de France nous le
montre de façon éclairante.
Car si l’argent
ne fait pas le bonheur, il semble néanmoins important pour être
entouré. Seulement 8 % des personnes qui touchent plus de 3 500 euros
sont isolés contre 14 % de ceux qui touchent entre 1 000 et 1 499 euros.
Et quand on passe sous la barre des 1 000 euros, les chiffres sont
glaçants. Dans cette tranche, un quart des 40-49 ans sont isolés.
Être pauvre,
ça exclut. Mais ce n’est pas là le seul facteur. Le célibat, la
séparation, le handicap et le chômage aussi, bien sûr, entrent en jeu.
Et tant que l’engagement de l’inversion de la courbe du chômage n’est
pas tenu par le gouvernement, la situation ne risque pas de s’arranger.
Pour les chômeurs de plus de 50 ans, en un an, la situation s’est même
nettement dégradée. En 2013, 19 % d’entre eux étaient isolés contre 29 %
aujourd’hui. Une évolution importante qui suit celle du chômage. En
effet, en un an, le chômage des plus de 50 ans a augmenté (de manière
quasi symétrique) de 11,6 %.
Travailler serait donc la solution,
du moins, un bon moyen de ne pas être seul. Encore faut-il avoir un
travail. Et même une fois un contrat en poche, la solitude persiste. En
2014, le travail permet moins de s’intégrer dans la société qu’en 2010.
Les petits boulots qui tendent à remplacer les temps complets en CDI ne
suffisent pas à enrayer l’isolement. Selon l’enquête de la Fondation de
France, 13 % des actifs qui gagnent moins de 1 000 euros par mois sont
isolés contre 7 % de l’ensemble des actifs.
Collègues de travail ou pas,
il reste encore les voisins pourrait-on se dire. Mais là encore, depuis
2010, la situation ne s’est pas arrangée. Pour de plus en plus de
personnes les relations se limitent à un simple « bonjour-bonsoir ». Une
indifférence polie qui se retrouve plus en ville qu’à la campagne, et
plus dans les logements sociaux. 15 % des personnes habitants dans un
logement de ce type sont en situation d’isolement contre 11 % des
personnes qui ont une habitation dans le parc privé.
L’idée que dans les
quartiers populaires, la convivialité et la solidarité joueraient
encore à plein, est sans doute à remiser aux oubliettes. Désormais, il
est plus que jamais blême, le HLM…

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