Gilles Devers
On
fiche les condamnés, mais aussi les innocents pour le simple fait
qu’ils ont été concernés par une enquête… et c’est fait pour 20 ans. La
CEDH point l’insuffisance des contrôles judiciaires, et condamne le
fichier.
Les faits
Les
faits, c’est une dispute conjugale, avec un chouia de trop de violence.
La dame porte plainte, et le compagnon est entendu en garde à vue.
L’affaire parait en fait embrouillée, et le procureur décide d’envoyer
le dossier en médiation. La réunion de médiation se tient, les deux
demandent que l’affaire en reste là, le couple voulant poursuivre son
histoire, et le procureur classe l’affaire sans suite.
Problème :
du fait de sa mise en cause, notre ami l’amoureux impétueux est inscrit
dans le système de traitement des infractions constatées (STIC).
Quelques
mois plus tard, il demande au procureur de la République du tribunal de
grande instance d’Evry de faire procéder à l’effacement de ses données
du fichier STIC, mais, celui-ci a rejeté cette demande, précisant que sa
décision est insusceptible de recours.
Formule creuse… car reste toujours un recours en droit européen.
Kézaco le STIC ?
Le STIC est un fichier, utilisé dès les années 1990, qui a été créé par le décret no 2001-583
du 5 juillet 2001, plusieurs fois modifié, et se trouvant désormais
inclus dans le code de procédure pénale (Art. 230-6 s. et R. 40-23 s.).
Le
STIC ne traite pas les condamnations mais – et c’est tout le problème –
les informations provenant des comptes rendus d’enquêtes de la police
nationale, la gendarmerie nationale ou les douanes.
Sont
inscrites au STIC les personnes à l’encontre desquelles sont réunis,
pendant la phase d’enquête, des indices graves ou concordants rendant
vraisemblable leur participation à la commission d’un crime, d’un délit
ou de certaines contraventions de 5e classe définies dans le décret du 5 juillet 2001.
Pour
chacune, le fichier mentionne les éléments d’identification dont la
photo. Plus compliquée, figurent « les informations non nominatives qui
concernent les faits objets de l’enquête, les lieux, dates de
l’infraction et modes opératoires, et les informations et images
relatives aux objets, y compris celles qui sont indirectement
nominatives ». Les victimes de ces faits sont également répertoriées.
Le fichier est géré par le ministère de l’Intérieur, sous le contrôle du procureur de la République.
Les informations concernant un mis en cause majeur sont en principe conservées pendant vingt ans.
Article en totalité ICI

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire