Gilles Devers
À ce stade, il ne faut pas se raconter d’histoires. La seule question qui
taraude le PS, toutes tendances et micro-tendances confondues, ce n’est
pas : « comment gérer la France », mais : « comment se débarrasser de
Hollande ? ». Et ça ne sera pas facile.
Dégager
le président sortant par l’opposition, oui, c’est faisable. Mais par
son propre camp… c’est du jamais vu. Le président, chef de la majorité,
est surpuissant même à quinze pour cent dans les sondages, car il a
tout l’appareil d’Etat sous son contrôle. Il passe donc la dernière
année à multiplier les déplacements, les discours, et les annonces… et
tient le discours rodé : « Je gouverne, et nous verrons plus tard pour
la campagne », obligeant à une campagne courte, qui casse les pattes des
concurrents.
De
plus, nos gentils « socialistes » de chez bisounours ont inventé le
système des primaires, soit une campagne avant la campagne, et donc un
début du processus environ un an à l’avance.
Mais
alors, comment imposer au président en fonction de se soumettre à des
primaires ? Primaires que de plus il risquerait fort de perdre, se
plaçant en pratique dans l’impossibilité de se maintenir, comme un
président licencié, en cours de préavis ?
Bon,
on renonce aux primaires. Mais qui va aller lui dire de ne pas se
représenter ? Alors qu’il jouera sur la campagne courte pour se
consacrer à sa fonction gouvernementale ?
Et
puis, il y a le Parti. Impossible d’être candidat PS si vous n’êtes pas
le pote du trésorier du PS. Pas de politique sans l’argent du parti…,
qui est l’argent de l’Etat. Oki. Si on renonce aux primaires, on part
donc du PS pour dézinguer Hollande…. Très drôle… Vous imaginez un grand
congrès PS, un an avant la présidentielle, se désolidarisant du Chef de
l’Etat, et commençant la campagne contre lui ?
J’ajoute
que tous ses socialistes en culottes courtes sont tous amoureux de la
fonction présidentielle, et ils ne prendront jamais le risque
d’affaiblir la fonction, en larguant un Hollande potiche, et sans
majorité à l’Assemblée.
Petit
détail de plus : Qui ? Quelle personnalité capable de rassembler le PS,
divisé comme jamais ? Pour quel programme ? Là-bas, c’est chacun son
commerce de détail, rien de plus. Hollande sait que Valls ne présente
aucun danger : il était le chouchou des sondages, car il plaisait à la
Droite, mais au sein du PS, il ne fait même pas 5%. Il y pèse tellement
peu, que pour les européennes, il n’a pas réussi à placer ses candidats.
Alors, Hollande va renoncer de lui-même parce qu’il se sait perdu d’avance ? Mais vous rigolez !
L’UMP
est en très piteux état, à un niveau jamais vu, et la guerre des chefs
va finir de tout pourrir, avec Sarko qui rêve de revanche. Tout se joue
au premier tour, et le match serait assez ouvert entre Hollande et
Sarko. Et si Sarko ne parvient pas à s’imposer à l’UMP, il fera perdre
le candidat.
De
plus, Hollande va se préoccuper de faire monter le FN, qui est son
grand atout. Vous verrez qu’il va nous ressortir le vote des immigrés la
dernière année… Avec le rêve d’un FN devant l’UMP, comme aux
européennes, pour rafler la mise au second tour, genre « moi, garant des
valeurs de la République ». Oh purée…

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