Bientôt nous apprendrons que le Zimbabwe
vient de sanctionner le Mexique, qui lui-même est en train d’élaborer
un tain de sanctions contre le Guatemala, après que ce dernier ait voté
un blocus contre la Corée du Sud qui venait tout juste de sanctionner la Hongrie solidaire des sanctions serbes contre les Etats-Unis.
Tout le monde sanctionnera tout le monde, telle sera la base de la
future économie mondiale, depuis que les états atlantistes ont montré
que toute contrariété, tout désaccord diplomatique, ne pourrait se
résoudre que par des menaces de sanctions.
Nous n’en sommes peut-être pas encore
tout à fait là, mais ça vient. Il suffit de voir Porochenko décréter des
sanctions contre la Russie pour se dire que nous n’en sommes pas si
éloignés que ça. Pour que l’Ukraine puisse sanctionner la Russie, alors
qu’elle en était presque entièrement dépendante il n’y a pas si
longtemps encore, il lui faudrait supprimer le peu de liens commerciaux
qui liait encore les deux pays, que la Russie avait laissés en place,
non pas parce qu’elle en avait particulièrement besoin, mais par
continuation d’une longue histoire commune qui va au-delà de la simple
économie. Ce n’est pas en refusant de livrer des tournevis et des
porte-clés aux russes que ceux-ci vont se lamenter, bien au contraire.
La fièvre d’autodestruction qui a envahi
l’Union Européenne en est à un stade paroxystique en Ukraine. C’est
comme s’ils obéissaient tous à un ordre simple mais
péremptoire :’’détruisez-vous, nous sommes là pour reconstruire’’. Et
ils obéissent. Certains, comme la Pologne et les pays baltes, le font
avec enthousiasme, comme en quête d’une nouvelle renaissance, tandis que
d’autres manifestent une certaine frilosité à obtempérer, renâclent
même parfois, mais obéissent quand même.
L’Ukraine ne veut plus compter, pour son
économie, que sur ‘’l’abondance occidentale’’, c’est-à-dire les
subsides du FMI et la charité de l’UE, et pour son système de défense,
elle rêve d’avoir une milice comme toutes les autres milices
européennes, appelées NATO, commandées depuis le Pentagone. Que lui
restera-il quand elle se sera dépouillée de tout ce qui faisait d’elle
encore un semblant de nation et qu’elle se rendra compte que ni le FMI,
ni l’UE, qui ne sont que des instruments de domination, ne pourront et
ne feront rien pour son économie, et que l’OTAN l’aura transformée en
terre occupée ? Il ne lui restera même plus la dignité d’un peuple
puisque tous les peuples qui constituaient la nation ukrainienne (les
russes, les roumains, les hongrois, les slovaques, les polonais…) se
seront tournés vers leurs attaches d’origine.
« Et alors ? », diraient les américains
et tous les générateurs du chaos ukrainien. Pour ceux-là, seule la
terre compte, les peuples qui qui l’occupent devant être matés. Les
indiens d’Amérique et les Palestiniens pourraient en dire un mot aux
ukrainiens qui voient leur pays se disloquer et leurs efforts de
construire une nation partir en miette. Ce n’est, ni plus, ni moins que
la destruction de l’Ukraine à laquelle nous assistons comme nous avons
assisté à celles de la Yougoslavie, d’Afghanistan, d’Irak, de Libye et de la Syrie.
Le mode de destruction ne diffère que parce que l’Ukraine se trouve aux
frontières de la Russie et que les scénarios libyens ne pouvaient y
être reproduites.
La destruction ne concerne pas seulement
les infrastructures, mais aussi et surtout les piliers
civilisationnels, le tissu social des pays et les relations humaines
millénaires entre les gens. Dans toutes les destructions entreprises à
travers le monde, l’Europe est en première ligne, y compris dans sa
propre destruction, avec la complicité d’agents internes placés à tous
les étages du système. Il n’y a aucune différence entre un pays du
tiers-monde dont la classe politique a été portée au pouvoir par les
puissances hégémoniques, et un pays européen qui a le même type de
classe politique parrainée par les mêmes puissances.
L’Europe est
aujourd’hui comme un grand corps malade dont les défenses immunitaires
sont HS, atteint d’un SIDA que seule une thérapie extérieure peut aider à
soigner. Il reste à espérer que les thérapeutes qui se pencheraient sur
son sort arrivent à faire quelque chose avant qu’ils ne soient
eux-mêmes détruits.

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