vendredi 12 septembre 2014

L’Ukraine et l’Europe : l’autodestruction continue

L’Ukraine et l’Europe : l’autodestruction continueAVIC    

Bientôt nous apprendrons que le Zimbabwe vient de sanctionner le Mexique, qui lui-même est en train d’élaborer un tain de sanctions contre le Guatemala, après que ce dernier ait voté un blocus contre la Corée du Sud qui venait tout juste de sanctionner la Hongrie solidaire des sanctions serbes contre les Etats-Unis. Tout le monde sanctionnera tout le monde, telle sera la base de la future économie mondiale, depuis que les états atlantistes ont montré que toute contrariété, tout désaccord diplomatique, ne pourrait se résoudre que par des menaces de sanctions.

Nous n’en sommes peut-être pas encore tout à fait là, mais ça vient. Il suffit de voir Porochenko décréter des sanctions contre la Russie pour se dire que nous n’en sommes pas si éloignés que ça. Pour que l’Ukraine puisse sanctionner la Russie, alors qu’elle en était presque entièrement dépendante il n’y a pas si longtemps encore, il lui faudrait supprimer le peu de liens commerciaux qui liait encore les deux pays, que la Russie avait laissés en place, non pas parce qu’elle en avait particulièrement besoin, mais par continuation d’une longue histoire commune qui va au-delà de la simple économie. Ce n’est pas en refusant de livrer des tournevis et des porte-clés aux russes que ceux-ci vont se lamenter, bien au contraire.
La fièvre d’autodestruction qui a envahi l’Union Européenne en est à un stade paroxystique en Ukraine. C’est comme s’ils obéissaient tous à un ordre simple mais péremptoire :’’détruisez-vous, nous sommes là pour reconstruire’’. Et ils obéissent. Certains, comme la Pologne et les pays baltes, le font avec enthousiasme, comme en quête d’une nouvelle renaissance, tandis que d’autres manifestent une certaine frilosité à obtempérer, renâclent même parfois, mais obéissent quand même.
L’Ukraine ne veut plus compter, pour son économie, que sur ‘’l’abondance occidentale’’, c’est-à-dire les subsides du FMI et la charité de l’UE, et pour son système de défense, elle rêve d’avoir une milice comme toutes les autres milices européennes, appelées NATO, commandées depuis le Pentagone. Que lui restera-il quand elle se sera dépouillée de tout ce qui faisait d’elle encore un semblant de nation et qu’elle se rendra compte que ni le FMI, ni l’UE, qui ne sont que des instruments de domination, ne pourront et ne feront rien pour son économie, et que l’OTAN l’aura transformée en terre occupée ? Il ne lui restera même plus la dignité d’un peuple puisque tous les peuples qui constituaient la nation ukrainienne (les russes, les roumains, les hongrois, les slovaques, les polonais…) se seront tournés vers leurs attaches d’origine.
« Et alors ? », diraient les américains et tous les générateurs du chaos ukrainien. Pour ceux-là, seule la terre compte, les peuples qui qui l’occupent devant être matés. Les indiens d’Amérique et les Palestiniens pourraient en dire un mot aux ukrainiens qui voient leur pays se disloquer et leurs efforts de construire une nation partir en miette. Ce n’est, ni plus, ni moins que la destruction de l’Ukraine à laquelle nous assistons comme nous avons assisté à celles de la Yougoslavie, d’Afghanistan, d’Irak, de Libye et de la Syrie. Le mode de destruction ne diffère que parce que l’Ukraine se trouve aux frontières de la Russie et que les scénarios libyens ne pouvaient y être reproduites.
La destruction ne concerne pas seulement les infrastructures, mais aussi et surtout les piliers civilisationnels, le tissu social des pays et les relations humaines millénaires entre les gens. Dans toutes les destructions entreprises à travers le monde, l’Europe est en première ligne, y compris dans sa propre destruction, avec la complicité d’agents internes placés à tous les étages du système. Il n’y a aucune différence entre un pays du tiers-monde dont la classe politique a été portée au pouvoir par les puissances hégémoniques, et un pays européen qui a le même type de classe politique parrainée par les mêmes puissances.

L’Europe est aujourd’hui comme un grand corps malade dont les défenses immunitaires sont HS, atteint d’un SIDA que seule une thérapie extérieure peut aider à soigner. Il reste à espérer que les thérapeutes qui se pencheraient sur son sort arrivent à faire quelque chose avant qu’ils ne soient eux-mêmes détruits.

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