Il faut croire qu’il manquait un acteur
dans le conflit ukrainien. C’est Amnesty International (AI) qui s’y
colle.
Selon Salil Shetty, secrétaire général de l’association, toutes
les parties, forces ukrainiennes comme insurgés, commettent des crimes
de guerre. Dans la foulée, le communiqué d’AI prétend aussi avoir les preuves de l’implication militaire russe sur le terrain.
On se doute qu’une guerre civile ne se
déroule pas selon les nobles principes militaires édictés par Genève.
Selon AI, des chercheurs de l’association, présents sur le terrain,
auraient recueilli des informations « dignes de foi sur des enlèvements
et des tabassages » commis tant du côté de l’armée ukrainienne que dans
les rangs des insurgés.
On aurait cependant aimé avoir d’avantage d’éléments pour étayer ces
accusations : exemples précis, nom des victimes, précisions sur les
sources « dignes de foi » et sur les « chercheurs » d’AI… En lieu de
quoi AI n’offre en pâture qu’un seul cas relevant plus d’un crime
sordide de droit commun (un pasteur, deux de ses fils et deux de ses
ouailles enlevés avec demande de rançon) que d’un crime de guerre
caractérisé.
Les satellites d’Amnesty International
Plus grave, AI affirme avoir la preuve de l’implication militaire russe sur le terrain. Non plus sur la foi de chercheurs sur place, mais sur celle de photos satellite.
Mais de quels satellites proviennent les photos « commissioned by Amnesty International »
à l’appui de ses dires. Satellites russes ? Peu probable. AI
dispose-t-elle de satellites dédiés ? Certainement pas. Alors, la
provenance providentielle de ces photos coule de source. On notera
d’ailleurs que les photos produites par AI ne sont guère plus probantes
que celles, similaires, publiées par l’Otan jusqu’à présent.
Et on rappellera que l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe), qui, elle, a bien 250 observateurs dûment
identifiés en mission d’observation sur place, a affirmé à plusieurs
reprises qu’elle n’avait pour l’heure aucune preuve de l’implication directe de forces armées russes dans le conflit.
Un ton à la John Kerry
Mais foin de tout cela, le communiqué d’AI va plus loin :
« La Russie doit faire cesser l’afflux constant d’armements et d’autres ressources aux rebelles impliqués « dans des violations flagrantes » des droits de l’homme. »
Outre le ton qu’on croirait tout droit sortis des bureaux de John
Kerry au Département d’État américain, plus question là de faire la part
des choses entre l’ingérence russe et l’implication pourtant avérée,
sinon même revendiquée, tant financière que matérielle (et humaine ?),
des pays occidentaux dans le conflit.
Dans le cas d’espèce, en prenant position pour un camp au détriment d’un autre, AI sort de sa mission d’ONG neutre
dédiée exclusivement à la défense des Droits de l’homme d’où qu’ils
viennent. De là à penser que les chercheurs d’AI ont été purement et
simplement “embedded” par l’Otan, il y a un pas assez troublant qui pourrait aisément être franchi.
Le Yéti

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