L’ANI du 11 janvier 2013, en rendant obligatoire l’adhésion
des salariés à une complémentaire santé, qui peut être une mutuelle
(actuellement 56 % du marché actuel, 25 milliards d’euros), une
institution « paritaire » de prévoyance (17 % du marché) ou une
assurance privée (27 % du marché), efface d’un coup le principe de base
de la sécurité sociale.
Il se met en place un « millefeuille »
diversifié et inégal de cotisations et assurances privées «complémentaires» au détriment des cotisations proportionnelles de
toutes et tous, collectées par les mêmes caisses et redistribuées à
chacun selon ses besoins, c’est à dire la « Sécu » comme nous l’aimons.
Le système du « millefeuille » cotisations, mutuelles,
complémentaires, prévoyance et assurances existe au détriment de la
« Sécu » socle mutualisé de la nation. L’ANI va contribuer à détourner
d’énormes parts du salaire socialisé que sont les cotisations sociales
vers la poche des dirigeants des grandes assurances privées. Les sommes
en jeu, autour de 4 milliards d’euros, sont considérables.
À l’horizon du 1er janvier 2016, daté de la mise en œuvre
effective prévue, toutes les entreprises quelles que soient leur taille
devront proposer une « complémentaire » payée à 50/50 par les deux
parties, employeur et salaires. (Jusque-là c’était 47 pour le salarié,
53 pour l’employeur). L’employeur ne payant que 8 % d’impôts l’octroi de
cette assurance sera moins onéreux qu’une hausse de salaires.
Mais le « panier » de soins négocié par l’ANI est hyper restreint :
en matière de lunetterie et de dentisterie, il est même inférieur, à la
CMU complémentaire. Il est tellement a minima que les salariés des
petites entreprises seront astreints à une sur-complémentaire : là des
« contrats responsables » les obligeront à des « parcours de soins
coordonnés » qui, s’ils ne sont pas respectés, leur imposeront des taxes
supplémentaires en cas de dépassement des plafonds.
Le Conseil constitutionnel a imposé que la loi du 14 juin 2013 issue
de l’ANI, au nom de « la liberté d’entreprendre » confie aux seuls
employeurs, le choix des assureurs. Pain béni pour les gros groupes
privés. Alors Axa, Generali, AG2R, Médéric-Malakoff, au détriment des
Mutuelles, préparent avidement les prospecteurs et les prospectus : ils
font du « dumping » pour conquérir cet énorme marché et feront remonter
leurs prix fortement ensuite, la duperie contre les salariés n’en sera
que plus grande.
Peu à peu tous les pans négatifs du bilan de l’ANI dicté par le Medef
à 3 syndicats, se démasquent avec leur cohorte de reculs de droits du
licenciement, en matière de précarité et de santé (1).
Note
(1) « Comment résister à la démolition du Code du travail »
Gérard Filoche, Préface de Thierry Lepaon, Editions « Le vent se lève »
116 p. 10 euros.


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