Écotaxe abandonnée, et si on en profitait pour renationaliser les
autoroutes ? Ce serait toujours ça de gagné dans ce dossier qui n'en
finit pas de s'embourber.
Nouvelle sortie de route de la part du gouvernement. Avec l'annonce par Mme Royal de la suspension sine die de
l'écotaxe, voilà à nouveau de quoi alimenter la question du rapport de ce gouvernement aux
lobbies, notamment routier. En pleine cure d'austérité
imposée, en plein naufrage des promesses écologistes du candidat Hollande, le deux poids - deux mesures a de quoi sérieusement
agacer.
Rappelons que l'autorisation de
circulation des 44 tonnes coûte déjà, d’après une
étude faite par le Conseil général du développement durable, entre
400 à 500 millions d’euros de surcoût pour l’entretien des
routes, supportés en grande partie par les conseils
généraux.
Que va faire le gouvernement quant aux 800 millions d'euros
annuels déjà accordés en guise de contrepartie aux transporteurs comme le souligne Bizi! ? Les mêmes transporteurs routiers qui
doivent également être exonérés de la hausse de 2 % sur la
taxe diesel prévue dans le projet de loi de
finances 2015 afin de contribuer au financement des
infrastructures de transport ! Et pour financer quelles
infrastructures d'ailleurs, de nouvelles autoroutes ? Hélas on peut le
redouter : le projet de loi sur la transition énergétique ne dit
rien quant aux modes de transports doux ni sur le frêt par rail, maritime ou fluvial.
Il est pourtant plus que temps que chaque mode de transport paye ses
justes coûts ! Les coûts externes, c'est à dire ceux qui ne sont pas
pris
en compte dans le prix du marché mais supportés par d'autres acteurs,
sont
de 85 milliards d’euros en France, et ils sont pour 85% le fait du mode
routier. Il s'agit de la pollution de l'air,
de l'eau et des sols, des accidents, des congestions, de la
contribution au réchauffement climatique ou encore du bruit. En la
matière, le fret ferroviaire est 4 fois moins coûteux que le routier et
15
fois moins que l'avion.
Mais non. À la place de cette écotaxe, on entend désormais parler d'une taxe
sur les concessionnaires d'autoroutes, qui verraient leur concession prolongée. Ces équipements financés
par les citoyens, que l’État avait bradés pour 11 milliards
d’euros. Selon la journaliste Martine Orange sur Mediapart, leur rentabilité est aujourd'hui estimée à 25% soit 6
milliards d’euros de bénéfice par an qui vont directement dans les
caisses des opérateurs privés.
Il est grand temps
de les re-nationaliser !
Et à ceux qui, surpris de cette audace, me demandent si je dispose d'une planche à billets : Oui. Elle s'appelle contre-budget du PG et c'est ici.
Relire aussi ma tribune sur l'écotaxe "Et si on débattait vraiment des transports" en cinq contre-leçons pour Mediapart


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