2CCR
De simple manière
statistique, la haine anti-fonctionnaires serait peu de chose si seuls
les riches l’exprimaient, mais, hélas, la « bave » est produite
également dans une large mesure par les exploités, et ceux qui
s’auto-exploitent.
Les fonctionnaires, avec des fonctions très
différentes dans pleins de domaines différents, donc faire une
généralisation relève d’une propagande savamment orchestrée depuis plus
de 30 ans. Ce dénigrement permanent a pour
but final le nivellement par le bas voulu et encouragé par les libéraux
qui veulent s’accaparer nos services publics ; les actionnaires en ont la
bave aux lèvres…
Ce qui est le plus impressionnant, c’est de voir quelques BDB
médiatiquement lobotomisés, aigris de ne pas avoir eut le courage
d’essayer de sauver ce que d’autres réussissent à conserver. Alors par
frustration ils en sont au point de vouloir leur enlever ce qu’ils
appellent « privilèges », et n’hésitent pas à répéter bêtement les
clichés dont on leur a bourré le cerveau : » Je connais des
fonctionnaires qui n’hésitent pas à prendre plus de 40 jours de congé
maladie ou qui ne travaillent qu’un jour sur deux et, etc., etc. » ou alors plus fort: « Appliquer
l’abolition des privilèges promulguée dans la nuit du 4 août 1789, soit
l’abolition du statut des fonctionnaire, leurs nombreux avantages devraient faire rugir les rues de notre pays !
» C’est tout juste s’ils n’appellent pas à la guerre civile, eux qui
n’ont jamais eu le courage de descendre dans la rue pour essayer de
sauver leurs acquis !
Les gens oublient
que le statut de la fonction publique est fait pour que l’agent soit
fidèle à l’État et à l’intérêt général, mais surtout pour éviter autant
que faire se peut la corruption. Un fonctionnaire mal protégé et mal
payé est une proie facile à la corruption. Le malheur de l’Afrique vient
de la faiblesse de l’État et d’une fonction publique embryonnaire et
corrompue. Mais cela n’est pas le souci des libéraux, tout se vend et
tout s’achète, au contraire cela va dans leurs intérêts.
Et oui ! baver sur les fonctionnaires,
c’est devenu un sport national…car un fonctionnaire est un bouc
émissaire coupable de tous les maux, tondant la laine sur le dos des
hommes qui travaillent sans cesse, parce que c’est bien connu un
fonctionnaire ne travaille pas et gagne une fortune. Les fonctionnaires
devraient renoncer à leurs quelques avantages (très relatifs) sous
prétexte d’égalité avec les moins biens lotis. Par contre, quand on parle
des salaires démesurés des grands patrons (qui ne sont rien d’autres
que des gestionnaires), ou quand on dénonce l’indécence du système de
retraite parlementaire, on est un « démagogue ». Pour rappel, un agent de
catégorie C débute à moins de 1430€ brut mensuel, primes comprises,
pour finir à moins de 2000 € brut mensuel en fin de carrière (voir les grilles indiciaires ), et pour les retraites voir ici .
Campés sur des certitudes
revanchardes plutôt que sur la raison, la chasse au fonctionnaire pour
certains est devenue une sorte de revanche sur l’existence, déclinée
dans un champ où l’émotion prend sans cesse le pas sur
l’analyse. Comment d’ailleurs accepter d’amalgamer tous les
fonctionnaires, et pourquoi ? Notons que la jalousie envers les
fonctionnaires est la plus discutable car les postes sont ouverts à
tous. Si fonctionnaires c’est si bien, pourquoi ceux qui déblatèrent
sans cesse sur leur dos n’ont pas passé les concours… à moins qu’ils
n’ont été recalés et qu’ils sont devenus aigris et jaloux du voisin ou du beau frère qui a réussi ?
Une fois que les fonctionnaires
auront perdu leurs « privilèges », ceux du privé devront se préparer à
un coup de massue, la politique d’austérité a toujours fonctionné comme
cela, jamais tout le monde au même moment, il faut que chacun pense que
l’autre est plus privilégié que soi, et surtout de dire bien fait pour
sa gueule, et penser que la crise le veut bien, et que nous n’avons pas
le choix. Il faut se rendre à l’évidence, lorsque les droits des
fonctionnaires reculent, ceux du privé reculent peu après. Remarquez ce
qui s’est passé récemment, on a abaissé les droits des salariés du
privé, maintenant on s’attaque à ceux du public dans un but soi disant
égalitariste. Une fois les fonctionnaires alignés sur le privé, ce
seront les droits des salariés du privé qui seront de nouveau attaqués.
Le pire c’est que, comme à chaque fois, on va avoir des gens qui vont se
battre pour supprimer les droits de leur voisin au lieu de se battre
pour avoir les mêmes.
Le fossé le plus choquant
n’est pas entre public et privé, mais entre petites et grandes
entreprises. Encore une fois, le vrai problème est dans la protection
des salariés des petites boîtes, souvent soumis à des chantages honteux
ou à des pressions inacceptables pour leur interdire de se syndiquer ou
accepter de faire des heures sup non payées.
Mais on détourne
l’attention du chaland, et pendant ce temps les affaires continuent,
bizness is bizness !


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