Jean-Luc Mélenchon
La barre des quarante mille signataires a été franchie en temps prévu. La liste des personnalités du monde de l’art et de la culture
se complète au fil des jours. Bientôt on pourra donc publier une
seconde liste. J’ai invité les cinquante premières d’entre elles à se
retrouver pour faire le point.
Plus de la moitié d’entre elles ont
répondu présent et presque tous les autres ont envoyé un petit mot
amical pour se faire excuser. Sous la présidence pour la circonstance de
Christian Salmon, nous avons fait un ample tour de table pour se faire
connaître mutuellement nos motivations dans cette affaire désormais
commune. En fait, il ne s’agissait pas de prendre des décisions pour les
autres signataires cela va de soi. Tant que l’objectif des cent mille
signatures n’est pas atteint, on voit mal comment aller plus loin sur le
plan de l’organisation que de chercher à développer le nombre des
signatures. Mais il était utile d’échanger des idées sur la suite. Et de
se donner des principes pour commencer.
Ainsi a-t-il été rappelé que nous n’aurions pas pour objectif de réduire
ou d’uniformiser la diversité des points de vue et des propositions sur
quelques points que ce soit à propos de cette nouvelle république. Un
thème ainsi a été évoqué, celui du tirage au sort dans les processus
démocratique. Les avis sont clairement partagés. Pour autant une chose
est sûre : le mode actuel d’élection n’a guère de partisans et qu’il
s’agisse d’en changer ou de passer à un tout autre système comme le
tirage au sort, rien n’est possible dans le cadre actuel des
institutions. C’est pourquoi la contribution de Judith Bernard
sur la page internet à propos du tirage au sort a connu un vif succès
et motivé de nombreuses signatures nouvelles. D’ailleurs, c’est à
l'occasion de cette réunion qu’a été décidé de proposer à chacun
d’exprimer sur la page ses propres motivations. Elles sont publiées au fur et à mesure
pour ne pas provoquer d’effet de saturation qui nuirait à l’impact de
chaque document. La méthode est préférée à celle qui consiste à écrire
des textes en commun qui sont souvent des compromis parfois laborieux.
Je pense que c’est cette liberté d’appréciation personnelle qui a
facilité l’arrivée publique de signatures venue du monde politique
appelant à signer. On dira bientôt qui. Je ne peux cacher que plusieurs
personnes m’ont signalé l’inconvénient qu’il y aurait à marquer
politiquement de façon trop ciblée. Autrement dit mieux vaut que la
liste des responsables politiques ne soit pas limitée aux membres du
Front de Gauche pour ne pas donner l’impression désagréable que c’est
lui qu’on rejoint en signant.
Je veux rassurer tout le monde : il n’en
sera pas ainsi. Cet engagement sous statut personnel était bien compris
dans notre rencontre. Un des présents, membre du Parti de Gauche, le
soulignait en disant « je ne suis pas ici au nom de mon parti
». Clairement, toute appropriation personnelle ou partidaire du mouvement
serait un facteur d’auto blocage. Par contre, il va de soi que les
partis peuvent, et même doivent, s’ils se situent dans l’objectif de la
Constituante et du passage à une nouvelle république, prendre leurs
propres initiatives, faire signer et proposer leurs idées. Le tout à la
condition de ne pas s’approprier le mouvement. Ce point d’équilibre est
en débat entre mes camarades au PG je le sais. Comme il n’est pas
question pour eux de dissoudre notre parti il faut donc travailler avec
soin à bien distinguer les moments de l’action. Je suis certain qu’ils
vont trouver la bonne façon de faire et de mettre leur formidable
énergie au service de ce combat.
Un lieu d’expression existe avant que soit ouvert le site en construction pour organiser les échanges et la prise de décision commune. Certes il est modeste. Une page Facebook. Elle est ouverte et il s’y trouve déjà treize mille abonnés. Mais naturellement, les signatures se font toujours sur notre page internet
autonome pour tenir compte de la demande et des commentaires formels
exprimés sur le sujet et notamment ici même, sur ce blog. Ici et là des
initiatives se prennent, sur le terrain : apéro civique, tagages
propres, atelier constituant, envoi de courriels d’appel à signatures.
On me parle aussi de selfies humoristiques mais je n’en ai pas encore
vu moi-même. En tous cas, vous savez que c’est à présent à vous de faire
le travail de propagation virale. Plus vite on sera à cent mille
signatures plus vite on pourra passer à la phase suivante du plan. Quel
plan ? Celui qu’on se sera donné ensemble. Le mouvement n’a ni carte
d’adhésion ni bureau politique ni rien de semblable.
Son but est de
rendre une idée majoritaire dans la société par les méthodes de
l’éducation populaire, de l’humour et de la participation argumentée aux
débats que la réorganisation des droits du peuple exige. À dire et
répéter en y ajoutant ce que j’aurais pu oublier…
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