Jean Pierre Acasoca
Malgré les coupes
sombres imposées aux retraites, aux soins, aux prestations familiales,
le prétendu “déficit” se creuse, et devrait s’accroître en 2015. Le
“retour à l’équilibre” est à nouveau reporté à 2017. Mais qui sont donc
les responsables de cette situation ?
Ils ont pour nom : Gattaz et le MEDEF qui, en licenciant et en supprimant des
emplois pour défendre leurs profits, réduisent le nombre de salariés et
donc les ressources de la Sécu, tout en agitant le chiffon d’un million
d’emplois. Ils ont pour nom Hollande, Valls et son gouvernement, qui
“baissent le coût du travail” en exonérant les patrons de 30 milliards
supplémentaires de cotisations sociales chaque année, creusant d’autant
le “trou” de la Sécu.
Pour compenser
les cadeaux faits au patronat, ce gouvernement comme ses prédécesseurs,
n’a d’autre solution que de s’en prendre aux dépenses de santé, et en
particulier à l’Hôpital, aux retraites, “gelées” pour un an et demi, aux
prestations familiales, une nouvelles fois “rabotées”. Au bout du
compte, leur objectif, celui du pacte de responsabilité c’est la
liquidation pure et simple de la Sécurité sociale.
De manière générale,
la crise du capitalisme pousse le patronat à rogner plus ou moins
largement sur toutes les dépenses qui ne servent pas directement à
accroître la rentabilité de leurs investissements. Autrement dit, il lui
faut absolument transférer le poids de la crise sur les épaules des
salariés, des jeunes, des retraités et des chômeurs. La dette publique
qui atteint des proportions vertigineuses et alimentent les plus vives
inquiétudes au sein de la population, parfaitement relayées par les
médias aux ordres du système, cautionne les politiques d’austérité. Pour
restaurer un certain équilibre budgétaire tout en sauvegardant les
marges de profit des capitalistes, le gouvernement doit donc
entreprendre la mise en pièce de tous les budgets sociaux. Tel était le
but de la « réforme » des retraites, tel est le but de la « réforme » de la Sécu, et telle est la ligne générale de la politique gouvernementale.
Nous devons défendre la sécurité sociale,
faire obstacle à sa privatisation et, en général, à la destruction de
tous nos acquis sociaux acquis de longues luttes par nos anciens.
Détricoter notre protection sociale et revenir sur 1945, et les acquis
du Conseil National de la Résistance, voilà un des objectifs de
l’oligarchie capitaliste. Car il s’agit là, pour les requins de la
finance, le patronat et tout ce que l’oligarchie de ce pays compte comme
riche parasite, de mettre fin à ces anomalies que sont la SECU, les
entreprises publiques, le droit du travail, l’éducation nationale etc…,
ces anomalies qui brident la libre entreprise, c’est à dire la
possibilité pour l’oligarchie capitaliste de se livrer à une prédation
sans limite, à une exploitation maximale des travailleurs pour faire le
maximum de profits, ces anomalies qui font que des pans entiers de
l’économie du pays ne sont pas encore totalement dans les griffes des
Loups de Wall Street, de Brognart ou de Francfort… Il est bon de
rappeler que l’ensemble de ces conquêtes a été arraché au sortir de la
guerre dans le cadre de la mise en œuvre du programme du CNR, alors que
la classe dominante capitaliste s’était massivement compromise dans le
régime de Vichy.
Les revenus financiers
des entreprises, qui eux ne connaissent pas la crise et augmentent
d’année en année, ne sont pas assujettis au même taux de cotisation
sociale que les salaires. Les faire contribuer rapporteraient 20
milliards d’euros de recettes supplémentaires aux caisses de la
protection sociale. Faire contribuer les stock-options, l’intéressement
et la participation rapporteraient 10 milliards d’euros. Sans parler de
la fraude fiscale… Le patronat, MEDEF en tête, refuse de consacrer plus
d’argent aux retraites et au financement de la protection sociale,
préférant privilégier les dividendes des actionnaires. Actuellement, le
financement de la protection sociale, de l’assurance chômage et des
retraites repose sur les salariés en activité, or il est tout à fait
possible de faire reposer une partie de ce financement sur la richesse
produite par exemple ou directement sur les bénéfices des entreprises,
avant les distributions de stock-options, dividendes et autres, bien sur
!
La Sécu, les services publics,
voilà autant de démonstrations concrètes et quotidiennes qu’il y a une
vie possible hors du capitalisme, hors du règne des seuls intérêts
privés des parasites de l’oligarchie capitaliste. Voilà autant de
démonstrations tangibles que de grandes réalisations (la santé pour
tous, la retraite, l’équipement du pays en services de transport et de
télécommunication etc…) sont non seulement possibles hors des dogmes de
la concurrence libre et non faussée, véritable table de la loi de l’Union Européenne.
Mais surtout bien plus efficaces. Et c’est bien pourquoi dès leurs
mises en place ces conquis sociaux ont été remis en cause par la classe
capitaliste.
Alors pour qu’à votre tour vous laissiez ces conquêtes et
progrès sociaux à vos enfants et petits enfants, ne vous laissez pas
faire … résistez !

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