Nous sommes le 21 janvier dernier et au volant de sa voiture notre
agriculteur appelle sa femme. "Chérie je pars pour la scierie..."
L'homme a besoin de bois. Sauf que les propos auraient mal été
interprétés par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure,
chargée du renseignements), qui aurait intercepté la conversation et
compris que l'homme "partait pour la Syrie" afin d'y faire le jihad.
Quelques minutes plus tard l'homme barbu est arrêté au volant de son
C15. La fouille s'avère maigre : une hachette, un sac d'engrais, un
couteau Laguiole.... Finalement l'homme ne sera pas inquiété.
Normal ! Il s'agissait d'un canular publié sur un site satirique intitulé "La Dèche du midi".
Trop tard pour les réseaux sociaux qui s'emparent de "l'information" et
la font circuler en boucle. Un minimum de vérification aurait pu mettre
en éveil journalistes et internautes, notamment deux noms, d'abord
celui de l'agriculteur en question Raymond Cubombet et ensuite la
rédactrice de l'article Véronica Lash.
Emballement
L'histoire
aurait pu s'arrêter là et nous renvoyer à une notion importante
aujourd'hui dans la presse : nous ne sommes pas tous journalistes ! En
effet. La rapidité de l'info en continu a piégé plusieurs de nos
éminents confrères belges dont le très sérieux journal Le Soir. Dans son
édition de la semaine dernière le quotidien qui ne décode pas du tout
la supercherie dans l'édition papier raconte la mésaventure de Raymond
Cubombet comme étant la vérité vraie. Le Soir confond même "La Dèche du
Midi" et "La Dépêche du Midi" et valide l'information selon notre
confrère de la PQR de Toulouse.
Le maniement des réseaux sociaux nous
oblige à la prudence : la preuve.
Le père peinard

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