Le PDG d’EDF vient d’évoquer un renouvellement du parc nucléaire
par des EPR "Nouveau modèle" à compter des années 2030. Cette vision,
anachronique et irréaliste, condamnerait la France à une dangereuse
fuite en avant.
Le fantasme irréaliste d’un renouvellement du parc
M. Lévy a certes le réalisme de reconnaître à demi-mot que l’EPR est
un échec. Mais quelle crédibilité accorder à ses propos sur le
renouvellement du parc alors que les chantiers des deux réacteurs
actuellement en construction par EDF et Areva sont durablement enlisés ?
Comment un soit-disant EPR "nouveau modèle", qui n’existe encore que
sur le papier, est-il censé se développer aussi vite ?
Les délires atomiques de M. Lévy promettent une facture salée
Concrétiser cette folie des grandeurs coûterait extrêmement cher aux
Français. Alors qu’EDF connaît déjà une situation critique (37,5
milliards d’euros de dettes, rachat prévu des activités réacteur
d’Areva, dépense de 55 milliards au minimum à prévoir pour le "Grand
Carénage"), où compte-t-elle trouver les financements nécessaires ?
Seule réponse d’EDF : se placer dans une situation de dépendance en
recourant à d’autres investisseurs ! Bien sûr, cela ne la dispensera pas
d’appeler l’État au secours et de répercuter les surcoûts sur la
facture des consommateurs.
Alors que les coûts du nouveau nucléaire explosent (tandis que ceux des
énergies renouvelables ne cessent de baisser), M. Lévy compte donc
importer en France le modèle délirant qu’il cherche à imposer en
Grande-Bretagne pour la vente de deux EPR.
Une vision digne du siècle dernier
Avec cette proposition de fuite en avant pour faire perdurer à tout
prix un modèle énergétique périmé, M. Lévy souhaite-t-il donner le
change à la publication du rapport de l’ADEME qui démontre qu’une France
100% renouvelable est possible ? Alors que la France s’apprête à
accueillir la COP21, rappelons que les seuls scénarios qui permettent
d’atteindre nos objectifs climatiques sont ceux qui prévoient une
réduction forte des consommations électriques et une sortie du
nucléaire.
Le nucléaire est une énergie du passé, chère et dangereuse, qui n’a
pas sa place dans le futur énergétique français. La définition de la
politique énergétique devrait appartenir aux citoyens, pas au seul
patron d’un grand groupe guidé par des lubies d’un autre siècle.
La loi
de transition énergétique qui vient d’être votée est censée réduire la
part du nucléaire et les consommations énergétiques. Comment le PDG
d’EDF, entreprise détenue à 85% par l’État, peut-il prétendre
s’affranchir de cette loi ?
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