Sur un site connu, j’ai relevé ce commentaire d’un internaute à propos du
droit du travail et des conventions collectives au sein des
entreprises, commentaire complètement en phase avec la propagande
idéologique dominante et le laisser faire en faveur de la main invisible
du marché : « À chaque fois que vous avez une augmentation de la
réglementation, vous avez une diminution de la liberté contractuelle.
Aucun juriste n’a jamais discuté ce point. Il est évident. »
Oui, sauf un détail
que cet internaute semble ignorer ou plus exactement occulter : pour
pouvoir parler de « liberté contractuelle » il faut qu’il y ait égalité
dans le rapport de force, sinon, c’est le rapport du fort au faible, où
ce dernier n’a d’autre choix que de se soumettre ou de mourir.
Bref,
dans ce cas précis, l’augmentation de la réglementation du droit du
travail a permis une augmentation de la liberté contractuelle, en
rééquilibrant ou plutôt en posant une limite plancher dans ce que peut
demander un « patron » à ses salariés.
Mais c’est vrai
que pour les néo libéraux and Co, il n’y a qu’une seule liberté, celle
des capitalistes les autres n’ayant aucun espace de liberté propre,
n’ont d’autre liberté que celle d’obéir aux premiers. On ne trouve guère
de juristes qui discutent ce point, mais on le comprend aisément !
Dans une société
complexe, ce sont les règles qui permettent la liberté contractuelle et
l’absence de règles, c’est à dire quand elles découlent de l’arbitraire
et non de la recherche d’équilibre, d’équité, qui l’interdit. Mais
encore une fois, un juriste ne défend pas la justice, il défend celui
qui le paie, donc, celui qui domine et définit « la liberté
contractuelle ». Sur ce point, tous les juristes sont effectivement
d’accord.
Bien sûr
dans notre société, ceux qui avant tout pâtissent de cette liberté, ce
sont ceux qui sont exclus des prises de décisions, et qui ne possèdent
que leur force de travail pour essayer d’y vivre. Mais, je n’ai pas de
considération pour un salarié occidental qui peste contre la baisse de
son salaire et de ses conditions de travail, quand dans le même temps,
il ne pense qu’à consommer des produits pas chers à l’achat, mais très
chers en terme de coûts humain et social.
Je suis
comme le bon dieu de Bossuet, je me ris de ceux qui vénèrent les causes
dont ils déplorent les conséquences. Alors la situation continue de se
dégrader pour les salariés français ?
Bien fait pour eux,
tant qu’ils ne se battront que pour défendre leur petite propriété, ils
défendront la propriété du grand capital. Tant qu’ils défendront les
intérêts de leur microscopique épargne, ils défendront celle des
spéculateurs. Tant qu’ils ne verront que leur propre situation contre
celle des autres travailleurs, ils ne feront au final que défendre la
mentalité de ceux là même qu’ils dénoncent, les riches.
Bref,
ce n’est pas la richesse qui les gêne, mais le fait de ne pas être EUX
riches à la place des riches… D’ailleurs, suffit de voir combien
d’argent ils jouent au loto. Désolé, mais ces gens là méritent leur
sort. Ils ne veulent pas la justice sociale, ils veulent une injustice
qui soit de leur coté.
Parce que la société
est composée de plus de 90% de salariés, alors, si le moins de 1% des
propriétaires des moyens de productions peuvent continuer à récolter le
fruit du travail des salariés, c’est qu’il faut y voir la complicité de
la majorité de ces salariés, qui regardent ce qu’ils peuvent eux même
grappiller ou éviter de perdre, plutôt que de prendre le contrôle de
l’appareil économique, et se tourner vers ceux qui sont encore traités
en esclaves et ceux qui sont laissés sur la touche.
On ne peut à la fois rêver de devenir riche et en même temps vouloir la justice sociale, les deux sont incompatibles,
et comme la majorité des gens rêvent encore de devenir riches, ils n’ont
rien à foutre de la justice sociale, sauf le fait d’être soi-même un
peu juste socialement !
La liberté exige
une grande discipline intérieure, la servitude un minimum et
l’esclavage aucune, car la discipline est imposée de l’extérieur. Trop
de gens sont des serviteurs qui ne rêvent pas de liberté, mais ont
simplement peur de redevenir esclaves. Pourtant, on peut rester
serviteur tout en allant vers la liberté, simplement en cessant de
servir la volonté de maîtres, mais en servant sa volonté de justice,
c’est à dire, en servant l’intérêt général et non plus des intérêts
particuliers.
D’après des réflexions d’ Hervé Hum

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