Jeudi 29 octobre le Parlement européen a
adopté une résolution demandant que soit accordée une protection au
lanceur d’alerte Edward Snowden.
Les révélations d’Edward Snowden, un
ancien contractuel des services d’espionnage américains NSA et CIA ont
permis d’étaler au grand jour des pratiques que l’on soupçonnait mais
dont on était loin de deviner l’ampleur: espionnage d’États alliés,
collectes massives de données personnelles, et liens entre agences de
surveillances américaines et entreprises de l’Internet.
Non seulement elles ont jeté une lumière
crue sur ces pratiques créant une gêne des États-Unis envers leurs
alliés, mais ces révélations sont aussi en train de modifier notre
approche vis-à-vis de la protection de nos données et du partage de
celles-ci.
Depuis, le consensus sur le partage de
données et les accords sur leur transfert aux autorités américaines est
en train de se briser. Encore plus après la décision de la Cour de
justice européenne de suspendre l’accord de partage de donnée « Safe
Harbour » avec les États-Unis. La possibilité pour les entreprises
américaines comme Facebook de rapatrier des données sur le sol américain
pour les traiter est, elle aussi, mise à mal, notamment dans les accords
commerciaux en négociation.
Cela renforce d’autant la volonté des
Américains d’extrader Edward Snowden actuellement en Russie. Mais pour
la première fois et à une très courte majorité 285 voix contre 281 une
institution européenne, le Parlement, s’est prononcée pour l’abandon des
poursuites à son égard et pour lui accorder une protection en tant que
lanceur d’alerte.
C’est très important car les lanceurs
d’alertes sont essentiels pour que la société civile et les journalistes
puissent s’approprier certains sujets. Non seulement pour obtenir
certaines informations, mais aussi pour les décrypter, pour défaire
l’opacité de certaines pratiques, pour comprendre la technicité de
certains domaines. Sans ces personnes qui viennent voir des journalistes
en prenant des risques professionnels, voir personnels, nous n’aurions
jamais eu vent des scandales LuxLeaks, ou de l’affaire Snowden. C’est
pourquoi mon groupe a suggéré deux années de suite de récompenser ces
personnes par le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit.
Cette résolution adoptée de justesse
(342 voix contre 274 et 29 abstentions) malgré l’opposition de la droite
appelle non seulement à lever les charges criminelles qui pèsent sur
Edward Snowden et à le protéger, mais aussi à suspendre l’accord SWIFT
qui porte sur le transfert des données bancaires vers les États-Unis.
Le texte ne reprend toutefois pas nos
amendements pour mettre un terme aux négociations en cours avec les
États-Unis qui portent également sur le transfert de données pour les
entreprises. De même les socialistes français ont fait tomber la mention
faite à la loi française sur le renseignement et la demande que
celle-ci soit examinée au regard du droit européen, ce que je regrette.
Je me félicite tout de même de ce vote qui marque un changement
d’attitude vis à vis de la nécessaire protection des lanceurs d’alertes.
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Retrouvez ici la résolution du Parlement sur la surveillance électronique : ResoSURV

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