Ceux qui écrasent un adolescent délibérément puis le rouent sauvagement
de coups de pied, qui menacent de tuer en masse à l’aide de gaz et
attaquent des équipes médicales sont des citoyens perdus pour la
démocratie.
Les Palestiniens n’ont pas gagné (et vraisemblablement ne gagneront
jamais), mais Israël a perdu une fois de plus. Les vestiges de son
humanité disparaissent à une vitesse inouïe et terrifiante. Des horreurs
d’un niveau jamais vu sont perpétrées dans les territoires occupés à
une fréquence inédite
Les pierres ou les coups de couteau qui pourraient justifier de tels
crimes n’ont pas encore vu le jour – et sont accueillis par le public
israélien d’un haussement d’épaule. Il ne connaît les agissements de
ses soldats et de sa police que par le filtre des médias israéliens,
qui, on peut leur faire confiance, édulcorent et cachent le plus
possible. Mais les réseaux sociaux nous crachent les images, horreur
après horreur. Un premier coup d’oeil et on ressent de la gêne ; un
deuxième et c’est une sensation de nausée mélangée à de la colère qui
nous accable.
Ce qui n’a pas eu lieu ce weekend (sauf les coups de couteau qui ont
eu pour conséquence des blessures mineures chez les Israéliens) : Un
bébé palestinien de huit mois est décédé, après qu’il aurait inhalé du
gaz lacrymogène à Biet Fajjar, au sud de Bethlehem. « Nous vous
lancerons du gaz lacrymogène jusqu’à ce que vous mourriez. Enfants,
adultes, vieux, tout le monde, tout – jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus
un seul d’entre vous, » a aboyé un policier des frontières dans le
micro de sa jeep blindée dans le camp de réfugiés d’Al-Aida, au nom de
tous les Israéliens.
Une autre jeep blindée de la police des frontières a délibérément
écrasé un Palestinien qui jetait des pierres près de Beit El. Ce qui se
produisit ensuite est difficile à regarder : Le Palestinien gravement
blessé git sur le sol, des policiers lui donnent des coups de pied et
repoussent brutalement les équipes de secours palestiniennes avant
qu’elles ne puissent le soigner.
Un autre policier des frontières, dans un lieu différent, frappe un
journaliste portant un masque à gaz qui osait prendre des photos.
Quelque part d’autre, du gaz poivre est pulvérisé directement dans le
visage d’un photographe, qui tombe, les traits crispés de douleur.
Ahmed Manasra, le garçon de 13 ans qui aurait poignardé deux
Israéliens, les blessant grièvement, a été présenté, menottes aux
poignets, en comparution pour mise en détention provisoire. Il est
accusé de tentative de meurtre, mais ses accusateurs vont essayer de
faire traîner la procédure pendant plus de deux mois, jusqu’à ses 14
ans. Alors, il a devant lui des décennies de prison s’il est jugé
coupable – et cela ne fait guère de doute. Le procureur débonnaire a
promis de poursuivre « les terroristes » « quelque soit leur âge. »
Israël a aimablement daigné rendre les corps de sept Palestiniens
après une attente ignoble qui a suscité des explosions de rage dans les
territoires. Les corps des assaillants qui ont été abattus sont
dépouillés de leurs vêtements en public par les soldats et policiers,
et les photos de leur corps nu sont mises en circulation sur les réseaux
sociaux. Le désir de démolir les maisons des terroristes – rapidement
et en grande quantité- est inassouvissable. Un civil, Mashiah Ben Ami,
se vante d’avoir tiré 15 balles, pas moins, sur un Palestinien qui a
essayé de le poignarder et de déchirer sa chemise.
Le débat concernant la politique du tirer pour tuer, à balles
réelles, sur toute personne qui en poignarde une autre ou tient un
couteau, quelle que soit la dangerosité de la situation, n’a même pas
encore commencé en Israël. Il ne commencera jamais. Plus de 70
Palestiniens ont été tués de cette manière depuis le début du
soulèvement.
Il est tumultueux, ce soulèvement, et c’est la chose la plus
prévisible qui ne se soit jamais produite ici. On ne peut le supprimer
par la force, et les soldats et policiers qui affrontent la foule
furieuse et essaient de le faire ne peuvent qu’être pris en pitié.
Mais quand cette vague refluera, en mode pause jusque la prochaine,
il nous restera le vrai désastre : Regardez les soldats, et tout
particulièrement la Police des Frontières, observez leur comportement
barbares de troupes d’assaut à l’égard de quiconque se trouve sur leur
chemin, et vous comprendrez ce qui nous attend, et le caractère qu’aura
le pays, s’il ne l’ a pas déjà.
Ceux qui écrasent un adolescent avec préméditation puis le rouent
sauvagement de coups de pied ; qui menacent de tuer en masse à l’aide de
gaz et attaquent des équipes médicales et des journalistes sachant
qu’ils ne seront pas punis et ne recevront que des éloges – sont des
citoyens perdus pour la démocratie.
Ce sont des kalgasim, comme
nous disons en Hébreu (« des envahisseurs brutaux »). Et ceux qui les
couvrent, qui regardent avec passivité ou indifférence - ceux là sont
leurs complices. Complices à part entière.
Photo : Flickr - Colons juifs agressant des paysans palestiniens. Être sioniste, c’est être d’extrême-droite, tout simplement -
Info Palestine

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