La guerre proportionnellement la plus meurtrière n’existe pas. En tout cas, dans les médias occidentaux.
5 000 tués dont 500 enfants brûlés vifs par les bombardiers. 1,5
million de réfugiés. Pas important, les bombardeurs du Yémen sont
« nos » salauds : les Saoud !
Routes, ponts, écoles, hôpitaux, zones résidentielles, cimetières,
aéroports détruits. Pas grave, les destructeurs sont « nos » salauds :
les Saoud !
Plus de 10 millions de civils privés d’eau ou de nourriture, dit
l’ONU. On s’en fout, les organisateurs du blocus sont « nos » salauds :
les Saoud !
Continuez « nos salauds », les Saoud !
Trente sites archéologiques majeurs dévastés, dont
le temple antique de Nakrah, la forteresse médiévale d’al-Qahira, le
musée de Dhamar (douze mille objets vieux de cinq mille ans en
poussière) : continuez donc, « nos salauds », les Saoud !
« C’est la première fois en 10 ans de missions que je suis plongé
dans un tel climat de violence. Même à Gaza, en Côte d’Ivoire, en
Somalie ou en Centrafrique, je n’ai jamais vu pareille situation où le
conflit ne s’arrête jamais. Les trêves ne sont jamais respectées plus de
deux heures. Les équipes de MSF travaillent jour et nuit, elles sont
exténuées. Le quotidien est rythmé par les cris, les pleurs, le sang et
les morts. » L’homme qui parle ainsi revient du Yémen, c’est Thierry
Goffeau de Médecins sans Frontières. Un habitué pourtant.
“Jamais une enquête approfondie sur les secrets de ces cheikhs qui interdisent toute vie normale aux femmes mais se tapent des prostituées”
Mais de tout cela, vous n’entendez guère parler. Il y
a bien, de temps en temps, l’une ou l’autre brève, voire un reportage
un peu objectif, mais noyés dans le flot quotidien de propagande contre
les « salauds-qui-ne-sont pas-avec-nous », de news sans intérêt et de
divertissements-diversions. Jamais une question méchante posée à
Hollande et Fabius qui soutiennent « nos salauds », jamais une enquête
approfondie sur les secrets de ces cheikhs qui interdisent toute vie
normale aux femmes mais se tapent des prostituées, interdisent la
culture, mais collectionnent les gadgets « impies », se prétendent
musulmans mais pratiquent l’esclavage et jamais une campagne médiatique
pour sanctionner l’Etat le plus rétrograde, le plus antidémocratique et
le plus cruel du monde. Ben oui, ce sont « nos salauds », ils nous
filent le pétrole à prix cassés, investissent dans nos multinationales,
financent les terroristes que nous n’osons soutenir ouvertement,
soutiennent Israël et divisent les Arabes, sponsorisent nos campagnes
électorales présidentielles.
Les Yéménites sont-ils massacrés, aujourd’hui encore, avec des armes « démocratiques » européennes ?
Et en plus, ces gens merveilleux achètent nos armes.
En 2013, le Moyen-Orient a représenté 40% des ventes françaises
d’armement. L’Arabie saoudite était le principal client : 28%. En 2014,
les Saoud ont commandé pour trois milliards d’euros d’armements à la
France et sont devenus le premier importateur mondial d’équipements
militaires. Ils représentent un quart des ventes d’armes belges (souvent
transmises à Daesh d’ailleurs).
De même, l’Allemagne a fourni les missiles Iris et les fusils
d’assaut G36 (Heckler & Koch), et Londres, les avions de combat
Tornado et Eurofighter. Ces livraisons ont-elles continué après que
Riyad a déclenché sa guerre illégale ? Oui. Les Yéménites sont-ils
massacrés, aujourd’hui encore, avec des armes « démocratiques »
européennes ? Oui. Les pétrodollars n’ont pas d’odeur et les marchands
d’armes pas de morale.
Quand Daesh massacre des civils innocents, le monde s’indigne, mais
quand les Saoud font pareil, on regarde ailleurs. Voilà pourquoi le Yémen
meurt en silence. Les médias se prosternent devant nos gouvernants, qui
se prosternent devant les hommes d’affaires, qui se prosternent devant
les pétrodollars.
Résultat ? Quand Daesh détruit des monuments historiques, patrimoine
de l’humanité, le monde s’indigne, mais quand les Saoud font pareil,
silence complet. Quand Daesh répand le fanatisme religieux, réprobation
générale, mais quand les Saoud font pareil, silence complet. Quand Daesh
massacre des civils innocents, le monde s’indigne, mais quand les Saoud
font pareil, on regarde ailleurs.
À quand une campagne de masse pour boycotter l’Arabie saoudite à travers ses complices à l’Ouest ?


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