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Parfois, à l’occasion de grandes envolées
médiatiques, certains hommes politiques de gauche, mais aussi de
droite, déclarent : « il faut un partage équitable des richesses » !
Mais ces effets d’annonce restent toujours sans lendemain. Pourquoi ?
Parce que cette mesure touche de plein fouet les fondements même du
système capitaliste, et les hommes que nous élisons sont les garants de ce système.
Évidemment le Medef à chaque fois tempère l’enthousiasme, car pour le syndicat patronal : « les profits des entreprises ne sont pas négociables, seul l’actionnaire peut décider du montant de ses dividendes ».
C’est clair, pour eux, le salarié n’a aucun droit sur les richesses
produites : l’actionnaire est tout, le salarié n’est rien ! Il ne faut
pas intervenir dans la gestion des entreprises. D’ailleurs ils clament
haut et fort que le problème de répartition des richesses n’est pas du
ressort de l’État ! Or s’il est un problème essentiellement politique,
c’est bien celui là !
Le patronat et les actionnaires ne
veulent pas que l’État intervienne dans leurs affaires, par contre eux
ne se gênent pas pour intervenir dans les affaires de l’État. Prétextant
la fuite des capitaux ou les délocalisations, ils réclament sans cesse
des baisses d’impôt, des allègements de charge ou davantage de
subventions. Et toutes ces mesures qui consistent à gaver les plus
riches n’ont eu jusqu’à présent qu’un seul effet : l’augmentation du
chômage et de la précarité ! La course en avant des plus riches vers
toujours plus de richesse est une des principales conséquences de la
hausse des inégalités ; donc tant que nous ne remettrons pas en cause le
droit de s’enrichir sans compter et sans morale, toutes les autres
déclarations ne seront que de la poudre aux yeux !
Pour justifier ces inégalités, on nous a fait croire que les dépenses des plus riches
relanceraient l’économie. Ce qui est faux, pour une raison toute
simple, c’est que le taux d’épargne s’élève avec le revenu. Ils
investissent principalement dans leur capital financier en demandant des
rendements de plus en plus élevés. Cela entraine les baisses de
salaires, des licenciements et des délocalisations. La seule chose que
l’on a favorisée c’est la fuite de capitaux vers les paradis fiscaux. Il
serait temps de se reprendre et de mettre fin à une politique qui ne
produit que les effets contraires à ceux espérés ! Enfin, je dirais
plutôt auxquels on nous fait croire, car ceux qui prennent ces décisions
ne sont pas dupes !
Comme les plus pauvres
ne peuvent plus consommer par manque d’argent, pour compenser le manque
de salaire on a favorisé le crédit. L’illusion du pouvoir d’achat à été
de courte durée, car il a fallu rembourser et avec des salaires à la
baisse et le chômage à la hausse, les difficultés n’ont fait qu’empirer.
Mais au passage les actionnaires des banques et des organismes de
crédit se sont «sucrés». Profitant de la paupérisation des salariés, le
patronat leur fait miroiter le fameux « travailler plus pour gagner
plus », alors qu’il y a 5 millions de chômeurs et autant de précaires et
de temps partiels ! Ces chiffres sont de véritables scandales qui
justifieraient qu’on remise le capitalisme au rang des idéologies
aberrantes.
Ce qui favorise la croissance à
long terme, c’est de développer des services publics de qualité. Mille
fonctionnaires injecteront davantage d’argent dans « la machine » qu’un
milliardaire ! Et que se soit dans l’éducation, la santé, ou les
transports, la fonction publique fait travailler de nombreuses
entreprises privées. Et combien le boulanger, le restaurateur ou
l’artisan du coin ont-ils de fonctionnaires parmi leurs clients ? Le
secteur économique privé ne peut se passer d’un secteur public fort !
Mais pour nos capitalistes cela ne suffit pas, ils veulent s’approprier
les services publics pour pouvoir les « rentabiliser » et les gérer
comme des entreprises privées, c’est à dire dégager des dividendes pour
les actionnaires, créer de nouveaux chômeurs, exclure ceux qui ne
pourront pas payer et bien sûr continuer à toucher de l’argent public
pour les faire fonctionner !
Toucher à la répartition des profits, c’est
toucher au socle même du système capitaliste, à la propriété des moyens
de production et à l’organisation du travail. La question du partage
des richesses est la question fondamentale de savoir quel type de
société nous voulons.

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