2CCR
Je suis un winner.
Après de brillantes études j’ai décroché un job dans une entreprise
« higt tech ». Pour parer à toute éventualité, mon boss m’a inscrit dans
un stage de « survie face à des séquestrations arbitraires ».
Car si je
dois, pour le bien de l’entreprise, procéder
à un « dégraissage », il n’est pas sûr que certains qui ne voient que
par le « petit bout de la lorgnette » comprennent réellement les enjeux
de la situation. Il faut faire confiance à ceux qui savent !
La nouvelle tactique des syndicats
est de séquestrer le patron ou ses représentants. Pourtant il y a lois,
mais ces gens là n’en ont rien à faire, ils ne savent peut-être pas
qu’ils risquent une peine de 20 ans de prison. Cette peine est réduite à
cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende si la victime est libérée
avant le septième jour sans atteinte physique. C’est le moniteur du
stage qui nous l’a dit, mais il a ajouté que tant que le pouvoir
politique ne prendra pas des mesures appropriées rien ne changerait. Il
pense qu’il est urgent de faire des exemples. Permettre à quelques
gauchistes de perturber la productivité et porter atteinte à la
propriété privée est un scandale.
Dans mon paquetage,
je dois avoir une brosse à dent, une cravate propre et mon téléphone
portable. Je dois garder mon rang et rester au dessus de mes
ravisseurs, ensuite définir un plan de communication et des éléments de
langage simples pour pouvoir communiquer. Mais nous ne devons pas
rentrer en conflit avec les meneurs, et ne pas être responsables du
dialogue, celui-ci doit être à la charge d’un négociateur extérieur.
Nous avons eu droit à une approche psychologique de la façon de penser
d’un syndicaliste, c’est assez simple je dois dire, ces gens là
fonctionnent en mode binaire.
J’ai appris des gestes d’autodéfense. Avec
un téléphone portable je suis capable de stopper net un syndicaliste
par une frappe à la tempe, avec ma brosse à dent un coup au plexus le
plie en deux, et avec ma cravate je lui fais un étranglement et je
l’immobilise. Et si jamais on me supprime « mes outils », à mains nues
j’ai appris à être un véritable rempart pour défendre les intérêts de
mon entreprise. Faut dire que comme professeur nous avons d’anciens
membres des services spéciaux, et des experts en négociation lors de
prise d’otage : que du lourd !
J’ai également fait un weekend de survie
à proximité d’une banlieue. Ce lieu de tous les dangers, où il nous
arrive parfois de recruter ponctuellement de la main d’œuvre. À la
jumelle, j’ai vu comment ils vivaient : c’est impressionnant, ils n’ont
aucune notion des réalités ! Et un jour, comme exercice pratique, j’ai
dû aller faire des courses à l’intérieur même du quartier, quelle
expérience ! Je suis d’ailleurs le seul du groupe à avoir franchi cette
étape.
Et pour finir j’ai effectué un saut à l’élastique.
C’est un excellent exercice pour gérer son mental et développer sa
capacité d’analyse et de réaction face à une situation inhabituelle.
Rapidement, j’ai pris les choses en main. J’ai mis en pratique tout ce
que l’on m’a appris : initiative, responsabilité, réactivité,
concentration, analyse et prise de décision. … enfin bref tout
simplement comment gérer la situation, sans laisser personne
s’interposer. J’ai même donné des conseils au moniteur du saut, devant
mon autorité naturelle, il n’a pas insisté.
Allez, hop, c’est parti, le
grand saut, la sensation d’être le meilleur, d’être… merde, je ne me
rappelle pas avoir accroché l’élastique sur le mousqueton prévu à cet
effet.

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