Le 14 décembre,
lendemain des élections, Valls est venu faire sur France 2 des annonces
qu’il voulait solennelles. Intégrant, comme l’ont confirmé les
sondages, que la première préoccupation des électeurs était le chômage
et l’emploi, il a déclaré : « Il y a l’état d’urgence. Il y a aussi une
urgence économique. »
Et de préciser sa pensée par « la nécessité
d’accélérer plus que jamais », c’est-à-dire de « poursuivre le mouvement de réformes ». Le nouveau plan de combat du gouvernement doit être annoncé par Hollande en janvier.
Les mesures concrètes
avancées par Valls seraient « un plan massif de formation des chômeurs
», « mettre le paquet sur l’apprentissage », ou encore finaliser la
convention, en cours de renégociation, sur l’indemnisation du chômage.
De tout cela le monde du travail ne peut rien attendre de bon, mais au
contraire une offensive renforcée contre ses droits.
Même en ce qui concerne
les mesures concrètes annoncées, il s’agit de montrer du doigt, non pas
les employeurs et l’État qui continuent de supprimer massivement des
emplois, mais les chômeurs eux-mêmes et tous ceux qui recherchent un
emploi, voire ceux qui en ont encore un. Les chômeurs pas formés, les
jeunes n’ayant pas la formation leur permettant d’entrer sur le marché
du travail, voilà le sempiternel refrain que reprennent les politiciens
de droite et de gauche depuis des années, pour justifier qu’ils ne font
rien pour empêcher les licencieurs d’agir en toute liberté. Si l’on se
référait ne serait-ce qu’au sort réservé aux jeunes ultraformés ayant
bac +4, +5 ou même +6, on serait en droit de demander à Valls de qui il
se moque.
Il faut ajouter que
le terrain choisi est assez révélateur, car ni la formation des
chômeurs ni l’apprentissage ne dépendent de l’État. Ils ont justement
été confiés depuis longtemps aux régions, dont le même gouvernement
Valls-Hollande a réduit les moyens. Quant à la renégociation de la
convention Unedic, on peut s’attendre au pire, quand on voit que la
seule initiative passée a été de renforcer le contrôle des chômeurs, en
vue de les faire sortir des statistiques et de les priver de leur
allocation.
En réalité,
derrière les mots et les apparences, le discours de Valls ne
s’adressait pas tant aux travailleurs dégoûtés par la politique
antiouvrière du gouvernement qu’aux bourgeois grands et petits. La seule
« urgence économique » réelle annoncée ainsi par Valls est de continuer
et d’intensifier les aides, subventions et dégrèvements en tous genres
qu’il leur réserve.
Quant à lutter contre le chômage
et les licenciements, ce n’est en réalité même pas envisagé. Quand
Hollande, Valls et les autres annoncent qu’ils vont amplifier les «
réformes », cela veut dire démolir encore plus radicalement les droits
des salariés pour satisfaire l’aspiration « à la liberté » du patronat,
celle de pouvoir licencier librement et sans entraves et d’employer les
salariés aux conditions qu’il jugera bon de leur accorder.
La population travailleuse est prévenue, Valls, comme Hollande, feront tout pour les intérêts du patronat, quitte à être vomis par tous leurs électeurs.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire