Il y a un an descendait sur la France un esprit saint et obligatoire :
l’esprit Charlie.
En ces temps d’unanimisme compatissant, valait mieux
être gagné par la chose, une auréole sur la tête faisant foi et plutôt
intérêt à cocher la case Charlie sur la fiche S, sinon c’était menottes,
comparution directe, prison, sans passer par la case Balkany.
Oui, il y a un an, dans la foule, il était plus facile de trouver
Charlie sur la photo que de trouver un pas Charlie, vu que les pas les
peu ou les pas trop Charlie rasaient les murs.
Après l’annonce faite à Marie vint donc l’injonction faite à être Charlie.
Et pour peu que tu ne sois pas tout à fait dans la pure tradition
française consistant à bêler avec les loups, tu risquais assez vite le : Monsieur
le commissaire, mon voisin semblerait ne pas avoir succombé à l’esprit
Charlie vu qu’il achète Siné mensuel et que ce dimanche de charlisation
officielle, il n’a pas marché en rang derrière les grands Charlie de ce monde et du siècle naissant. Veuillez agréer… Signé Charlie
De la dèche à Daesh, de l’inauguration de plaque mortuaire à la
canonisation de dessinateurs anars, tout à son déchéancier électoral, le
président normal d’un pays d’impuissance moyenne passa ostensiblement
de l’esprit Charlie radical à l’esprit Johnny modéré - quoi ma gueule qu’est ce qu’elle a ma gueule - du délit de faciès au délit de solidarité.
Oui ça existe.
Ainsi donc, quand vous croiserez la route d’une petite fille réfugiée
de 4 ans vous serez prier de la laisser dans l’état de barbarie où vous
l’aurez trouvée. On ne va quand même pas égarer notre civilisation au
nom des grandes valeurs, merde !

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