C’est pour tenter d’obtenir la prestigieuse récompense à
l’automne 2016 que l’ex-ministre des Affaires étrangères veut rester
président de la COP 21 tout en assurant la direction du Conseil
Constitutionnel
Son entourage en est convaincu : Laurent Fabius, dont la nomination au Conseil Constitutionnel a été annoncée ce
mercredi matin 10 février par l’Elysée, espère décrocher le Prix Nobel
de la paix 2016 pour son action en faveur de la lutte contre le
réchauffement climatique. Cela explique pourquoi il tient absolument –
drôle de mélange des genres… – à conserver son titre de président de la COP21, fonction à laquelle il a été élu par acclamation lors de la séance d’ouverture le 30 novembre dernier au Bourget.
Le Prix Nobel viendrait comme le couronnement international de la
carrière d’un homme d’Etat programmé pour être président de la
République. Au Quai, il a d’abord espéré laisser une trace dans
l’Histoire en inventant un nouveau concept géostratégique, une formule
pour décrire les nouveaux rapports de force mondiaux, comme en son temps
Hubert Védrine a popularisé l’expression d”hyper puissance” pour
décrire la domination américaine durant les années 90. Il n’y est pas
parvenu.
“J’irai jusqu’au bout”
Laurent Fabius a réussi à marquer durablement la diplomatie française
en prenant ses distances d’avec les Etats-Unis sur le dossier du
nucléaire iranien. On se souvient de son “coup de gueule” à
Genève en novembre 2013 pour dénoncer le projet d’accord entre Téhéran
et Washington que le secrétaire d’Etat John Kerry a essayé d’imposer aux
cinq puissances parties à la négociation. Mais cette sortie du ministre
français restera comme un coup d’éclat – pas comme un manifeste
historique : elle n’a pas la force du discours que Dominique de Villepin
a prononcé à l’ONU en février 2003 pour dénoncer la “guerre préventive”
de George Bush en Irak.
Contre toute attente, c’est donc la COP21, dont il ne voulait pas, et l’accord de Paris du 12 décembre 2015, qui donneront à Laurent Fabius l’occasion d’entrer, peut-être, dans le Panthéon international : le Prix Nobel de la paix,
qu’il serait sans doute contraint de partager avec la Madame Climat de
l’ONU, Christina Figueres (tous les deux recevront d’ailleurs ensemble
le prix de la conférence de Munich, samedi 13 février). Mais comme rien
n’est sûr, l’ex-chef de la diplomatie française tient à pouvoir
continuer à faire campagne. Voilà pourquoi il veut conserver son titre
de président de la COP21. “J’ai été élu à cette fonction internationale, personnelle et non-rémunérée, se justifiait-il en janvier au “JDD”. Elle n’est pas en cause, ni politiquement ni juridiquement. J’irai jusqu’au bout…”.
Au bout… pour continuer de voyager dans les grandes capitales
mondiales et cela tant que la France présidera la COP, c’est-à-dire
jusqu’en novembre 2016 quand le Maroc prendra le relais. Par chance,
c’est à peu près à ce moment-là que le jury du Nobel désignera ses
lauréats 2016…
Les Crises

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