Cette
semaine, l’émission de France 2 « Cash investigation » a mis à jour la
responsabilité des pesticides dans de nombreux problèmes de santé
publique. La diffusion de cette émission a eu un grand impact, nourri
beaucoup de conversations, éveillé beaucoup d’esprits.
En publiant sur ma page Facebook l’annonce de sa diffusion
j’avais repéré un assez gros score de partage qui signalait l’attention
qui existe parmi nous désormais sur ce type de question. La prise de
conscience écologique et le lien avec la lutte contre le modèle
productiviste capitaliste se fait de plus en plus simplement.
Le reportage a pointé la responsabilité criminelle de l’industrie
agrochimique dans des problèmes sanitaires majeurs de santé publique :
leucémies, autisme… L’usage massif de pesticides est directement en
cause. La France en est le premier consommateur en Europe ! Chaque
année, 65 000 tonnes de pesticides sont vendus dans notre pays. Comme on
le comprend facilement, je suis heureux que cette émission ait confirmé
plusieurs de mes prises de position. Ainsi par exemple du rôle de
l’entreprise allemande Bayer dont j’ai dénoncé les agissements dans mon livre le Hareng de Bismarck
publié en mai 2015. À l’époque, c’était pris pour de la germanophobie…
Ou encore quand le reportage montre que les départements où sont
utilisés le plus de pesticides dangereux sont des départements viticoles
comme la Gironde ou l’Aube. J’y ai vu la confirmation de ce que me
disaient sur ce sujet les viticulteurs écolos que j’ai rencontré dans le
Jura notamment. Vous pouvez voir ça dans la vidéo « En commençant par le vin » mise en ligne sur ma chaîne YouTube.
Dans le même temps, les éleveurs protestent contre les prix de ventes
trop bas et l’emprise de la grande distribution qui les asphyxie.
Comment ne pas faire le lien entre les deux sujets ? Le même modèle est
en cause : celui d’une agriculture productiviste, d’un agro-business,
qui saccage tout pour faire de l’argent à tout prix. Ce système sacrifie
paysans, riverains, consommateurs et écosystèmes. Il met à la charge de
toute la société le coût sanitaire, écologique et social de ses dégâts.
Face aux dangers sanitaires des pesticides, on connaît les mesures
urgentes à prendre et de nombreuses luttes écologiques y sont
impliquées. Par exemple, pour interdire les pesticides dangereux en
commençant par le glyphosate, herbicide le plus vendu en France, et les insecticides néonicotinoïdes tueur d’abeilles. Ou encore évidemment pour interdire les OGM dans notre pays.
Pour appliquer ces mesures de santé publique, il faudra être prêt à
désobéir aux décisions européennes qui autorisent la commercialisation
de ces produits. Le lendemain de la diffusion de l’émission, au
Parlement européen à Strasbourg, nous étions ainsi invités à soutenir
plusieurs résolutions s’opposant à des décisions de la Commission
européenne. Celle-ci a en effet pris plusieurs décisions d’exécutions
pour autoriser la mise sur le marché de produits contenant plusieurs
types de soja génétiquement modifié. Ces trois soja OGM ont tous en
commun sont fabriqués pour être résistants aux herbicides contenant du
glyphosate, comme le « Roundup ». Cette résistance de la plante
est provoquée pour qu’elle seule survive aux épandages massifs de ces
herbicides qui tuent tout le reste de la végétation autour. Or le Centre
international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence spécialisée
de l’Organisation mondiale de la santé en matière de recherche sur le
cancer, ont classé le glyphosate comme étant probablement cancérigène
pour l’homme le 20 mars 2015. J’ai donc vote pour les « objections » formulées contre les autorisations de la Commission.
Ce modèle agricole est fou. Il trafique les plantes pour les rendre
résistantes aux herbicides et ainsi pouvoir déverser encore plus de
pesticides dans les champs ! La crise de l’élevage comme les révélations
sur les effets toxiques des pesticides plaident pour une révolution
dans l’agriculture.
L’intérêt général commande la construction d’un
autre modèle agricole, fondé sur une agriculture biologique et paysanne,
favorisant les circuits courts et encadrant les marges de la grande
distribution. C’est la condition pour rémunérer correctement les paysans
et nourrir sainement les consommateurs. Cela suppose d’affronter
l’obscurantisme productiviste des lobbys de la chimie et des dirigeants
de la FNSEA.
Tiré de l'article " Députés ! Ne faites pas ça ! "

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