samedi 23 avril 2016

21 avril 2002 : Des tendances lourdes

L-annonce-des-resultats-du-premier-tour-de-la-presidentielle-le-21-avril-2002-sur-TF1.jpgGilles Devers

Le 21 avril 2002, un mauvais souvenir, à effacer… Pour le PS, le 21 avril, c'est la faute des électeurs.

De fait, les responsables de ce terrible échec sont restés en place, refusant toute remise en question sérieuse, et réaffirmant leur volonté de ramener l’électeur dans le droit chemin. Aveuglement qui conduit le PS droit à un autre 21 avril, dans un an. Et là, on va bien les laisser plonger, pour s’en débarrasser.
En 2002, Jospin avait tellement le melon que son nom ne figurait pas sur son affiche électorale. On voyait la tête, heureuse et épanouie, du candidat déjà président, avec cette légende : « Présider autrement ». C’était fait.
Jospin s’est fait dégager au premier tour avec 16,18 % des suffrages. Un échec personnel, mais aussi celui de son équipe de campagne… et tous ces loosers sont encore en fonction. Dans son équipe de campagne de 2002, on retrouve les joyeux lurons qui n’en finissent pas de ruiner la Gauche.
Le directeur de campagne était Jean Glavany, le héros laïcard radicalisé. Le mec qui a toujours tout faux, mais qui continue à pérorer... Le premier cercle politique de la campagne reposait sur trois authentiques génies : Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault, avec l’appui du guerrier François Hollande, alors premier secrétaire du PS. Le programme du candidat était confié à Pierre Moscovici, et la coordination des groupes d’experts à Marisol Touraine et Vincent Peillon.  Aquilino Morelle était chargé d’écrire les discours, et l’équipe arguments-ripostes, rédactrice des éléments de langage à destination des cadres du parti et des parlementaires, était placée sous la responsabilité de Jérôme Cahuzac. Bertrand Delanoë, pilotait les comités de soutien, François Rebsamen était chargé des grands meetings et Jean-Christophe Cambadélis des relations avec les partis alliés, les syndicats et les associations.
Et pour la com’, les ineffables Jacques Séguéla et Stéphane Fouks, d'Euro-RSCG. Business as usual.
Bref, tous ces héros se sont pris une raclée mémorable… et ils continuent de nous expliquer, à nous autres abrutis illettrés, ce qu’il faut faire. Dans toute société normale, ils auraient été virés… mais là, ils sont restés patrons. Le droit social socialiste a des vertus inattendues…
Encore un mot pour rappeler les scores.
Le Pen était 16,86 %, et sa fille sera bien au-dessus, ce même si je rappelle qu’il n’existe aucun risque de voir le FN gagner, surtout dans le contexte du recul général de l’extrême droite. Donc pas d’hystérie anti-Le Pen, cette illusion entretenue par le PS et la Droite, pour défendre leur fonds de commerce, et le financement qui va avec.
Chirac grand vainqueur ? Quelle blague ! Président de la République sortant, il plafonnait à 19,88 % au premier tour. Tu parles d’une adhésion populaire...
Alors soyons réalistes. La campagne n’a pas commencé, et Hollande est à 15/17 % dans les sondages : c’était le score de Jospin, et avec un petit effort, celui de Chirac. On comprend que Hollande n’ait pas envie de lâcher.
La seule différence avec le 21 avril 2002 est que Marine Le Pen sera en tête au premier tour. Perdante assurée au second tour, car cette fille à papa et son équipe de bras cassés n’a aucune chance de faire consensus.
Tout va donc se jouer au premier tour, à quelques points de pourcentage au sein des familles de la Gauche et de la Droite, c’est-à-dire – pour être clair – entre les candidats institutionnels et les autres, et le seuil de qualification sera aux alentours de 20 %. C’est ça qui les rend dingues : du moment que tu tutoies les 20% dans les sondages, ça peut le faire. 

N’attendez pas de bonnes idées, il n’y aura que de la cuisine électorale.


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