À nouveau la disparition de plusieurs centaines de réfugiés tentant leur chance en Europe. Le HCR redoute un bilan de 500 morts.
À nouveau entre la Libye et l’Italie, dans une zone parfaitement connue, et parfaitement connu pour être dangereuse. En avril 2015, au même endroit, on avait déploré la mort de 800 personnes. Le bilan courant est à 1200 morts par an.
Le
naufrage a eu lieu ce week-end, au large de Tobrouk, face à l'est de la
Libye. Les occupants d’un bateau regroupant 100 à 200 personnes ont
été, en mer, contraints de rejoindre un bateau plus grand qui
transportait « des centaines de personnes dans des conditions terribles
de surcharge », selon un communiqué du HCR. Ce bateau a chaviré et
coulé. Les survivants sont ceux qui n'étaient pas encore montés à bord
de ce second bateau. Parmi les rescapés, on compte 37 hommes, 3 femmes
et un enfant. Selon le HCR, 23 venaient de Somalie, 11 d'Éthiopie, 6
d'Égypte et un du Soudan. Les rescapés ont dérivé en mer pendant trois
jours avant d'être repérés et secourus samedi par un cargo battant
pavillon philippin, qui les a débarqués à Kalamata, dans la presqu'île
du Péloponnèse.
La
responsabilité est celle des 28 Etats européens, la première puissance
économique du monde qui, aux termes de l’article 2 de la Convention
européenne de sauvegarde des droits de l’homme, a l’obligation de tout
faire pour protéger la vie, et donc de prendre les mesures nécessaires
lorsqu’elle connaît une situation de danger. De plus, et s’agissant des
droits des réfugiés, elle a l’obligation d’augmenter des voies
régulières pour admettre les réfugiés et les demandeurs d'asile en
Europe. À nouveau, je rappelle que s’il n’y a pas d’obligation de
conserver tout le monde et durablement, il y a un impératif catégorique
d’accueillir toute personne en situation de péril.
Les
instances européennes cherchaient hier à communiquer en expliquant tout
ce qu’elles font pour sécuriser les lieux de traversées. En réalité,
tout ceci est bidon, comme le montre cette affaire.
Vu
la rouerie des trafiquants, on ne peut pas empêcher les bateaux de
partir de Libye. Mais ici nous avions deux embarcations importantes
transportant chacune plusieurs centaines de personnes, et les
magnifiques radars européens n’ont pas été en mesure de les repérer. Ils
ne se sont pas aperçus non plus du naufrage, ni du bateau parti en
dérive pendant trois jours… qui finalement été repéré par un cargo
philippin.
C’est dire que la surveillance européenne, c’est du n’importe quoi, et un manquement flagrant aux dispositions de l’article 2 de la Convention européenne et de la Convention internationale sur les réfugiés.
Alors on va se lamenter, et promettre d’augmenter les budgets ?
Face
à de tels drames humains, liés à de telles violations du droit, la
réponse doit passer par la justice et la recherche des responsabilités.
Dans une telle situation voit combien manque un procureur européen, qui
serait en mesure de centraliser les poursuites, et de veiller au respect
des droits des victimes. Tant qu’il n’y aura pas ce procureur, ce sera
l’impunité. Notre égoïsme tue.
Toutes nos pensées aux victimes.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire