Les anciens présidents de la République
perçoivent une dotation correspondant à 6 000 € bruts par mois, depuis
la loi n° 55-366 du 3 avril 1955. Ceux qui siègent au conseil
constitutionnel, en qualité de membres de droit, perçoivent, en plus,
une indemnité de 12 000 € bruts par mois, en application de l’ordonnance
n° 58-1067 du 7 novembre 1958.
Enfin, ils bénéficient d’un « statut »
qui leur confère de nombreux avantages : treize personnes à leur
service, une voiture de fonction (et son entretien), un logement de
fonction meublé et équipé (et ses charges), la protection de leur
domicile et résidences, la gratuité de leurs déplacements… Au final, chaque ancien président coûte entre 2,4 et 3,9 millions d’euros, par an, aux contribuables !
Anticor estime que les moyens humains et matériels qui découlent de ce statut sont exorbitants. Dans sa pétition « Pour une nouvelle abolition des privilèges ! », lancée le 4 août 2015, elle demande la suppression de ces privilèges parfaitement anachroniques.
Outre leur coût, ces moyens mis
actuellement à la disposition d’un futur candidat à l’élection
présidentielle de 2017 engendrent également une rupture d’égalité entre
les candidats.
Surtout, ce statut n’a aucune base juridique, comme le relève le député René Dosière. Son origine découle d’une
lettre, en date du 8 janvier 1985, envoyée par Laurent Fabius, alors
premier ministre, à Valéry Giscard d’Estaing, en sa qualité d’ancien
président de la République.
Ainsi, l’État dépense près de 10 millions d’euros, par an, sur la base d’un simple courrier !
Pour mettre fin à cette situation,
Anticor a déposé, le 26 avril 2016, devant le Conseil d’État, un recours
en déclaration d’inexistence contre la décision du 8 janvier 1985
fixant un statut pour les anciens présidents de la République. Un tel
recours a pour objet de faire juger qu’en raison des irrégularités
graves et évidentes entachant l’acte attaqué, celui-ci est nul et sans
effet.

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