Jeudi 28 avril, l’Assemblée nationale française a
adopté une résolution sur la levée des sanctions économiques imposées à la Russie, contre l’avis du gouvernement.
Le projet de résolution, proposé par le député
Les Républicains
des Français de l’étranger Thierry Mariani, insiste sur l’impact
«
dangereux » des sanctions sur l’économie française, notamment marqué
par une baisse de 12,1 % en 2015 des exportations françaises vers la
Russie, une amplification «
puissance 10 » de la crise du porc en France
et l’annulation du contrat des
Mistral.
Le document évoque également, comme dernier argument en faveur de la
levée des sanctions, un « objectif commun » entre la Russie et la
France : la lutte contre le terrorisme. « On ne peut demander à la
Russie d’être partenaire dans le combat contre Daech et en même temps
réclamer des sanctions à son encontre », écrivent les députés.
Le texte a été adopté par 55 voix pour contre 44 et deux abstentions.
Les partisans de la résolution sont principalement les députés du parti
Les Républicains (45 voix), à l’origine du projet, rejoints par une poignée de députés du parti socialiste, du groupe centriste UDI, du Front de gauche et du Front national.
Le « Non » a été pour sa part soutenu par le PS (40 voix) et le groupe
écologiste. À noter que seuls 101 députés sur 577 était présents lors du
vote.
Qualifié de «
surprise » par la presse française, le résultat du
vote, qui ne jouit que d’une valeur symbolique, ne surprend guère
Thierry
Mariani,
qui voit dans ce scrutin le reflet d’une opinion largement répandue
dans la classe politique française. «
Il existe cette fausse opinion
rampante qui voudrait que tout le monde soit pour les sanctions et
contre la Russie, alors que personne n’avait jamais posé la question au
Parlement. Et quand on lui demande, on se rend compte qu’il estime que
ces sanctions ne servent à rien, au grand dam des médias français qui
s’attendaient à un vote négatif massif », a expliqué au
Courrier de Russie le député.
Aucune « surprise » non plus côté participation, continue M.Mariani,
démentant les arguments selon lesquels le faible nombre de députés
présents a joué en la faveur des Républicains. « Premièrement,
l’audience était habituelle pour un jeudi matin. Deuxièmement, cette
séance était annoncée depuis un mois. Et troisièmement, il y a ceux qui
ont voté avec les mains et ceux qui ont voté avec les pieds. J’entends
par là de nombreux députés socialistes qui ont préféré ne pas venir pour
ne pas afficher leur soutien publiquement risquant de froisser une
partie de leurs électeurs », indique-t-il.
Enfin, Thierry Mariani espère que le Sénat suivra le vote de
l’Assemblée et que cette résolution remontera jusqu’au chef de l’État.
« La France passe son temps à parler de liberté de pensée et j’attends
du gouvernement qu’il écoute le choix du Parlement », conclut le député.
En amont du scrutin, plusieurs représentants politiques français
avaient appelé l’Assemblée à refuser de voter ce texte, parmi lesquels
le secrétaire d’État aux affaires européennes, Harlem Désir. «
Le sens
de ces régimes de sanctions est
de disposer d’un levier pour revenir à la négociation. Nous souhaitons
la levée des sanctions en lien avec le règlement de la crise dans le
Donbass. Si les accords de Minsk sont respectés, les sanctions seront
levées », avait-il déclaré.
C’est la première fois que le Parlement français se prononce sur le
non renouvellement des sanctions économiques à l’égard de la Russie.
Rappelons que les sanctions économiques ont été adoptées en mars 2014
suite au rattachement de la Crimée à la Russie et en réponse à la
« déstabilisation délibérée » de la situation en Ukraine par Moscou.
Alors qu’elles devaient expirer fin juillet 2015, ces mesures
restrictives ont été prolongées une première fois le 22 juin 2015, avant
d’être reconduites en décembre 2015, les portant ainsi jusqu’en juillet
2016.
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