Menaces de mort, agressions, les opposants israéliens à la politique
d’occupation et de colonisation israéliennes sont soumis, en toute
impunité, à une politique de terreur en Israël, rapporte le journal
Haaretz.
Les militants et sympathisants d’ONG telles que Breaking the Silence
et B’Tselem rapportent les menaces qu’ils reçoivent et la manière dont y
compris les membres de leurs familles sont harcelés par le gouvernement
israélien.
Nadav Weiman, chargé de la communication au sein de Breaking the
Silence (une organisation qui recueille des témoignages de soldats
servant dans les territoires palestiniens occupés), a reçu un coup de
fil d’un homme lui disant "On va te tuer, toi, ta femme et ton chien",
en ajoutant le nom du chien pour montrer le sérieux de sa menace.
Le N° de tel de Weiman a été publié sur les sites de la droite
israélienne, et il a été physiquement agressé à deux reprises. Une bande
d’extrême droite est même venue le menacer à la sortie de l’université
et c’est lui qui a été arrêté et accusé d’avoir provoqué des heurts.
À un autre moment, il a été attaqué par des colons alors qu’il se
trouvait à Hébron, et la police a dû l’escorter pour l’évacuer de la
ville palestinienne.
Le site de Breaking the Silence a été également hacké dans une
tentative de voler des données sur l’identité des soldats donnant des
informations sur les exactions commises en Palestine occupée.
Selon la spécialité israélienne, abondamment pratiquée par Grégory
Chelly, dit Ulcan, des proches de Breaking the Silence ont reçu des
coups de fil leur annonçant des fausses nouvelles comme l’accident et
l’hospitalisation de leur petite fille.
Des extrémistes ont également débarqué dans leurs locaux.
À tel point que les responsables de l’ONG ont dû louer les services
de gardes du corps pour se déplacer dans ce beau pays où la "sécurité"
est une grosse farce.
Les militants de plusieurs organisations visées, dont le Comité
contre la Torture en Israël, ont fait savoir à Haaretz que ces méthodes
d’intimidation, ces calomnies et insultes (ils sont régulièrement
traités de "taupes de l’étranger") ne les feraient pas taire.
B’Tselem, qui a déposé de nombreuses plaintes, sans que la police
prenne la moindre mesure contre ces attaques, a fait savoir qu’ils
"cessaient désormais d’adresser des signalements sur les violations de
l’armée auprès de la police militaire en charge des territoires
palestiniens occupés, car ils se rendent compte que ces violations font
partie du système d’occupation mis en place par Israël."
Et le rabbin Arik Ascherman, l’un des fondateurs des Rabbins pour les
Droits de l’Homme, qui a été personnellement agressé par un colon, a
indiqué à Haaretz que son association avait également été contrainte de
prendre des mesures de sécurité. De même, la Paix Maintenant, qui
monitore les activités dans les colonies, ne peut plus annoncer
publiquement ses actions et visites guidées sur place.
Ces attaques, expliquent les opposants israéliens, font partie d’une
campagne orchestrée par le gouvernement pour les réduire au silence.
"Mais elles provoquent parfois l’effet inverse, et nous n’avons jamais
enregistré autant de demandes d’informations et de dons", font-ils
remarquer.
(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine à partir d’un article de Ofra Edelman, publié le 29 juillet dans Haaretz : http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.733791)
Photo : Manifestation à Tel Aviv, en décembre dernier, de Breaking the
Silence ("Brisons le silence") avec des pancartes disant "Voilà à
quoi ressemble l’occupation".
CAPJPO-EuroPalestine

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