La justice une institution de lâcheté…, parole de Hollande ! L’affaire vient de l’invraisemblable livre « Un président ne devrait pas dire ça… » de Fabrice Lhomme et Gérard Davet, du Monde (Occidental),
dans lequel le président d’un État membre permanent du Conseil de
sécurité balance sur tout et sur tout le monde, comme une commère
impénitente.
Pour
le volet justice, il se distancie de Sarko : « Je n’ai jamais espionné
un juge, je n’ai jamais rien demandé à un juge, je n’ai jamais été
financé par la Libye, etc... », pour aussitôt vomir sur la magistrature,
qui est « une institution de lâcheté », précisant : « C’est quand même
ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on
joue les vertueux… On n’aime pas le politique. »
C’est nul. Grave aussi.
1/
Je rappelle qu’il n’y a pas un corps de magistrats mais deux : la
magistrature judiciaire qui traite des affaires de droit privé et du
droit pénal, et la magistrature administrative compétente pour les
affaires publiques. En fonction de quels arguments lumineux le Président
de la République se permet-il de dézinguer la magistrature judiciaire,
sans avoir le moindre reproche à faire à la magistrature
administrative ? Tous méchants à la Cour de cassation et tous gentils au
Conseil d’État ?
2/ Le Président de la République est aux termes de l’article 64 de la Constitution « garant
de l'indépendance de l'autorité judiciaire ». Donc le mec s’estime
garant d’une institution de lâcheté. Ce mec est vraiment too much…
3/ Une pensée…
-
François, une pensée est le fruit d’un regroupement de connaissances et
d’idées, avec une élaboration intellectuelle. Donc, un effort
d’élaboration.
- Oui, sûrement, mais pourquoi tu me parles de ça ?
4/ L’institution
judiciaire « n’aime pas la politique ». C’est heureux, car le juge doit
être « indépendant et impartial », et son rôle est d’appliquer la loi
votée par les institutions politiques sans jamais manifester ses
attachements partisans.
-
François, toi qui es le « garant de l’institution judiciaire »,
souhaiterais-tu des juges assumant des prises de positions politiques ?
- Mais pourquoi tu me parles de ça ?
5/ Rigolo, le communiqué de l’USM (Union Syndicale des Magistrats),
syndicat conservateur et majoritaire, qui s’est dite « consternée par
ce double discours du garant constitutionnel de l’indépendance de
l’autorité judiciaire ». Il faut dire que l’USM se retrouve à partager
les dures désillusions vécues par Valérie Trieweiler, car Hollande était
la semaine dernière à leur congrès pour dire tout le bien qu’il pensait
de la magistrature. Allons, camarades syndicalistes, êtes-vous tombés
de la dernière pluie ? Hollande est bien connu pour avoir été député et
secrétaire du Parti Socialiste pendant des années. Il n’a jamais apporté
le moindre intérêt au fonctionnement de la justice et aux affaires
judiciaires, questions totalement subalternes pour lui, car non
politiques.
6/
Ces déclarations vont être une catastrophe pour Hollande ? C’est loin
d’être évident, car la magistrature judiciaire regroupe très peu de
monde – moins de 10.000 personnes – et le fonctionnement de ce service
public n’est pas franchement enthousiasmant, soumis de plus, et tous les
jours, à toutes les critiques, même les plus débiles. Alors, d’un point
de vue du politique, taper sur la magistrature, c’est plutôt gagnant.
7/ Ben alors ?
- Ben alors, tu ne critiques pas l’institution judiciaire ?
- Si, mais sur des bases sérieuses, et avec des arguments.
Bon,
tout ça est intéressant, je le note. Mais je note aussi que ce sera
autant d’arguments pour défendre les maintes et maintes personnes qu’on
embrouille pour leur absence supposée d’attachement aux « valeurs de la
République ».

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