L’aveuglement des lobbys qui se refusent à imaginer s’être
trompés pendant tant d’années, ajouté aux sommes pharamineuses déjà
dépensées, font du nucléaire l’histoire même de l’échec prévisible.
Tout comme pour le Titanic, lui qui était réputé
insubmersible, les tenants de cette énergie étaient convaincus qu’elle
était l’avenir, et malgré les catastrophes récentes, ils se refusent
encore à imaginer pouvoir s’être trompé… et pourtant.
Tchernobyl avait changé la donne : on découvrait que l’accident nucléaire majeur était possible, et Fukushima, toujours en cours, a enfoncé le clou.
Vient aujourd’hui le problème Cigéo, solution irresponsable qui consisterait à enterrer des déchets dont certains seront encore dangereux dans 100 000 ans,
mettant en évidence que la décision du choix nucléaire a occulté
volontairement l’absence totale de solution concernant ces déchets.
Là ou l’affaire se corse, c’est qu’à l’approche de l’hiver, dont
nombreux affirment qu’il sera dur, les exploitants des centrales
s’inquiètent.
À ce jour, 23 des 58 réacteurs nucléaires
du pays sont à l’arrêt pour des raisons diverses... pannes,
inspections, ou en service réduit, et en haut lieu, on commence à
s’inquiéter.
« Pourvu que l’hiver soit doux »... c’est le leitmotiv que l’on peut entendre dans le petit monde du secteur de l’énergie.
Or, c’est le contraire qui semble s’annoncer, si l’on veut bien
croire certains prévisionnistes, lesquels annoncent que cet hiver serait
le plus froid depuis les 100 dernières années.
Le météorologue allemand Domink Jung évoque un hiver
anormalement froid, en se basant sur les cartes et les modèles établis
par son service météorologique national, et selon lui, les températures
les plus basses seront enregistrées durant les mois de janvier et
février, avec absence de dégel au printemps...
Jo Bastardi, du service météorologique AccuWeather
ne dit pas autre chose, ajoutant que la diminution de l’activité
solaire durant cette période accentuera la chute des températures,
prévision que partage Elena Volosiouk, spécialiste du centre météorologique Fobos. lien
Ces prévisions pessimistes ne sont pas partagées par tous, dont par exemple le site « lameteo.org », qui se flattant d’une fiabilité de 61%, assure qu’il faut être très prudent quand à ses prévisions catastrophiques. lien
Quoi qu’il en soit, nous serons fixés sous peu...
Mais revenons à nos réacteurs...
Il est prévu que la moitié de ceux qui sont arrêtés redémarrent sous peu, mais au moins 7 devront rester à l’arrêt jusqu’à la fin de l’année.
Ajoutons qu’à la demande de l’ASN, des « investigations » sont menées par EDF et Areva sur des générateurs de vapeur, ce qui laisse supposer d’éventuels arrêts supplémentaires.
4 réacteurs supplémentaires pourraient encore être arrêtés (Tricastin 2 et 4, Fessenheim 1 et Gravelines 4), mais en haut lieu, on se veut rassurant.
EDF affirme : « si des tranches
supplémentaires devaient être indisponibles, en prenant des hypothèses
pénalisantes, vague de froid notamment, on a encore des marges avant
d’arriver à des situations potentielles de baisse de tension par exemple ».
Le gestionnaire du réseau RTE relativise lui aussi : « nous
allons voir comment la disponibilité nucléaire s’agrège avec les autres
moyens de production, les interconnexions et les scénarios climatiques
de Météo France. On ne peut pas tirer d’enseignements à partir d’une
seule donnée ».
Même si le jargon utilisé est propre à cacher une évidente crainte,
on sent bien, entre les lignes, qu’il existe une sourde inquiétude.
Or ces fermetures de réacteurs font grimper le prix de l’électricité, qui rappelons le, dépend pour les ¾ du nucléaire.
En effet, concernant le prix du MWh, 40 €, s’il est vrai qu’il avait connu une jolie baisse début 2016, on peut légitimement s’inquiéter de sa remontée, plus de 50%, par rapport au point bas du printemps. lien
Il est donc à craindre que le portemonnaie des français qui se sont
tournés vers l’électricité pour leur chauffage soit largement sollicité
pour l’hiver à venir.
Pour finir sur une relative bonne nouvelle, le ministre de l’intérieur a adressé le 3 octobre dernier une instruction élargissant à 20 km
autour d’une centrale nucléaire, en cas d’accident nucléaire majeur...
ce qui est une avancée encore trop modeste si l’on se souvient que la
radioactivité relâchée par Fukushima a largement dépassé la limite des 30 km.
Cette mesure préconise aussi l’évacuation immédiate dans un rayon de 5 km, ce qui est largement insuffisant au vu des récentes catastrophes nucléaires majeures. lien
On se souvient que l’ANCCLI (association nationale des comités et commissions locales d’information) réclamait une extension à 80 km, ainsi qu’une distribution d’iode dans un rayon de 50 km. lien
Comme dit mon vieil ami africain : « n’accuse pas ton puits d’être trop profond, c’est seulement ta corde qui est trop courte ».
agoravox.fr

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire