Une étude scientifique, qui sonne comme un avertissement avant la COP 22
au Maroc, affirme que toute la région est d'ores et déjà en danger.
Si la planète continue à chauffer, le bassin méditerranéen peut
rapidement devenir la proie d’une désertification importante qui le
transformera en un espace n’ayant plus grand-chose à voir avec les
écosystèmes qu'on lui connaît aujourd’hui. C’est la conclusion
alarmante, à une semaine de l’ouverture au Maroc de la conférence
climatique COP 22, d’une étude qui vient de paraître dans le dernier numéro du magazine américain Science.
D’après les auteurs, même si le réchauffement se limite à deux
degrés, c'est-à-dire l’objectif affiché de la conférence climatique de
Paris, les pays du pourtour de la méditerranée subiront des changements
sans précédents dans l’histoire connue de la région. Par exemple, avec
simplement cet accroissement de deux degrés, « le Maroc connaitra
des évolutions climatiques qui agrandiront les zones désertiques vers le
nord du pays, entrainant un déplacement des zones boisées. Les déserts
s’étendront dans tout le Moyen-Orient, rejetant les forêts de type
tempéré plus haut dans les montagnes ».
En outre, affirment les auteurs, la zone méridionale de l’Espagne se
transformera également en désert et la plupart des espaces forestiers de
cette zone seront remplacés par des buissons. Les effets de cette
désertification sont d’ailleurs déjà perceptibles dans le sud de
l’Andalousie où ils affectent à la fois le débit des cours d’eau, les
cultures et la végétation.
Tous ces changements sont déjà en train de s’amorcer parce que le
bassin méditerranéen se réchauffe plus vite que le reste de la planète.
Ce qui menace les conditions de vie d’une population globale d’environ
450 millions de personnes si des solutions ne sont pas rapidement
trouvées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce qui
semble peu probable.
Cette situation rappelle les longues sécheresses qui ont affecté
cette région il y a environ 3 000 ans. Causant peut-être, explique
l’étude, la fin de l’âge du bronze avant l’émergence de la civilisation
grecque. Cette période montre pourtant une différence notable avec la
menace actuelle : elle n’était pas la conséquence d’une élévation des
températures. Les auteurs citent à l’appui de leurs craintes, la vague
de chaleur, la terrible sécheresse et leurs conséquences agricoles
survenues en Syrie en 2010 ; désastres qui peuvent expliquer, au moins
en partie, les révoltes de la population et le déclenchement de la
guerre civile.
De nombreux climatologues, qui seront présents à Marrakech, insistent
sur le fait que le réchauffement climatique, s’il dépasse (ou même
simplement atteint) 1,5 degrés dans ces régions, avec ses conséquences
sur le brutal changement de végétation et sur les ressources en eau,
entraînerait des désordres sociaux et politiques semblables à ceux qui
détruisent actuellement la Syrie, l’Égypte et la Libye.
politis.fr

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