Michel
Il
y a longtemps qu’ils ne s’étaient pas régalés comme ça, les riches.
Pensez-donc, avec la baisse de la fiscalité du capital et la refonte de
l’ISF et baisse de l’imposition sur les revenus du capital, c’est
désormais open bar avec Macron.
On sait désormais ce qu’est un riche aujourd’hui
C’est
celui qui dispose d’un capital immobilier de plus de 1,3 Million et
d’un portefeuille financier. Fini le débat sous Hollande qui avait
déclaré qu’à partir de 4000 euros par mois on était riche. Quand on
parle de riche désormais, on s’adresse à une partie très faible des
contribuables français qui accumulent les richesses et qui font partie
des toujours plus nombreux millionnaires. On estime par exemple qu’en
France (qui arrive en 5ème position dans le monde), il y a
579 000 millionnaires (soit moins de 1 % de la population) qui disposent
d’un patrimoine d’au moins 850 000 euros, hors résidence principale,
objets d’art et de collection et de biens courants.
C’est
sur ces 1% que repose la politique gouvernementale de relance, autant
dire qu’il y a peu de chance que ça marche, parce que les riches, par
définition, ne sont pas partageux et que, plutôt investir dans les
entreprises françaises, ils préfèreront goûter le luxe et la volupté sur
un yacht immatriculé sous pavillon de complaisance et dans une
propriété dans un paradis fiscal.
Le
riche, c’est fiscalement un citoyen du monde mais qui a bien entendu le
cœur en France dès qu’il s’agit de monnayer son talent ou bien de venir
se faire soigner dans les hôpitaux publics avec la carte vitale, un peu
comme M. Pagny, par exemple, qui assume parfaitement de faire échapper
un partie de ses revenus au fisc en allant résider au Portugal.
Le
riche est donc solidaire, mais surtout avec lui et a du mal à se
rappeler des systèmes éducatifs, de santé et les infrastructures,
financés par les impôts des autres, dont il a profité étant jeune.
De là à dire que le riche est ingrat…
On parle donc désormais des personnes « plus aisées »
Une
fois les riches devenus plus riches grâce à quelques cadeaux fiscaux,
il faut bien trouver une catégorie de français pour payer les impôts et
financer ces largesses. C’est pour cela que M. Macron a inventé la
notion de français « plus aisés » ou de « moins pauvres que d’autres ».
C’est
ainsi que les pauvres d’aujourd’hui sont moins les retraités que les
jeunes, nous dit-il, ce qui nous conduits à constater que la
segmentation des catégories (et leur opposition, bien évidemment) est
désormais à l’ordre du jour, une fois les riches hors du jeu.
Autant
dire que ces segmentations sont complètement ridicules : peut-on
comparer un retraité avec 1200 euros de pension mensuelle avec les
rejetons des PDG du CAC 40, un fonctionnaire de catégorie C avec un
cadre du privé, bien les bénéficiaires des minimas sociaux avec les
actifs ou bien l’artisan avec le PDG ? Mais en politique, tout est
permis lorsqu’il s’agit de stigmatiser les « gens qui ne sont rien » et
faire l’apologie des riches qui sauveront certainement le pays par leurs
investissements massifs dans l’économie comme semble le croire M.
Macron.
Nous sommes en pleine escroquerie intellectuelle.
On n’oublie pourtant pas le menu fretin
La
preuve, toutes ces diminutions de cotisations et autres suppression de
la taxe d’habitation qui sont censées redonner du pouvoir d’achat aux
plus modestes.
La
communication gouvernementale fonctionne bien, mais avec une moitié de
cerveau, l’autre moitié ayant oublié d’intégrer dans le petit livret mis
à disposition du grand public
(https://www.economie.gouv.fr/files/files/PLF2018/bro-pouvoir-achat-bat-web-10h.pdf)
le total des exonérations pour les plus riches. C’eut été pourtant un
bel exercice de transparence de pouvoir comparer les baisses entre
chaque catégorie (salarié, retraité, bénéficiaire de minimas sociaux,
salariés au SMIC, cadre dirigeant d’entreprise, assujetti à l’ISF,…)
avec le nombre de français correspondant puisque la segmentation des
catégories semble être à l’ordre du jour.
Mais bon, il ne faut tout de même pas rêver.
Qui pour relancer l’économie, alors ?
Lorsqu’on
enlève les riches sur lesquels il ne faut pas compter pour relancer
l’économie, on constate que le match pour la relance se joue entre les
plus aisés des moins aisés et les chefs d’entreprises. Pour ces derniers
on peut également segmenter entre les artisans et les PME d’une part et
les artistes du patronat (tendance Gattaz) pour lesquels la situation
n’est pas la même et qui savent si bien persuader le gouvernement
d’allonger des aides pour créer – juré, craché – des emplois qui ne
viendront jamais.
Le
problème, c’est que cette catégorie de patrons a fortement tendance à
se confondre avec la catégorie de riches et que la relance de l’économie
par la création d’emplois cède le pas au montant de rémunération des
actionnaires et des cadres dirigeants qui font désormais partie de la
famille avec leur stock-options.
Fort avec les faibles et faible avec les forts
Telle
semble être la devise de ce gouvernement qui se moque du monde dans les
grandes largeurs en jetant une pièce dans la main de certains comme les
bonnes âmes le font à la sortie de la messe et dépose un lingot dans le
coffre des autres.
Cela
commence à se voir, même dans la majorité « En Marche » qui nous
concoctera quelques amendements à la loi de finances pour taxer quelques
Yachts dont les propriétaires inconséquents ont oublié de défiscaliser
aux Bermudes.
Juste pour le symbole, mais surtout sans rien toucher à l’équilibre de la loi de finances.
Ni de gauche, ni de droite, on vous disait. Juste du côté du portefeuille.

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