Charles Sannat
C’est la dernière nouveauté en date, et je peux vous dire que cela va
faire hurler chez les ex-futurs salariés bientôt tous virés ou presque
et que l’on va se taper sur le ventre dans les antres du Medef.
Les ruptures conventionnelles sont devenues en quelques années la
principale manière de licencier, et cela a considérablement
flexibilisé le marché du travail pour les employeurs, permettant aussi,
il faut le dire, pour certains salariés de partir plutôt sur une rupture
conventionnelle, et donc les droits au chômage, plutôt que sur une
démission.
Il n’en reste pas moins que jusqu’à présent, une rupture
conventionnelle était par nature, par essence même, une décision
individuelle, à tel point d’ailleurs que l’inspection du travail
surveille de relativement près le nombre de ruptures conventionnelles
(qui doivent être déclarées) par chaque entreprise afin d’être sûre que,
par certains effets d’aubaines, certaines entreprises ne masquent pas un
plan social à travers de multiples ruptures conventionnelles.
D’un côté donc la rupture conventionnelle, unitaire, personnelle,
individuelle et de l’autre, les plans sociaux avec la cohorte de coûts
et de contraintes attachées, comme les indemnités mais aussi des notions
de formation ou de « reclassements », bref, autant d’éléments qui
empêchent notre gentil patronat de virer comme il l’entend et de gagner
autant qu’il le souhaite.
Pourtant, c’est l’un des éléments que pas grand monde n’a vu venir
des ordonnances Macron qui devraient prochainement autoriser les
entreprises à mettre en place des procédures de ruptures
conventionnelles collectives au lieu d’un plan social coûteux.
La différence, nous la voyons tous. Vous aurez a priori des ruptures
conventionnelles collectives sur la base du volontariat et cela viendra
remplacer les plans dits « volontaires » et puis nous devrions sans
doute conserver les plans sociaux quand on dégraisse sans laisser le
choix ou sans faire appel aux « volontaires ».
Mais le décret peut aller aussi loin que le voudra le président
Macron, puisque l’Assemblée nationale lui a voté les pleins pouvoirs
économiques et sociaux.
Demain, peut-être, allez-vous vous réveiller dans un monde où l’idée même de plan social aura disparu.
Et vous devez voir la logique d’ensemble.
Nos mamamouchis ont d’abord réduit le coût maximum des licenciements
en mettant des plafonds même en cas de licenciements abusifs que les
juges ne peuvent plus dépasser.
Puis maintenant qu’en réalité on a mis des seuils, on vous explique
très doctement qu’il faut pouvoir faire baisser le coût des plans
sociaux…
Sur la partie volontaire, on va donc faire de la simple rupture
conventionnelle… Voilà une idée risquant fort de plaire grandement à SFR
qui va devoir se délester rapidement de quelques milliers de ses
collaborateurs, qui ne vont pas partir avec grand-chose malgré toute
leur implication.
Les ruptures conventionnelles collectives, sur vos écrans au plus tard le 1er janvier 2018.
Le gouvernement a transmis son projet de décret fixant les modalités
pratiques de ces ruptures conventionnelles collectives aux partenaires
sociaux.
Dès la publication de ce décret, ces ruptures conventionnelles
collectives seront possibles dans les entreprises, or selon les
syndicats, et je veux bien les croire, cette nouvelle formule est un
véritable plébiscite auprès des entreprises qui assaillent de coups de
téléphone aussi bien les administrations que les experts comptables pour
savoir comment faire pour en bénéficier et faire quelques charrettes à
pas cher !
Le tsunami de licenciements en début de quinquennat, pas à la fin !
Le tsunami de licenciements en début de quinquennat, pas à la fin !
Les syndicats redoutent donc une vague de plans sociaux.
Ils ont parfaitement raison, et cela a aussi une grande logique politique.
Mieux vaut que les gens qui sont aussi des lecteurs soient virés en
début de quinquennat qu’en fin de mandat, bien que Macron, et c’est tout
à son honneur, n’a jamais caché ses intentions de casse sociale
parfaitement assumées lors de la campagne.
Les fêtes de Noël risquent d’être particulièrement moroses et tristes pour bon nombre de nos concitoyens.
« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de
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