vendredi 1 décembre 2017

Contrôle des frais de mandat des députés : peut mieux faire


Anticor

La loi du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique a supprimé l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) des parlementaires. 

Elle prévoyait que « le bureau de chaque assemblée, après consultation de l’organe chargé de la déontologie parlementaire, définit le régime de prise en charge des frais de mandat et arrête la liste des frais éligibles. Les députés et sénateurs sont défrayés sous la forme d’une prise en charge directe, d’un remboursement sur présentation de justificatifs ou du versement d’une avance par l’assemblée dont ils sont membres, dans la limite des plafonds déterminés par le bureau. Le bureau de chaque assemblée détermine également les modalités selon lesquelles l’organe chargé de la déontologie parlementaire contrôle que les dépenses donnant lieu aux prises en charge directe, remboursements et avances […] correspondent à des frais de mandat. »
Dans ce cadre, le Bureau de l’Assemblée nationale vient d’adopter le projet d’arrêté relatif aux frais de mandat des députés, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018.
Les députés percevront désormais une avance sur frais de mandat fixée à 5 373 €, soit exactement le même montant que la défunte IRFM.
Un arrêté liste désormais les dépenses autorisées et celles qui sont « insusceptibles d’être prises en charge au titre des frais de mandat ». Parmi ces dernières, « les prêts, dons ou cotisations à des partis politiques » ou « la location d’un bien immobilier dont le député, son conjoint, ses ascendants ou descendants sont propriétaires ». Anticor salue cette annonce qui va dans le bon sens. L’association souhaiterait également que soit interdite la possibilité de verser une cotisation – prélevée sur l’enveloppe des frais de mandat – à un groupe politique. L’association rappelle que cette pratique a abouti à de scandaleux abus.
Par contre, le communiqué de presse du Président de l’Assemblée nationale précise que « les députés sont tenus de transmettre les justificatifs relatifs à leurs dépenses de mandat. Le contrôle sera basé sur un tirage aléatoire, de façon à ce que les frais de mandat de chaque député soient contrôlés au moins une fois au cours de la législature. » Anticor s’étonne que ces élus ne soient pas soumis à un contrôle annuel. Le dispositif envisagé n’est, à l’évidence, pas satisfaisant. En effet, les députés qui seront contrôlés en 2018 sauront, à l’avance, qu’ils n’auront plus de comptes à rendre jusqu’aux prochaines élections législatives.
En outre, il est prévu que les députés disposent d’une somme de 600 € qu’ils peuvent dépenser sans justificatif. Anticor juge pour le moins incongrue cette facilité qui ressemble à une caisse noire.
Enfin, le rôle et les moyens du déontologue – qui ne travaille actuellement que trois jours par semaine – n’ont pas été renforcés.

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