Anticor
La loi du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique a supprimé l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) des parlementaires.
Elle prévoyait que « le
bureau de chaque assemblée, après consultation de l’organe chargé de la
déontologie parlementaire, définit le régime de prise en charge des
frais de mandat et arrête la liste des frais éligibles. Les députés et
sénateurs sont défrayés sous la forme d’une prise en charge directe,
d’un remboursement sur présentation de justificatifs ou du versement
d’une avance par l’assemblée dont ils sont membres, dans la limite des
plafonds déterminés par le bureau. Le bureau de chaque assemblée
détermine également les modalités selon lesquelles l’organe chargé de la
déontologie parlementaire contrôle que les dépenses donnant lieu aux
prises en charge directe, remboursements et avances […] correspondent à
des frais de mandat. »
Dans ce cadre, le Bureau de l’Assemblée
nationale vient d’adopter le projet d’arrêté relatif aux frais de mandat
des députés, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018.
Les députés percevront désormais une
avance sur frais de mandat fixée à 5 373 €, soit exactement le même
montant que la défunte IRFM.
Un arrêté liste désormais les dépenses autorisées et celles qui sont « insusceptibles d’être prises en charge au titre des frais de mandat ». Parmi ces dernières, « les prêts, dons ou cotisations à des partis politiques » ou « la location d’un bien immobilier dont le député, son conjoint, ses ascendants ou descendants sont propriétaires ».
Anticor salue cette annonce qui va dans le bon sens. L’association
souhaiterait également que soit interdite la possibilité de verser une
cotisation – prélevée sur l’enveloppe des frais de mandat – à un groupe
politique. L’association rappelle que cette pratique a abouti à de scandaleux abus.
Par contre, le communiqué de presse du Président de l’Assemblée nationale précise que « les
députés sont tenus de transmettre les justificatifs relatifs à leurs
dépenses de mandat. Le contrôle sera basé sur un tirage aléatoire, de
façon à ce que les frais de mandat de chaque député soient contrôlés au
moins une fois au cours de la législature. » Anticor s’étonne que
ces élus ne soient pas soumis à un contrôle annuel. Le dispositif
envisagé n’est, à l’évidence, pas satisfaisant. En effet, les députés
qui seront contrôlés en 2018 sauront, à l’avance, qu’ils n’auront plus
de comptes à rendre jusqu’aux prochaines élections législatives.
En outre, il est prévu que les députés
disposent d’une somme de 600 € qu’ils peuvent dépenser sans
justificatif. Anticor juge pour le moins incongrue cette facilité qui
ressemble à une caisse noire.
Enfin, le rôle et les moyens du
déontologue – qui ne travaille actuellement que trois jours par semaine –
n’ont pas été renforcés.

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