Jean-Luc Mélenchon
France info, chien de garde, me reproche de n’avoir rien dit sur le
décès de Johnny. Contrairement à ce journalisme de révérences, je ne
parle pas pour ne rien dire. J’ai diffusé ce document en vidéo. Mais
comme c’est plus de 140 signes, c’est en effet trop pour le cerveau d’un
médiacrate de France info. Et puis comme c’est humble, les pavloviens
de la haine de la France insoumise continuent leurs guerres jusque dans
les cimetières.
Voici ce que j’ai dit :
Les amis, aujourd’hui, partout, sur tous les tons, toutes les
chaînes, toutes les radios, toutes les télés, tous les cailloux, tous
les ombrages, tous les plumages, il n’est question que du décès de
Johnny Hallyday.
Alors on me regarde, on me dit : « Tu vas dire quelque chose ? ».
Mais pourquoi je vais dire quelque chose ? Quelle importance j’ai
là-dedans ? Aucune. Il y a deux jours, c’est Jean d’Ormesson qui est
mort, bon, je l’ai connu, j’ai eu le bonheur de discussions avec lui, on
était d’accord sur rien, ça tombe bien, mais il avait une manière
charmante et humoristique de prendre les questions, et comme moi je
répondais aussi sur le terrain de l’humour, on s’est plutôt bien
entendus, du peu qu’on s’est vus. Et quand il est disparu, je me suis
dit : « Mince ! » Comme on se dit, des fois : « Mince, j’ai oublié,
j’aurais dû aller le voir, j’aurais dû aller le voir avant… ». Bon,
voilà… C’est comme ça.
Mais alors sur Johnny, qu’est-ce que vous voulez que je dise, moi
? Quand on fait une notice nécrologique, quand on parle de quelqu’un
qui est mort, c’est soit pour dire : « Attention, les gens, c’était
quelqu’un d’important, parce qu’il a écrit ceci, il a écrit cela ». Bon,
d’accord ? Et c’est une manière de signaler aux gens l’importance de
quelqu’un qui disparaît. Mais là, Johnny Hallyday, il n’a pas besoin de
moi pour qu’on sache qu’il chantait des chansons qui ont marqué son
époque, son temps, et tout ça. Voilà.
Donc moi je n’ai rien à dire sur le sujet. Et je crois qu’on en
est tous là. Enfin en tout cas, moi je n’ai pas plus à dire que
n’importe qui qui est en train de me regarder. Dans ceux qui me
regardent, il y a ceux qui n’ont jamais écouté Johnny, ça doit exister ;
il y a ceux qui ne l’aimaient pas, c’est normal parce que tout
créateur, tout artiste a aussi des gens qui l’aiment pas ; et puis il y a
les gens qui l’ont aimé.
Alors c’est ça qui est intéressant : ils l’aiment pour la
musique, pour le personnage, pour la manière d’incarner des textes et
puis ils l’aiment surtout par rapport à eux parce que celui qui a été
amoureux une seule fois sur la musique de Johnny, il ne l’oublie pas
plus qu’il n’oubliera son amour.
En tout cas moi je comprends qu’il y
ait plein de gens à qui ça fasse du chagrin. Pourtant ils ne le
connaissent pas, ils ne lui ont jamais parlé, ils n’ont fait qu’écouter
sa musique. Mais c’est un chagrin qu’on a sur la vie qui passe, sur la
vanité des choses, sur tout ce qui dans notre propre existence
personnelle a pu entrer en résonance avec les autres grâce à une musique
ou une chanson.

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