François Cocq
« Le Conseil constitutionnel a pu mesurer en toute indépendance l’inanité totale des arguments invoqués ».
C’est en ces termes que Manuel Valls réagissait par communiqué ce
vendredi 8 décembre à la validation de son élection par le Conseil
constitutionnel. À dessein. Car M. Valls cherche à réécrire l’histoire
pour mieux se dédouaner et éviter d’apparaître pour ce que suggère la
décision du Conseil constitutionnel : il est un tricheur.
« Inanité : Caractère de ce qui est
vide, sans contenu réel, ne présente aucun intérêt pour le cœur ou pour
l’esprit : Inanité d’une conversation mondaine. Caractère de ce qui est
vain, inutile, voué à l’échec selon le Larousse ».
Ainsi donc M. Valls évoque « l’inanité totale des arguments invoqués ».
Il voudrait ainsi nous faire croire au caractère vide des accusations
portées à son encontre. Seulement voilà, le Conseil constitutionnel dit
explicitement l’inverse : « 66 votes correspondant à des différences de signature significatives doivent être regardés comme irrégulièrement exprimés ».
L’affirmation est assénée avec d’autant plus de poids que le Conseil
constitutionnel avait au préalable pris le soin de rejeter
l’irrégularité de 42 autres votes jugeant les différences dans les
signatures explicables ou peu probantes. Mais pour les 66 autres, rien
de cela. Qu’est-ce à dire sinon qu’il y a eu fraude et que M. Valls a
triché ?
Ou alors M. Valls parle-t-il d’inanité parce qu’il savait la démarche
vouée à l’échec, sachant parfaitement que le Conseil constitutionnel au
sein duquel siégeait ce 7 décembre M. Fabius, qui fut son ministre des
affaires étrangères, M. Jospin, qui fut son employeur, ou encore son
camarade de parti M. Charasse, ne prendrait de décision qui ne soit
conforme à l’intérêt de l’un des siens ? Telle est l’inanité dont se
réclame M. Valls ? Celle d’une 5ème République qui fonctionne en vase
clos et entre amis ? Cette 5ème République qui juge que la tricherie
n’est répréhensible que s’il est avéré qu’elle fait basculer le scrutin
comme s’en targue cyniquement le Conseil : « ces suffrages
irréguliers restant en nombre inférieur à l’écart de voix entre les deux
candidats du second tour, cette irrégularité ne saurait conduire à
l’annulation des opérations électorales » ?
M. Valls ferait mieux de faire profil bas plutôt que de parler
« d’inanité » en espérant se refaire une virginité à bon compte.Car ce
qui lui conviendrait le mieux ce n’est pas l’inanité, c’est la vacuité,
celle qui, toujours selon le Larousse, se caractérise comme un vide
intellectuel ou l’absence de valeur. Voilà qui sied mieux au député qui
vient d’être sournoisement confirmé.
François Cocq

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