Victor Ayoli
Alors fera, fera pas ? Quoi ? L'aéro-porc
de Notre-Dame-des Landes bien sûr. Jupiter semble sodomiser les
diptères, Hulot boire une dose de glypho pour faire glisser les
couleuvres.
Alors ? On fait quoi ? Ben, il serait peut-être temps de se
poser la seule vraie question : la construction de cet aéroport, projet
vieux de 50 ans, est-elle encore nécessaire ? Les "zexperts" n'en sont
plus tout à fait sûrs...
Et puis, il va falloir éradiquer le « kyste » de la zad qu'ils disent
les « milieux autorisés » ! Seulement les « enkystés » promettent des
rations de marrons pour toute tentative d’évacuation par la force de
leur camp retranché.
Allez, Préfet ! Du courage. Il va falloir peut-être les envoyer les
argousins de la République ! Matraques et gaz lacrymo contre marrons
chauds et…tracteurs, les paysans de Conf’ formant barrage avec leurs
gros tracteurs autour de « La Châtaigne » ! Du courage Collomb, d’autant
plus que les « enkystés » ont promis des métastases dans tous les lieux
de pouvoir de France en cas d’attaque. Il y a une centaine de comités
locaux de soutien dans tout le pays, remontés comme des pendules !
Ouarf ! Putaing ! Ça nous rajeunit ! Comme aux temps flamboyants du
Larzac ! Allez les jeunes ! Notre génération à fait reculer l’Armée ! La
glorieuse armée françouaise ! Alors les partisans douteux d’un minable
aéroport de province… Tè ! Fume !
Car est-il vraiment indispensable cet aéroport ? Ce type de grands
travaux, traumatisant pour la région et extrêmement coûteux, est-il
vraiment utile à la collectivité, capable de générer de l’emploi et de
dynamiser l’économie de la région qui va l’accueillir et…le subir ? À
qui va-t-il servir ? Qui, dans la région prend l’avion ? Les dizaines de
milliers de « Français d’en bas » qui vont subir les conséquences, être
expulsés de leurs terres ? Non. Quelques centaines, allez, quelques
milliers de privilégiés. Ce type d’aéroport attire, comme la merde
appâte les mouches, les compagnies « low cost », parasites de la
profession, qui font payer aux collectivités locales leur activité sur
ces plateformes.
Notre-Dame-des-Landes n’est-il pas plutôt l’expression de la
mégalomanie de quelques satrapes locaux voulant péter plus haut que leur
cul ? On peut leur conseiller d’aller faire un petit voyage d’étude en
Espagne où ils pourront visiter l’aéroport fantôme de Ciudad Real,
l’aéroport « piétonnier » de Castellón-Costa Azahar ou encore celui de
Huesca. Tous fruits empoisonnés de la folie des grandeurs de
« décideurs » stupides et pour certains magouillant sans vergogne avec
quelques grandes compagnies de travaux publics…
L’affaire est un serpent de mer qui dure depuis 50 ans. Il provient
de la folie des grandeurs d’une centaine de chefs d’entreprises
acoquinée à la bourgeoisie locale pour décider les « décideurs » locaux.
Pourtant, comme l’écrivait déjà le Monde à cette époque :
« L'aviation commerciale mobilise d'énormes capitaux pour le bénéfice
d'un petit nombre. Cette activité ne subsiste que grâce à l'aide des
pouvoirs publics. Elle fonctionne comme un important appareil de
redistribution à l'envers où le pauvre paie pour plus riche que lui.
Elle mobilise des ressources qui seraient socialement mieux utilisées
ailleurs. » Tout est dit. (Il est vrai que le Monde, en 1976, était
encore un vrai journal, LE journal de référence en France. Ce temps est
bien révolu…)
Oui mais, l’aéroport actuel est saturé, perturbe la vie des riverains
qu’ils disent, les bétonneurs. Faux. Il pourrait, avec un aménagement
de l’aérogare, décupler son trafic, ce qui ne sera jamais le cas.
(L’aéroport de Gatwick, à une quarantaine de km de Londres, traite 34
millions de passagers par an, contre 3,5 à Nantes, dix fois plus, et
242.000 mouvements d’avion, avec une piste plus courte, sans être saturé
pour autant !). Pareil pour celui de Genève. Qui peut penser qu’on
prendra un jour l’avion à Nantes pour un vol direct vers New-York,
Shanghai, Rio de Janeiro ou Moscou ?
Seulement voilà : le transfert de l’aéroport actuel situé à 10 km de
Nantes libèrerait des palanquées d’hectares convoitées avec gourmandise
par les promoteurs immobiliers et autres aménageurs ! Au nombre desquels
l’inévitable…Vinci. Notez que la piste (3800 mètres contre 3200 mètre à
Notre-dame-des-landes resterait en place puisqu'elle la condition sine qua non du maintien de l'usine d'Airbus.
Bon. N’en jetez plus. Cet aéroport est une énorme konnerie assortie de juteuses magouilles.
Eh ! Jupitounet, tu veux en faire ton Larzac !

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