samedi 16 décembre 2017

Quand La Bruyère s’en prenait à nos médias


Théophraste

La mode journalistique est de modifier une déclaration, un programme un discours, un écrit d’un homme politique, de tronquer une de ses phrases, puis d’exposer la caricature de ce qui fut pour ameuter sur le danger couru par la République si les citoyens portaient au pouvoir un tel hurluberlu inconséquent et fantasque.

En vérité, cette mode a plus de 300 ans. Jean de la Bruyère la dénonçait ainsi :
« Quelques-uns de ceux qui ont lu un ouvrage en rapportent certains traits dont ils n’ont pas compris le sens, et qu’ils altèrent encore par tout ce qu’ils y mettent du leur ; et ces traits ainsi corrompus et défigurés, qui ne sont autre chose que leurs propres pensées et leurs expressions, ils les exposent à la censure, soutiennent qu’ils sont mauvais, et tout le monde convient qu’ils sont mauvais ; mais l’endroit de l’ouvrage que ces critiques croient citer, et qu’en effet ils ne citent point, n’en est pas pire. »
Bien entendu, quiconque dénonce cette escroquerie s’expose à la vindicte. Car, croyez-en les médias : « Il s’en prend à… ».
À quoi ? À la liberté de la presse, parbleu !


Théophraste R.

Ne comptez pas sur moi pour répéter ce que me disait l’autre jour La Bruyère sur Nathalie Saint Cricq.

Le Grand Soir

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