Jeremy Salt
Que « la violence n’est pas la
solution », combien de fois avons-nous entendu Tony Blair le dire ? Nous
savons que la violence ne devrait pas être la voie à suivre, mais nous
savons que c’est pourtant souvent le cas. Le « nous » de toute évidence
n’inclut pas M. Blair, architecte d’une violence extrême au
Moyen-Orient.
L’histoire nous a appris que des états violents peuvent
souvent ne laisser aux pacifistes d’autre recours que la violence pour
empêcher [les violents] d’aller plus loin. C’est là le piège paradoxal
du comportement humain : les violents peuvent en définitive imposer la
violence aux pacifistes.
On se ferait des illusions si l’on s’imaginait que ce stade n’a pas
déjà été atteint ou presque atteint en ce qui concerne Israël ; nous ne
devons pas écarter la mince possibilité que d’une façon ou d’une autre
Israël revienne à la raison et fasse ce qu’il aurait pu faire il y a des
décennies, à savoir faire la paix avec les Palestiniens et à travers
eux avec les mondes arabe et musulman et, en fait, avec le monde en
général, mais ceci semble peu probable.
Les dirigeants sionistes savaient dès le départ que le seul moyen
pour eux de s’approprier la Palestine c’était la guerre. Zeev
Jabotinsky était franc à ce sujet, David Ben Gourion honnête seulement
dans sa correspondance privée : ce n’est qu’au fil de l’épée et par le
feu qu’Israël pouvait être créé en Palestine et s’étant engagé dans
cette voie Israël ne s’en est jamais détourné.
En sept décennies, Israël a mené guerre après guerre : contre les
Palestiniens, contre l’Égypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie, la
Tunisie, contre tout état, organisation ou individu se mettant en
travers de son chemin. Il a massacré, assassiné et bombardé des
ambulances, des hôpitaux, des écoles, des enceintes de l’ONU et des
immeubles d’habitation. Il n’a jamais montré la moindre compassion pour
les vies humaines qu’il prend : au contraire, l’un de ses pilotes a même
sorti une plaisanterie lorsqu’on lui demandé ce qu’il ressentait
lorsqu’il tirait un missile sur un immeuble à Gaza. Il répondit qu’il
avait senti « un léger frémissement » des ailes de son avion.
Au fil des ans, les rabbins et généraux israéliens ont qualifié tous
les Palestiniens d’ennemi ou de cancer, de serpents et de cafards qu’il
fallait écraser ou couper. L’ennemi palestinien comprend même les
enfants à naître, donnant à Golda Meir des cauchemars lorsqu’elle se
mettait au lit, ne sachant pas combien de Palestiniens pourraient être
nés lorsqu’elle se lèverait le lendemain.
Ces sentiments effrayants sont perceptibles dans la rue et dans la
culture dominante, dans les sondages témoignant de la haine envers les
Palestiniens, et même chez les écoliers et dans la violence incessante
des colons de Cisjordanie. Les soldats et la police des frontières qui
protègent ces colons font ce qu’ils veulent, sachant qu’ils ne seront
pas punis ou si légèrement que le châtiment ne fait qu’aggraver les
choses pour la victime et sa famille. Le meurtre de Abd al Fatah al
Sharif alors qu’il gisait blessé sur le sol dans une rue d’Hébron l’an
dernier et le meurtre récent par un tireur d’élite d’Ibrahim Abu Thuraya
cloué dans un fauteuil roulant après avoir eu les deux jambes
sectionnées par un missile israélien lors de l’attaque de Gaza en 2008,
ne sont pas des anomalies brutales mais des actes qui s’inscrivent tout à
fait dans l’histoire violente d’Israël.
Détruire l’ennemi avant qu’il ne devienne trop fort est la maxime qui
guide Israël depuis 1948. L’Égypte a été déstabilisée par les attaques
répétées enjambant la ligne d’armistice avant l’agression tripartite de
1956. Cette dernière échoua en raison de l’intervention des États-Unis
après la révélation de la traîtrise britannique. Israël repris alors les
attaques sur la ligne d’armistice avant l’attaque de 1967 contre
l’Égypte et la Syrie. Le mythe de l’invincibilité ne dura toutefois que
jusque la première semaine de la guerre de 1973, durant laquelle les
forces israéliennes furent mises en déroute dans le Sinaï. Si Anouar
Sadat n’avait pas trahi Hafez al Assad elles auraient aussi été
repoussées des Hauteurs du Golan, mais cela n’aurait tout de même pas
éliminé la probabilité d’une intervention directe des États-Unis pour
sauver Israël des conséquences de sa propre folie.
Ce fut la dernière guerre qu’Israël livra contre une armée régulière.
Ses « guerres » contre le Liban et Gaza ne furent rien d’autre que des
offensives militaires contre une population en grande partie sans
défense et même alors il n’a pu les gagner. Gaza a réussi à rester
debout malgré le carnage perpétré par les attaques israéliennes, et au
Liban l’expulsion de l’OLP en 1982 n’a fait que dégager la voie à une
résistance chiite prenant la forme politique et militaire du Hezbollah.
En 2000 cette armée de guérilla avait repoussé les sionistes hors du
Sud-Liban et en 2006 elle les humilia encore davantage lorsqu’ils
revinrent, ce qui nous amène à considérer la situation présente.
Depuis 1973, les « guerres israéliennes » se résument à des massacres de populations civiles désarmées
D’abord, la situation géopolitique d’Israël n’est plus ce qu’elle
était. L’époque où Israël pouvait compter sur la sympathie du monde, en
se faisant passer pour un petit état soi-disant assiégé et menacé
d’extinction, est depuis longtemps révolue. À l’exception des États-Unis
et de leurs suiveurs, le monde a pris conscience de ce qu’est
réellement Israël, un persécuteur.
Au Moyen-Orient, la situation géopolitique d’Israël n’est plus ce
qu’elle était non plus. Les traités qu’il a signés avec l’Égypte et la
Jordanie sont moribonds. L’antagonisme populaire envers Israël dans les
deux pays est aussi fort aujourd’hui que le jour où ces traités ont été
signés, et probablement plus après les déclarations incendiaires de D.
Trump, l’assassinat d’Ibrahim Abu Thuraya et la position déterminée
prise par une adolescente palestinienne, Ahad Tamini en giflant un
soldat sioniste.
Militairement, on pourrait représenter le déclin d’Israël sur un
graphique. Le glissement depuis 1967 a été lent mais continu. Oui,
Israël dispose d’armes nucléaires et envoie par intervalle des signaux
qu’il est prêt à les utiliser, comme il l’a fait en 1973. Oui, il a une
puissance aérienne suprême mais même cela n’a pas été suffisant pour lui
donner les victoires qu’il voulait et comme le savent les chefs
militaires et les services de renseignement israéliens, les ennemis
d’Israël travaillent en permanence à mettre au point les moyens de
contrer la supériorité technologique d’Israël. Les médias sionistes
peuvent bien se moquer d’Hasan Nasrallah mais les commandants
militaires israéliens, eux, ne s’en moquent pas.
Israël a essayé de détruire le Hezbollah mais a échoué. Il a essayé
d’intimider l’Iran par l’assassinant de ses scientifiques et les menaces
répétées d’attaque militaire mais il a échoué, même avec l’outil
supplémentaire des sanctions états-uniennes. La loi des conséquences
involontaires a prévalu : la tentative de détruire la Syrie a, en fin de
compte, aussi échoué, malgré les destructions et les pertes en vies
humaines colossales, et il en est de même de la tentative de détruire
l’Irak qui, sous un gouvernement à domination chiite proche de l’Iran et
sympathique au Hezbollah, est en train de retrouver son unité brisée.
L’effondrement du sécessionnisme kurde est un autre coup porté à Israël.
L’avers de ces échecs est la force militaire croissante du Hezbollah
et de l’Iran, bien plus grande qu’il y a une décennie.
C’est pour ces raisons que le Moyen-Orient se trouve peut-être à un
moment de son histoire moderne le plus dangereux. D’un point de vue
psychologique et stratégique, Israël ne peut permettre à la situation
actuelle de se perpétuer sans réagir, ne peut permettre au Hezbollah et à
l’Iran de se renforcer encore plus dans les années à venir. Il doit
réaffirmer sa domination militaire et tous les signaux en provenance de
l’establishment politique et militaire indiquent qu’après un an de
préparation intensive il est prêt à y aller. La cible sera le Liban, que
les propagandistes d’Israël dépeignent comme rien de plus qu’une
enclave du Hezbollah manipulée par l’Iran, qu’Israël voudra entraîner
dans le conflit. Ce sera une guerre de destruction massive, les
ministres israéliens ne divergeant que sur la question de savoir si les
bombardements doivent ramener le Liban à l’âge de pierre (Yisrael Katz)
ou au moyen-âge (Naftali Bennett).
Les préparatifs de guerre d’Israël au cours de l’année écoulée
incluent les plus importantes manœuvres terrestres des deux dernières
décennies. Ces manœuvres baptisées « Light on the Grain » (Lumière sur
le grain) conduites en septembre 2017 dans le nord de la Palestine
occupée sur la ligne d’armistice avec le Liban ont commencé par
l'évacuation des civils de la région. On estime à 30 000 ou 40 000 le
nombre de soldats et réservistes impliqués, organisés en 20 brigades,
avec des chasseurs à réaction, des hélicoptères, des drones, des
sous-marins, des canonnières et des bateaux patrouilleurs fournissant
renforts et reconnaissance aux troupes au sol. Guerre électronique,
utilisation de robots de combat dans les tunnels et batailles simulées
mettant en scène des soldats portant l’uniforme « ennemi » et de fausses
ceintures d’explosifs, tout y était. Les exercices étaient basés sur
l’hypothèse d’une guerre de dix jours avec le Hezbollah. D’après Walid
Sukkariya, général libanais à la retraite et député au parlement, le
nombre de soldats déployés indiquait un déploiement de 150 000 soldats
dans une guerre réelle.
Une collaboration occidentale éhontée et infâme avec l’occupant sioniste
En novembre 2017, le plus grand exercice aérien de l’histoire
d’Israël a eu lieu dans le sud de la Palestine occupée. L’exercice
multinational « Blue Flag » d’une durée de deux semaines a engagé
environ mille pilotes de huit pays(1) , dont, pour la première fois dans
l’histoire de telles manœuvres, l’Allemagne. Des centaines de chasseurs
à réaction ont effectué un millier de missions à partir de la base
Uvda, les forces « bleues » « attaquant » « l’ alliance rouge », ennemi
indéterminé dont les pilotes avaient, toutefois, tous reçu un nom arabe.
Des hélicoptères, des drones et des UAVs furent utilisés : la guerre
électronique occupant une place centrale dans les manœuvres, ainsi que
l’hypothèse que « l’ ennemi » serait armé de SAM et lance-missiles
MANPAD.
Au large, l’île de Chypre a été utilisée par Israël tandis qu’il se
prépare pour sa prochaine guerre. En mars 2017, Israël et le
gouvernement du sud de Chypre ont organisé les manœuvres militaires
« Onsilos-Gedeon » de trois jours sur une vaste zone autour de Nicosie.
En juin, environ 500 soldats, dont un grand nombre appartiennent à
« l’unité d’élite » Egoz, ainsi que cent soldats de la Garde Nationale
Chypriote ont pris part à un exercice de guerre de deux semaines dans
les montagnes Troodos, où le terrain est similaire à celui du Sud-Liban.
Les combats se déroulaient sur et sous terre, dans des zones à la
végétation dense en terrain montagneux et comportaient des manœuvres
aéroportées de jour et de nuit. La composante aérienne comprenait cinq
escadrons israéliens, des avions de transport C130, des hélicoptères
Blackhawk et l’unité 669, dont la mission principale est de secourir les
pilotes et soldats piégés derrière les lignes ennemies.
Vers la fin octobre 2017, la « coopération » militaire
israélo-chypriote se déplaça dans le sud de la Palestine occupée, où des
soldats de la Garde nationale chypriote et l’unité Egoz organisèrent
des exercices sur une période de deux semaines sur la base militaire
Tzeelim. L’accent était mis sur la guerre urbaine dans un décor imitant
une ville ‘arabe’.
Ces manœuvres miliaires en cours font partie d’un nouvel axe
stratégique (militaire et commercial) qui se développe en Méditerranée
orientale entre Israël, Chypre et la Grèce et qui attire d’autres pays
en raison des profits lucratifs qui à terme proviendront des réserves de
gaz naturel des fonds marins que Chypre est en train de forer dans son
champ Aphrodite et Israël dans ses champs Leviathan et Tamar à 140 km de
la côte de la Palestine occupée.
L’engagement militaire avec Israël et la tenue de manœuvres sur le
sol chypriote qui, pour Israël, sont clairement dirigées contre un
ennemi « arabe », ont semé la consternation dans les rangs de
l’opposition chypriote. En juin, le parti Akel remarquait que les
montagnes Troodos avaient été choisies pour leur similitude avec la
topographie du Sud-Liban. Il a déclaré que les exercices impliquaient
Chypre dans des jeux de guerre dangereux « aux côtés d’une armée qui est
une puissance d’occupation dans les territoires palestiniens depuis 50
ans. » La militarisation de la coopération avec Israël était dangereuse
pour Chypre et la paix de la région.
Les dirigeants israéliens sont des psychopathes dangereux et génocidaires
L’ampleur de ces exercices ne laisse planer aucun doute, Israël ne se
contente pas d’améliorer et de vérifier l’état de préparation de son
armée mais se prépare activement à la guerre. Les sonnettes d’alarme
retentissent continuellement depuis un an ; d’après Channel Two, qui a
accès aux positions israéliennes sur la ligne d’armistice avec le Liban,
Israël se prépare à mener « une guerre très violente ». En 2008 déjà,
le chef du commandement nord de l’armée sioniste de l’époque, maintenant
chef d’état major, Gadi Eisenkot, présenta la « doctrine Dahiya », qui
met l’accent sur les dégâts colossaux qui seraient infligés aux zones
associées au Hezbollah. Écoutons Eisenkot : « À chaque village à partir
duquel il sera tiré sur Israël nous appliquerons une force
disproportionnée et lui infligerons des dégâts et destructions énormes.
De notre point de vue ce ne sont pas des villages civils, ce sont des
bases militaires. Ceci n’est pas une recommandation. C’est un plan et il
a été approuvé. »
Dahiya, bien-sûr, c’était ce grand faubourg de Beyrouth pulvérisé par
l’aviation israélienne en 2006. D’autres pensent que la doctrine
devrait être appliquée encore plus largement. Selon les propos tenus en
mars 2017 par le ministre de l’éducation Naftali Bennett, « Les
institutions libanaises, leurs infrastructures, les aéroports, les
centrales électriques, les carrefours, les bases de l’armée libanaise,
toutes devraient être des cibles légitimes si une guerre éclate. C’est
déjà ce que nous devrions leur dire et ils sauraient que si le Hezbollah
tire des missiles sur le front intérieur israélien cela voudra dire que
nous renverrons le Liban au Moyen-Age. »
De la part de N.Bennett ce ne sont pas que des mots. Après tout, en
1996, c’est lui qui a ordonné le tir de barrage qui tua plus de cent
personnes, dont la moitié d’enfants, dans l’enceinte des Nations Unis de
Qana, au Sud-Liban. « Je suis fier de la façon dont j’ai opéré pendant
l’opération ‘Raisins de la colère’ », a-t-il remarqué plus tard.
« Laissez les guerriers tranquilles. » Après tout c’est encore N.Bennett
qui une fois a dit « J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie et ça ne me
pose aucun problème. »
Selon le ministre du renseignement Yisrael Katz, s’entretenant en
décembre avec un journal saoudien, « Ce qui s’est passé en 2006 sera
qualifié de partie de plaisir comparé à ce que nous sommes capables de
faire maintenant. Je me souviens qu’un ministre saoudien a dit qu’ils
renverraient le Hezbollah dans ses grottes au Sud-Liban. Je vous le dis
nous allons renvoyer le Liban à l’âge de pierre … et enterrer Nasrallah
sous les rochers. » Ce sont purement et simplement des menaces
génocidaires, et l’Iran et le Hezbollah se préparent tous deux à
l’offensive. Le Hezbollah a déjà dit qu’il disposait de missiles
capables d’atteindre n’importe qu’elle partie de la Palestine occupée et
a laissé entendre que les ports et les raffineries feraient partie des
cibles de toute guerre à venir.
La réponse de la résistance libanaise
La réponse de Hassan Nasrallah à ces menaces, faite lors de son
discours marquant le 10 ième jour d’Achoura en octobre de cette année,
mérite qu’on lui prête attention parce qu’il n’est pas homme à tenir des
propos en l’air. C’était un long discours dans lequel il a fait la
distinction entre judaïsme et sionisme, dans lequel il a dit que les
juifs amenés en Palestine du monde entier était de la chair à canon
dans une guerre colonialiste britannique et occidentale contre les
populations arabes et musulmanes de la région et qu’ils servaient encore
à alimenter les politiques états-uniennes.
S’adressant aux « érudits juifs, à leurs personnalités éminentes,
leurs penseurs » il les prévint que B. Netanyahou mène ‘votre peuple’
en Palestine à l’anéantissement et à la destruction. Qu’il travaille
avec Trump à déchirer l’accord avec l’Iran et à entraîner la région dans
une nouvelle guerre, mais que ni lui ni son gouvernement et les
responsables militaires n’avaient une idée précise de ce qui les
attendait s’ils lançaient une autre guerre. « C’est pourquoi j’appelle
tout d’abord les juifs, sauf les sionistes, à dissocier leurs
préoccupations des calculs sionistes qui ne pourront que les mener à
leur destruction finale. J’appelle tous ceux qui sont venus en Palestine
occupée, croyant la promesse qu’ils y trouveraient un pays où coule le
lait et le miel, je les appelle à quitter la Palestine et à retourner
dans le pays d’où ils sont venus afin de ne pas être réduits à du simple
carburant dans une guerre à laquelle le stupide Netanyahou les mènera.
Car si B. Netanyahou lance une guerre dans la région ils n’auront
peut-être plus le temps de quitter la Palestine et il n’y aura peut-être
plus de lieu sûr pour eux en Palestine occupée. » Une telle guerre
pourrait entraîner « la fin de toutes choses pour vous et pour l’entité
sioniste. »
C’est peut-être le discours le plus direct et le plus fort que H.
Nasrallah ait jamais prononcé. La confiance avec laquelle il a tenu ces
propos laisse supposer que le Hezbollah a obtenu ou mis au point un
armement qu’Israël pourrait trouver difficile à contrer.
Le discours indique que H. Nasrallah comprend parfaitement qu’après
plus de sept décennies le conflit avec Israël se rapproche rapidement du
niveau existentiel de : soit l’un … soit l’autre : soit le Hezbollah
est détruit et l’Iran paralysé, soit Israël reçoit des coups d’un telle
ampleur qu’il ne puisse y survivre. À l’instant présent, cela peut
sembler improbable mais l’histoire peut s’avérer facétieuse, tout
particulièrement pour ceux qui fondent leurs calculs sur la base d’un
pouvoir qu’ils ne perdront jamais.
La défaite n’est envisageable pour aucun des deux camps : Israël se
prépare à mener une guerre d’une sauvagerie sans précédent pour achever
ses ennemis et ces derniers sont prêts à se défendre et (comme a prévenu
H. Nasrallah) à exporter la guerre en territoire ennemi. Cela semble
être proche du point où nous nous trouvons actuellement, sans que
personne au sein de la « communauté internationale » n’appuie sur la
pédale de frein pour arrêter la dynamique de guerre.
Note:
* Jeremy Salt
a enseigné l’histoire moderne du Moyen-Orient à l’Université de
Melbourne, à la Bosporus University à Istanbul et à la Bilkent
University à Ankara pendant de nombreuses années. Parmi ses publications
récentes son livre paru en 2008 : The Unmaking of the Middle East. A History of Western Disorder in Arab Lands (University of California Press).
Articles du même auteur.
28 décembre 2017 – The Palestine Chronicle – Traduction: Chronique de Palestine – MJB

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