Gérard Miller
Ainsi l'émoi médiatique soulevé
par le départ d'Aude Rossigneux n'était que l'arbre qui cache la forêt.
Naïfs journalistes du Figaro ou de BFM qui pensiez avoir affaire à des
insoumis ! Grâce aux révélations de Noël Mamère et à son exfiltration
audacieuse de Montreuil, la vérité éclate : le Média citoyen n'était
qu'un repaire de rouges, le couteau entre les dents, avec à sa tête rien
de moins qu'un « comité des soviets ». Fier de l'amitié que m'a
toujours portée Noël, je tiens à saluer publiquement son courage.
Certes, c'est avec quelques mois de
retard qu'il a décidé de fêter le centenaire de la révolution
bolchévique, mais j'imagine ce qu'il a dû subir, émission après
émission, en se retrouvant plongé dans les heures les plus sombres de la
Guerre froide qui opposa les Etats-Unis à l'URSS. Qu'on ne compte donc
pas sur moi pour dénoncer le « transfuge » qu'il est aujourd'hui sous le
fallacieux prétexte qu'après avoir signé à ma demande le Manifeste du
Média, il m'a en revanche lui-même contacté pour participer au dit Média,
comme en témoigne l'un des messages (parmi quelques autres) que j'ai
reçus de lui. Comme le célèbre Viktor Andreïevitch Kravtchenko , auteur
de I chose freedom, livre publié à New York en 1946, Noël Andreïevitch
Mamère a choisi la liberté.
Je le dis clairement : le gouvernement
d'Edouard Philippe s'honorerait en accordant à Noël l'asile politique et
je lance à l'instant même l'hashtag #AsilePolitiquePourNoël. Ayant
moi-même parlé de nombreuses fois avec lui ces deux dernières semaines,
et encore une heure avant qu'il ne franchisse le mur de Berlin,
j'imagine les pressions qu'il a subies pour m'écrire ou me dire sur tous
les tons qu'il avait été toujours libre au Média, qu'il avait choisi
comme il l'entendait ses thèmes et ses invités, et qu'il gardait toute
sa sympathie à une équipe qui lui avait ainsi laissé carte blanche.
Je connais trop les méthodes des
bolcheviks pour ne pas anticiper les railleries que Noël va subir.
Certains diront, par exemple, que le jour même où il faisait sa
déclaration bouleversante à Quotidien, il prenait la parole, quelques
instants plus tard, à une réunion publique... de la France insoumise,
rue Marcadet à Paris, et se faisait photographie, « en homme libre »,
devant le soviet du 18ème arrondissement. Moi, tout au contraire,
j'admire cette duplicité salutaire, qui lui permet d'infiltrer l'ennemi
pour mieux le dénoncer ensuite.
J'apporte donc ici tout mon soutien à
Noël Mamère. C'est vrai qu'il dit une chose et son contraire, mais c'est
simplement parce qu'il est l'un des dirigeants du mouvement Générations
et qu'il lui est plus utile de se contredire que de se répéter.
Je
l'affirme donc : Noël n'a qu'une parole et elle lui est précieuse. C'est
pourquoi, quand il la donne, il la reprend.
Le Media TV

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