Victor Ayoli
« Pour nous retrouver ici ce soir, Monseigneur, nous avons, sans
doute, vous et moi, bravé les sceptiques de chaque bord. Et si nous
l’avons fait, c’est sans doute que nous partageons confusément le
sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, et qu’il
nous importe à vous comme à moi de le réparer.
Mais aujourd’hui, dans ce moment de grande fragilité sociale,
quand l’étoffe même de la nation menace de se déchirer, je considère de
ma responsabilité de ne pas laisser s’éroder la confiance des
catholiques à l’égard de la politique – et des politiques. Je ne puis me
résoudre à cette déprise. Et je ne saurais laisser s’aggraver cette
déception…/… Et je suis convaincu que la sève catholique doit contribuer
encore et toujours à faire vivre notre nation. »
Eh ben dis donc, il fait fort dans la retape électoraliste le Jupitounet !
D’abord il appelle l’autre « Monseigneur » ! Mon seigneur ! Le
président de la République française s’abaisse devant un citoyen qu’il
considère comme « son seigneur ». Notez que « Monsieur » veut dire
pareil, c’est une contraction de « monseigneur »… teng ! Elle en prend
un coup dans les dents la laïcité !
Et puis il considère que « le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé ».
Quel lien ? Il n’y a pas de lien entre les églises - ces sectes qui ont
réussi - et l’État. Chacun a sa sphère et la laïcité garantit la
liberté de chaque croyance ET non-croyance. Pas plus de lien que ça. La
République ne reconnaît aucun culte. Les religions ne sont admises à
aucun rôle politique. Et la danse du ventre de Macron devant toutes les
religions, l’une après l’autre, engage la République dans un engrenage
dangereux.
À noter qu’il n’a jamais pris la peine de consulter la majorité des
Français qui osent penser par eux-mêmes - athées, agnostiques –, qui
préfèrent la raison à la soumission crédule et qui, eux aussi, peuvent
souffrir quand on les incite voire quand on les somme de respecter
quelque yavhé, jésus, allah, mahomet, vishnou et autres inventions
puériles que ce soit. Il ne les rencontre pas parce que ceux-ci ont la
sagesse, qui se transforme en faiblesse, de ne pas avoir de structures
représentatives activistes…
Dans son discours, il fait preuve d’une grande érudition – ça change
de ses prédécesseurs, c’est vrai – en citant de nombreux écrivains et
philosophes catholiques, mais il aurait dû aussi citer Kant : « Quand un homme a un ami imaginaire, c’est un schizophrène, quand des millions en ont un, c’est une religion. »
Citoyen président Macron, toi qui aimes tant les citations, médite
donc sur celle-ci de Jean-Marie Matisson qui définit la Laïcité : « La laïcité a-t-il dit, n’est pas une opinion, c’est la liberté d’en avoir une.
La laïcité n’est ni dogmatique ni intégriste, elle est le cadre dans
lequel un individu est libre de pratiquer ou non une religion ; de
critiquer ou non un dogme ; de croire ou non en une vérité révélée.
Clef de voûte de l’édifice républicain, la laïcité est le garant essentiel des libertés individuelles et de l’égalité des droits. Elle constitue, encore aujourd’hui, le fondement indispensable de l’harmonie sociale et de l’unité de la nation.
En défendant le droit absolu à la liberté de conscience, à la liberté d’expression et au libre choix, la laïcité contribue à la construction d’un humanisme moderne qui donne à chaque homme et à chaque femme un accès égal aux connaissances et aux responsabilités ; aux mêmes droits et aux mêmes devoirs.
La laïcité ne se négocie pas, elle ne sert pas à défendre une position dogmatique, œcuménique ou communautariste. Le Comité Laïcité et République refuse de réduire le sens de la laïcité, ou de l’école publique, à l’affirmation qu’elles permettent à chaque religion de trouver sa place.
Nous élargissons le champ d’action de la laïcité. Elle n’est pas seulement la séparation des Églises et de l’État. Elle est au contraire, un principe universel, porteur d’avenir et d’espoir pour tous les hommes, qu’ils soient agnostiques, athées ou croyants, comme ceux qui ne se reconnaissent dans aucune de ces définitions. »
Clef de voûte de l’édifice républicain, la laïcité est le garant essentiel des libertés individuelles et de l’égalité des droits. Elle constitue, encore aujourd’hui, le fondement indispensable de l’harmonie sociale et de l’unité de la nation.
En défendant le droit absolu à la liberté de conscience, à la liberté d’expression et au libre choix, la laïcité contribue à la construction d’un humanisme moderne qui donne à chaque homme et à chaque femme un accès égal aux connaissances et aux responsabilités ; aux mêmes droits et aux mêmes devoirs.
La laïcité ne se négocie pas, elle ne sert pas à défendre une position dogmatique, œcuménique ou communautariste. Le Comité Laïcité et République refuse de réduire le sens de la laïcité, ou de l’école publique, à l’affirmation qu’elles permettent à chaque religion de trouver sa place.
Nous élargissons le champ d’action de la laïcité. Elle n’est pas seulement la séparation des Églises et de l’État. Elle est au contraire, un principe universel, porteur d’avenir et d’espoir pour tous les hommes, qu’ils soient agnostiques, athées ou croyants, comme ceux qui ne se reconnaissent dans aucune de ces définitions. »
Amen ! (à boire)

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