Victor Ayoli
« La Russie jure d’abattre n’importe quel missile tiré sur la Syrie.
Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et
intelligents ! Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue
avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela ».
Qu’on entende de
tels propos au bistrot de la toile, chez Loulle, on peut le comprendre,
mais dans la bouche du président de la nation la plus puissante du monde
économiquement et militairement ça laisse sur le cul…
C’est pourtant, hélas, la triste réalité. Une réalité qui risque de
plonger le monde dans un engrenage guerrier aux conséquences
cataclysmiques. Nous sommes concernés au plus haut point dans cette
folie par le suivisme de toutou fidèle de notre ci-devant président
Macron qui, à l’occasion, révèle sa vraie nature : mettre la France à la
remorque des États-Unis et de tout ce que représente cette nation
prédatrice : capitalisme sauvage, prééminence de la finance au service
des multinationales étasuniennes, brutalité militaire pour satisfaire le
complexe militaro-industriel, impérialisme mondial, etc...
On sait de Macron qu’il s’agit d’un ex-banquier d’affaires du Groupe Edmond de Rothschild, mais on sait moins que, tout comme son Premier ministre Édouard Philippe, il est membre de la French-American Foundation (Young Leader cuvée 2012) et de la sulfureuse conférence de Bilderberg.
Il a donc été choisi et adoubé par ces officines à la solde des seuls
intérêts étasuniens avant d’être élu par moins de 20 % de Français. Ces
acoquinages ne condamnent pas toutes les actions de Macron mais ils
indiquent les influences qui orientent ces actions. Voilà qui explique
aussi son léchage des bottes yankees. Voilà tout de même pour la défense de quels intérêts les deux dirigeants de notre pays
vont faire de la France une cible privilégiée des missiles russes.
L’intérêt de la France est-il de se mettre dans une telle posture
belliqueuse ? La Russie est-elle un pays ennemi ? Non. Nous
menace-t-il ? Non. Doit-on croire les allégations « d’abominations
chimiques » qui seraient le prétexte du déclenchement d’un engrenage
mortel lorsqu’on sait qu’elles émanent de groupuscules islamistes
qui se baptisent « casques blancs », relayés par la propagande
étasunienne ? Où sont les preuves ? A-t-on oublié les « preuves d’armes
de destructions massives » de Sadam Hussein ?
Ces bombardements prévus apporteront-ils une solution au foutoir du
Moyen-Orient ? Absolument pas. Bachar el Assad a gagné sa guerre contre
ses terroristes et quelques bombes n’y feront rien. Et n'oublions pas
que toutes, absolument toutes les interventions occidentales au
Moyen-Orient se sont soldées par une aggravation de la situation. Donc,
action stupide.
Les intérêts de la France y gagneront-ils quelque chose ?
Certainement pas, elle est totalement hors jeu. Ah ! Si, ça fera une
vitrine pour vendre nos belles machines à tuer… Macron pourra vendre
quelques armes de plus à son « frère » Mohamed Ben Salman, ce grand
« démocrate » d’Arabie saoudite auquel il vient de dérouler le tapis
rouge et qui s’en servira pour massacrer quelques milliers de Yéménites
de plus. Les vrais intérêts de la France sont plutôt en Iran.
En fait, il n’existe aucune menace pour la France et l’Europe
de la part de la Russie. La Russie n’est pas notre ennemi ! Or, la
politique poursuivie par les États-Unis et leurs alliés-vassaux, tant en Syrie qu’en Ukraine,
vise à créer l’impression d’une telle menace. L’aménagement de bases de
l’OTAN, l’accroissement de son infrastructure a pour but de renforcer
l’influence de l’Alliance atlantique en Europe, de contraindre les pays
membres à consentir des dépenses supplémentaires pour entretenir les
troupes et semer l’inquiétude parmi les alliés. Et maintenant les rodomontades syrienne d'un Dr Folamour. Il serait peut-être temps de prendre conscience de ces réalités et de les regarder en face.
Et en face, c’est du lourd ! Du fait qu’une guerre à grande
échelle en Europe menacerait l’existence même de l’État russe et de sa
nation, ceux-ci sont en train de prendre des mesures pour faire savoir
sans équivoque que, si cela se produisait, les États-Unis et leurs
alliés-vassaux paieraient un prix immense pour une telle attaque. Les
moyens qui se mettent en place côté russe sont à la mesure de la menace
otanienne. Et même plus.
Jusqu’à présent, la Russie ne croyait pas a une menace militaire
classique venant des forces de l’Otan. Elle n’avait donc pas déployé de
forces significatives pour se défendre contre une menace fictive. Cela
est en train de changer sérieusement.
Blindés. La Russie réarme une de ses armées des plus
prestigieuse, la 1ère Armée blindée de la garde (1 TGA). Actuellement,
elle est équipée de chars de combat T-72B3 et T-80, mais ils seront
remplacés par le nouveau char révolutionnaire T-14 Armata, tandis que les véhicules de combat d’infanterie actuels et les véhicules blindés seront remplacés par les nouveaux APC et IFV.
L’appui aérien de ces unités blindées sera assuré par des Mig-28 et des
hélicoptères d’attaque Ka-52.Il y a là une force terrestre blindée sans
équivalent côté occidental.
Missiles tactiques. Le nouveau système de missile tactique
opérationnel Iskander-M est une arme redoutable sous tous ses aspects.
Bien que techniquement ce soit un missile tactique à courte portée
(moins de 1 000 km de portée, l’Iskander-M a une portée officielle de
500 km), il peut aussi tirer le missile R-500, qui a une portée
opérationnelle intermédiaire (plus de 1 000 km, le R-500 a une portée de
2 000 km). Il est extrêmement précis, il a des capacités antimissiles
avancées, il se déplace à des vitesses hypersoniques et est pratiquement
indétectable sur le terrain (voir ici pour
plus de détails). Ce sera le missile chargé de détruire toutes les
unités et les équipements que les États-Unis et l’OTAN ont déployés à
l’avant en Europe orientale et, si nécessaire, d’ouvrir la voie à la
1TGA.
Missiles intercontinentaux. Ni la 1TGA, ni le missile
Iskander-M ne menacent le territoire américain en aucune façon. La
Russie a donc aussi besoin d’une arme qui peut semer la panique au
Pentagone et à la Maison Blanche. Le RS-28 Sarmat (SS-X-30
selon la classification de l’OTAN) fait monter la terreur à un niveau
totalement nouveau. Le Sarmat vole à Mach 20 (24 500 km/h). Il est
capable de transporter 10 à 15 ogives MIRV à
têtes multiples, Le missile sera capable d’atteindre toute cible
partout sur la planète, par n’importe quelle trajectoire. Tous ces
éléments combinés rendront le Sarmat lui-même et ses ogives, totalement
impossibles à intercepter. Le Sarmat sera également capable de délivrer
le Iu-71, une ogive conventionnelle hypersonique conçue pour une frappe cinétique, qui
permet de détruire une cible ennemie fortifiée dans un conflit non
nucléaire. Cela sera rendu possible par la précision étonnante des
ogives du Sarmat, de 10 mètres, et à son temps d’armement qui est
inférieur à 60 secondes.
Torpille stratégique. La torpille stratégique Status-6 peut
plonger jusqu’à 1 000 m à une vitesse allant jusqu’à 185 km/h et il a
une portée de 10 000 km. Elle est délivrée par des sous-marins
spécialement configurés. Le système Status-6 peut être utilisé pour
cibler des groupes de combat de porte-avions, des bases de la marine des
États-Unis (en particulier les bases de sous-marins balistiques) et, dans sa configuration la plus effrayante, il peut être utilisé pour délivrer des bombes au cobalt à
haute radioactivité, capables de contaminer de vastes étendues de
territoire. La plupart des villes des USA et les centres industriels
étant le long de la côte, cette situation les rend extrêmement
vulnérables aux attaques de torpilles.
Autres armes sournoises. Le rail mobile soviétique ICBM BzhRK
est un système de wagons de missiles circulant en permanence dans
l’immense réseau ferroviaire russe. Impossibles à repérer. Le missile de
croisière Kalibr, vu récemment en action dans la guerre en Syrie peut
être tiré d’un conteneur typique du commerce, comme ceux que vous
trouverez sur des camions, des trains ou des navires. Rappelez-vous que
le Kalibr peut frapper tout ce qui se trouve entre 50 et 4 000 km et
qu’il peut transporter une ogive nucléaire. Où serait le problème, pour
la Russie, de déployer ces missiles de croisière au large des côtes des
États-Unis à bord de navires porte-conteneurs réguliers ?
Alors, est-il raisonnable pour nous, Français, Européens, d’attacher
notre existence même aux folies des mégalos du Pentagone, eux-mêmes
manipulés par le complexe militaro-industriel étasunien ?
Les Russes sont comme les autres, ils ont peur de la guerre et ils
vont tout faire pour l’éviter. La dernière leur a coûté plus de
28 millions de morts… Mais ils sont aussi prêts s’il faut la faire. Ceci
est une caractéristique culturelle russe unique, que l’Occident a mal
interprétée un nombre incalculable de fois au cours des 1 000 dernières
années. Maintes et maintes fois, les Européens ont attaqué la Russie
pour se retrouver dans un combat qu’ils n’auraient jamais imaginé, même
dans leurs pires cauchemars. Napoléon et Hitler y ont creusé leurs
tombeaux. Voilà pourquoi les Russes aiment à dire que « la Russie ne commence jamais les guerres, elle les termine ».
Les Français, les Allemands et les Britanniques vont-ils enfin comprendre que les Étasuniens les mènent au chaos ?
Heureusement, autour du président des USA, il y a encore des gens
lucides pour tempérer les dangereuses foucades de Folamour-Trump. Et en
face, un joueur d'échec qui a toujours deux coups d'avance.

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