Caleb Irri
« On n’établit pas une dictature pour sauver la révolution, on fait une révolution pour établir une dictature ».
Voilà une phrase qui devrait éclairer d’un jour nouveau la politique
de « Blitzkrieg » mise en place par le gouvernement Macron.
Car il faut être honnête, et regarder les choses en face : soit
Macron ne comprend pas qu’il est en train de favoriser à la fois la
convergence des luttes et la montée de la colère dans la population
toute entière -et il faudrait le remercier pour ça car il accélère ainsi
la prise de conscience de milliers de citoyens qui n’avaient pas encore
compris qu’ils ne faisaient pas partie de l’ascension cordée-, soit
Macron est un homme intelligent qui a bien compris que pour continuer à
gouverner les riches ne pourront pas faire l’économie d’une dictature
fondée sur le contrôle total des masses. C’est pour eux le seul moyen de
sauver le capitalisme (et leurs fesses avec) dans un monde qu’on ne
sait plus comment diriger autrement tant les défis pour sauver notre
planète sont incommensurables.
Ne pouvant pas se permettre de mettre en place une dictature à partir
d’un illégitime coup d’Etat, ils tentent de créer une contestation
suffisamment grande et violente pour justifier la mise en place d’une
dictature -en réponse à cette violence qu’il aura créée.
En réalité ce qui se passe en France est dans la continuation de ce
qui se passe partout dans le « monde occidental » : les riches ayant
refusé le « retournement du capitalisme »
au profit des pays émergents, ils doivent s’attaquer désormais à
« l’ennemi intérieur » que représente l’extrême-gauche, en utilisant les
outils de contrôle et de répression permis par les lois
anti-terroristes antérieurement adoptées.
Le vrai ennemi des riches n’est pas le terroriste mais le pauvre ;
surtout lorsqu’il est encore conscient que sa situation n’est pas une
fatalité mais le résultat logique d’une volonté politique qui refuse
d’adopter des alternatives pourtant vitales à l’Humanité, mais qui sont
susceptibles de mettre fin à la domination des riches sur la planète.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : laisser penser aux peuples
qu’il n’y a pas d’alternative, et que le pouvoir des riches est la
condition de survie des pauvres ; et qu’il ne pourrait en être
autrement.
Les riches ont compris le danger que représentent des gars comme Friot,
comme Lordon et quelques autres, et veulent tuer dans l’oeuf l’idée
même du salaire à la qualification personnelle en détruisant tout ce qui
pourrait permettre de l’envisager. Ils veulent tuer jusqu’au concept
d’une véritable alternative au capitalisme en faisant l’amalgame entre
revenu de base et salaire à vie : une fois la sécu détruite, le statut
des fonctionnaires ou des cheminots désagrégé, le CDI enterré et la
retraite anéantie, les gens n’auront même plus de référence sur
lesquelles s’appuyer pour ne serait-ce que penser une alternative.
L’objectif des riches est de remettre sous servitude toute la
population qui se fait petit à petit rejeter du monde du travail, en
attendant que les robots les rendent totalement obsolètes -ou « de
trop » ?
Ils prometteront aux pauvres des pays riches l’esclavage des populations conquises des pays pauvres en échange de leurs libertés, qu’ils seront contraints de laisser derrière eux au profit d’une dépendance qui s’apparente à une mise sous tutelle globale de 90 pourcents de la population. Si vous êtes trop pauvre dans le monde qui vient, vous serez nourri et logé mais vous serez contrôlé dans vos moindres faits et gestes. Vous n’aurez le droit de faire des enfants qu’à certaines conditions, et vous ne pourrez plus effectuer librement les arbitrages qui concernent votre vie privée (dépenses/loisirs/travail).
Ils prometteront aux pauvres des pays riches l’esclavage des populations conquises des pays pauvres en échange de leurs libertés, qu’ils seront contraints de laisser derrière eux au profit d’une dépendance qui s’apparente à une mise sous tutelle globale de 90 pourcents de la population. Si vous êtes trop pauvre dans le monde qui vient, vous serez nourri et logé mais vous serez contrôlé dans vos moindres faits et gestes. Vous n’aurez le droit de faire des enfants qu’à certaines conditions, et vous ne pourrez plus effectuer librement les arbitrages qui concernent votre vie privée (dépenses/loisirs/travail).
Il faut se rendre compte que Macron sera gagnant sur tous les plans :
soit la contestation sera si forte qu’il sera « contraint » d’utiliser
la force pour « rétablir le droit », soit la contestation sera faible et
le gouvernement aura bouleversé le cadre institutionnel d’une telle
manière que la peur de la répression suffira à faire taire la
contestation pour longtemps. Après la saturation engendrée par l’ampleur
des attaques de ce Blitzkrieg, les citoyens Français s’apercevront
bientôt qu’ils ont abandonné ce qui faisait de la France un modèle pour
tous les peuples oppressés du monde, en marche vers le néo-féodalisme
que j’évoquais il y a peu.
On aura beau jeu alors de dire qu’on avait
rien vu venir ; il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

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