Jean-Luc Mélenchon
Le GIEC a rendu son analyse de la situation dans le changement
climatique en cours.
Les nouvelles ne sont pas bonnes du tout. Mais
elles rappellent qu’on peut encore agir contre le pire même s’il parait
évident que le changement est irréversible. En effet le réchauffement
climatique a désormais atteint 1°C. Et il progresse d’environ 0,2°C par
décennie. Mais cette moyenne ne concerne pas de la même façon toutes les
parties du monde et sa constance n’est pas garantie. Par exemple,
certaines parties du monde (comme l’Arctique) se réchauffent plus vite
que d’autres. En tous cas, si les émissions se poursuivent au rythme
actuel, un réchauffement d’1,5°C sera atteint aux environs de 2040. Des
milliers de territoires seront alors sous l’eau.
La lecture des engagements des États ne rassurent pas. Les
contributions nationales actuelles, si elles sont pleinement mises en
œuvre, mèneraient en 2030 à des émissions deux fois plus élevées que les
émissions supportables pour maintenir le réchauffement à 1,5°C.
Pour bien comprendre, on doit savoir que maintenir le réchauffement
mondial en dessous de 1,5°C est possible d’un point de vue géophysique.
Si toutes les émissions cessaient aujourd’hui, le réchauffement
resterait en dessous de 1,5°C. Mais c’est évidemment impossible sans des
changements politiques et un niveau de mobilisation complets.
Quoi qu’il en soit, un réchauffement d’1,5°C aura des conséquences
importantes sur les sociétés humaines et les écosystèmes. Et même si le
réchauffement était limité des maintenant à 1,5°C, certains impacts
continueront au-delà de 2100. Par exemple, la montée du niveau des mers.
Et ces changements seront irréversibles. Cependant, ces impacts seront
moindres que ceux d’un réchauffement de 2°C, seuil fixé par la COP 21.
Car les effets d’une telle élévation ont été revus à la hausse. Et il
faut se souvenir que les engagements des États, s’ils sont tenus,
conduisent à 3,5 degrés.
Bref, la catastrophe est bien engagée, en toute hypothèse. Pour
autant, il ne faut pas se résigner. L’action publique peut et doit se
donner des objectifs ambitieux comme nous le faisons avec la règle verte
dans notre idée de changement de Constitution. C’est à ce niveau de
volonté et d’action qu’il faut porter toute l’action publique. Car
limiter le réchauffement à 1,5°C implique des transitions systémiques
profondes et rapides dans tous les process de production et d’échange.
Et cela doit être fait dès les deux prochaines décennies.
Celles-ci doivent avoir lieu dans tous les secteurs (énergétiques,
transports, bâtiments, terres et industries). Et aussi par des
changements de comportement (alimentation notamment). Dans les
trajectoires compatibles avec un réchauffement de 1,5°C, la part des
renouvelables dans la production d’énergie primaire s’établirait en 2050
à environ 60%, celle des énergies fossiles à 33% (dont 5% pour le
charbon, 13% pour le gaz et 16% pour le pétrole), et celle du nucléaire à
moins de 5%.
Rien a voir avec les plans des gouvernements Hollande et
Macron. Vivement la mise en œuvre de « L’Avenir en commun » ! Sinon quoi
d’autre ?

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