Christelle Guibert
En Belgique, au Luxembourg, en Bavière, les écologistes sont les grands
gagnants des élections du week-end, en séduisant au travers des
questions climatiques de nouveaux électeurs.
Les partis écologistes européens affichent une belle santé dans les
urnes, portés par la crise du climat. Die Grünen, les Verts allemands,
ont doublé leur score aux législatives de Bavière, dimanche. Avec
17,5 %, ils sont la deuxième force du Parlement derrière les
conservateurs de la CSU (37,2 %). Le vote écolo est surtout jeune et
urbain. Dans une vingtaine de villes, les Verts dépassent la CSU. À
Munich, la capitale, ils ont remporté 30,3 % des voix, contre 25,2 %
pour la CSU.
La montée des Verts est une tendance de fond en Allemagne. Ce parti a
capté des déçus de la coalition du 4e mandat d’Angela Merkel, en
piochant dans le réservoir des conservateurs, autant que dans celui des
sociaux-démocrates. Il a l’expérience du pouvoir : il dirige le
Bade-Wurtemberg et codirige neuf régions, sur la base de programmes
négociés en amont, aussi bien avec la gauche que la droite. Un
pragmatisme dont pourraient s’inspirer les Verts français, en manque de
résultats…
Deuxième parti à Bruxelles
Les écologistes ont aussi fleuri aux élections communales de
Belgique, dimanche. « Ecolo-Groen progresse partout en Wallonie (sud
francophone) et dans la région Bruxelles-Capitale », remarque le
politologue Pascal Delwit. Le parti vert pourrait compter plusieurs
nouveaux maires dans l’agglomération de Bruxelles. « Il gagne 550
conseillers communaux », se félicitait-on au siège national. Un
renouvellement très féminin : « Bravo à Uccle : 13 sièges dont 8
femmes », jubilait l’élue Perrine Ledan.
Les Verts belges ont souvent servi de refuge aux électeurs déçus par
les partis traditionnels. C’est encore le cas, avec les scandales
politico-financiers Publifin et du Kazakhgate auxquels ont été mêlés le
Parti socialiste et le Mouvement réformateur (MR, libéral).
Trois sièges en plus au Luxembourg
Les écologistes luxembourgeois – Die Gréng – étaient aussi en joie,
dimanche. Ils doublent leur score, en remportant 14,65 % des suffrages
et trois sièges supplémentaires à la Chambre. Carole Dieschbourg, la
jeune ministre de l’Environnement, a doublé son nombre de voix par
rapport à 2013. À l’image des Allemands, les écologistes luxembourgeois
ont l’expérience du pouvoir. Ils sont sept verts dans le gouvernement
actuel.
Ces trois scores historiques sont un « bon signal pour les
Européennes » de mai 2019, assure le Vert luxembourgeois Claude Turmes,
qui liste des nouveaux motifs d’adhésion : la peur des pesticides, la
lutte contre le réchauffement climatique, le dieselgate, la pollution de
l’air…
Source : Ouest France

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