François Ruffin
Ce matin, l’appartement de Jean-Luc Mélenchon, celui de la secrétaire générale du groupe, le local de La France insoumise et celui du Parti de Gauche ont été perquisitionnés. Je voudrais dire ici mon profond sentiment d’injustice.
Il y a un homme qui a mené sa campagne main dans la
main avec les maîtres de la presse, les maîtres des télécoms, les
maîtres du médicament, tout le CAC40 réuni, qui baigne dans les affaires
comme un requin en eaux troubles,
Il y a un homme qui a profité du ministère de l’Économie, et son ancien collègue du budget Christian Eckert en témoigne, pour lancer sa campagne présidentielle sur les deniers publics,
Il y a un homme qui s’est entouré de ministres, de collaborateurs, gavés de stocks options, d’affairistes de l’immobilier, de champions du conflit d’intérêts,
Il y a un homme qui, retour sur investissement, fait des lois sur mesure pour ses amis financiers, du secret des affaires à la vente des aéroports en passant par la suppression de l’ISF, par la flat tax, par le CICE renforcé, etc.
Il y a un homme qui, c’est sous notre nez, opère la fusion de l’État avec l’oligarchie, écarte chaque jour l’intérêt général au profit des multinationales.
Et qui vient-on poursuivre ? Le groupe qui, aujourd’hui, à
l’Assemblée et en-dehors, défend les gens contre l’argent. C’est
tellement évident. Tellement deux poids, deux mesures. Tellement une
disproportion de moyens pour des queues de cerises, quand, dans le cas
Benalla, la police trouve porte close le soir et revient gentiment le
lendemain, une fois l’appartement nettoyé. Je suis dans le train, là,
pour le site de Sanofi de Mourenx, dans les Pyrénées. Durant des
mois, et peut-être des années, l’usine a rejeté 190 000 fois plus de
bromopropane, une substance cancérigène, que les normes autorisées.
Durant des décennies, la Dépakine fut vendue à des femmes enceintes, causant 30 000 enfants autistes, alors que Sanofi
savait, se taisait, engrangeait les profits. Et refuse aujourd’hui de
sortir le moindre euro pour les indemniser. Là, on attend toujours une
perquisition au siège de Sanofi. Ou au domicile de Serge Weinberg, son PDG, et ami de notre Président, à qui il conseillait : « Enrichissez-vous. », avant de l’introduire à la banque Lazard,
avant de le soutenir pour la présidentielle, avant d’être, dès
l’intronisation, reçu à l’Élysée. Ces perquisitions, on les attend
toujours. On risque de les attendre longtemps.Il y a un homme qui a profité du ministère de l’Économie, et son ancien collègue du budget Christian Eckert en témoigne, pour lancer sa campagne présidentielle sur les deniers publics,
Il y a un homme qui s’est entouré de ministres, de collaborateurs, gavés de stocks options, d’affairistes de l’immobilier, de champions du conflit d’intérêts,
Il y a un homme qui, retour sur investissement, fait des lois sur mesure pour ses amis financiers, du secret des affaires à la vente des aéroports en passant par la suppression de l’ISF, par la flat tax, par le CICE renforcé, etc.
Il y a un homme qui, c’est sous notre nez, opère la fusion de l’État avec l’oligarchie, écarte chaque jour l’intérêt général au profit des multinationales.
On peut apprécier ou non Jean-Luc Mélenchon. On peut apprécier ou non La France Insoumise. Et je ne suis pas, loin de là, le plus « corporate » des députés LFI. Mais le souci, pour moi, n’est plus là.
Et avec un peu de gravité, je voudrais m’adresser simplement aux Républicains de ce pays : c’est la question démocratique qui est désormais posée. Et de cette épreuve, avec le peuple, avec les gens, je suis convaincu que nous sortirons plus forts.
Toutes mes amitiés, à distance, à mes camarades.
François Ruffin - (Depuis la gare de Pau) -

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