Charles Sannat
Vous vous souvenez sans doute de notre jeune candidat à la
présidentielle, notre Manu (militari ?), devenu entre-temps notre
Jupiter, qui hurlait lors d’un de ses meetings « pas ça, pas ça, pas
ça »…
Je dois vous avouer que chaque jour, mes bras tombent un peu
plus bas, et quand je vois le salaire de celle qui va animer le débat
des pauvres gueux que nous sommes, j’ai envie de hurler « pas ça, pas
ça, pas ça »…
J’aurais beau dire que moi, je veux bien leur organiser bénévolement
leur grand débat genre… pour le bien commun et dans un objectif de
concorde nationale, même gratos, ils ne retiendront pas ma candidature
!!!
Je rappelle quand même, à toutes fins utiles, à nos fins
limiers du Palais, que les gilets jaunes, ils n’ont pas une thune, pas de
flouze, de kopecks ou de blé. Pas plus d’oseille ou de fric… Les fins
de mois sont difficiles, surtout pendant les 30 derniers jours…
Et vous savez quelle est leur dernière idée géniale ?
Filer 176 000 euros par an, soit presque 15 000 boules par mois, à l’organisatrice dudit débat…
Hahahahahahahahaha !!
Je rigole encore d’une telle finesse dans l’analyse qui a présidé à ces choix financiers.
Tenez, lisez et pincez-vous pour y croire :
« La
lettre A révèle en effet que Chantal Jouanno va percevoir 176 000 euros
de salaire en 2019 pour son poste de présidente de la Commission
nationale du débat public, soit une rémunération mensuelle brute de 14
666 euros. C’est donc presque autant qu’Emmanuel Macron et Édouard
Philippe, qui perçoivent tous deux des salaires de 15 140 euros bruts
par mois à l’Élysée et Matignon. Et c’est plus que les émoluments des
membres du gouvernement puisque les ministres touchent 10 093 euros par
mois et les secrétaires d’État, 9 559 euros. »
Heu, Monsieur le Président, là, va y avoir un gros malaise !!!
Bon,
j’imagine déjà la gueule de la première réunion… « Et toi, avec tes 15
000 boules par mois, tu comprends quoi à ma vie »… Et encore, là, je
viens de vous faire une version très soft et politiquement correcte.
De
vous à moi, mes copains normands utilisent un vocabulaire disons,
comment dire, nettement moins « rond » et susceptible de choquer
profondément et durablement cette gente dame qu’est la dame Chantal.
C’est
plus « rural », plus direct quoi… voyez… genre noms d’oiseau, machin
toussa… L’avantage, c’est qu’au moins vous savez à quoi vous attendre,
et que quand le gus en face de vous n’est pas content, eh bien… vous le
comprenez sans ambiguïté !!
Pour autant, il ne faut pas que les
bobos parisiens réduisent le campagnard à un être bourru ! À la
campagne, on reste des gens sympas et très accueillants et même que l’on
sait être polis aussi. Je dirais même qu’il y a un côté « vieille
France » où la politesse tient une place que l’on a perdue de vue dans
les grandes villes où tout se vaut et où plus grand-chose n’a de valeur.
C’est aussi le choc de ces deux mondes devenus radicalement différents.
Croyez-moi,
la Chantal, il ne faut surtout pas l’envoyer dialoguer avec les gilets
jaunes fauchés et gagnant 800 euros par mois, parce que là, ils ont les
crocs… Ils sont peut-être sans dents, mais avec beaucoup de mordant, et
il est bien sûr évident que cela va très mal se passer !!
Celui
qui animera le grand débat doit évidemment le faire sans émoluments,
sans salaire, sans gagner quoi que ce soit, et cela ne peut être qu’un
engagement volontaire avec uniquement le remboursement des frais (et pas
pour 200 euros la note de resto !!).
Je me demande quand même à quoi ils pensent en hauts lieux !
Déjà
que ce grand débat part très mal, il ne manquait plus que ce genre
d’âneries et là encore, je suis aimable, parce que franchement, de vous à
moi, là on atteint le niveau compétition olympique en connerie.
15
000 boules par mois pour aller débattre avec des gilets et des
« gillettes » qui se débattent dans la précarité financière chaque jour…
c’est du suicide politique en direct !
Faut vraiment être très, très crétin.
C’est confondant. Consternant. Les mots me manquent.
Pourtant, il faut apaiser les maux et pour cela, il faut parler avec les mots, plus qu’avec les poings
La violence survient quand les mots ne sont plus suffisants, quand les mots ne sont plus entendus.
Nous sommes dans un moment où il ne faut pas mettre d’huile sur le feu, où il faut savoir raison garder et garder raison.
Se garder des outrances et tenter de dialoguer autour des complexités et des nécessités de la gestion de notre pays.
Il
ne faut plus tenter « d’endoctriner » le citoyen, mais l’inciter à
débattre à nouveau, à échanger. Il faut se hurler dessus s’il le faut,
se crier nos désaccords ou brailler sur nos différences, on peut même
s’invectiver et, pourquoi pas, s’insulter sur un plateau !
Cela
ferait tellement de bien à tout ce pays qui s’asphyxie de voir la pensée
étouffée depuis trop d’années, et si meugler fait mal aux oreilles,
c’est nettement mieux que de nous entre-tuer dans les rues.
La réponse est politique. La réponse est démocratique
Dans
le contexte épidermique actuel, on ne fait pas mener un débat par une
personne qui gagne 15 000 euros par mois… Qui aura le courage de
prévenir le président ?
Mais quand j’entends ce que j’entends et
que je vois ce que je vois, j’ai raison de penser ce que je pense, à
savoir qu’il y a de quoi être inquiet.
« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de
reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit
reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles
Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et
sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site.
Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information
quotidienne sur www.insolentiae.com. »
Source : La Lettre A ici
insolentiae.com

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire