Camarade Beub
Ils
sont tous coupables ! Quel que soit le jugement que portera une justice
que nous savons bridée, il sera issu de ce qui s’annonce comme un
procès d’envergure (du 6 mai au 12 juillet), fortement médiatisé.
Quelle
que soit la condamnation finale des six personnes physiques –
toutes des hommes – et de la personne morale mises en examen pour
harcèlement moral et complicité, tout le monde le sait, du plus haut
responsable politique jusqu’aux tréfonds de l’opinion : ce qu’ils ont
fait était criminel.
Coupable Didier Lombard.
Coupables, les six autres cadres et hauts dirigeants de la nouvelle
France Télécom SA, et la SA elle-même. Tous coupables ! Ils savaient ce
qu’ils faisaient, et ils assumaient de commettre ce qu’ils savaient être
un potentiel crime industriel de masse, tel que le suggère Me
Teyssonière, avocat des parties civiles. En effet, comment qualifier
autrement le contournement, par un plan massif de licenciement déguisé,
du droit de la fonction publique en son cœur, la protection de
l’emploi ? Et de choisir de procéder à grands renforts de menaces, de
pressions, de flicage permanent des salariéEs, afin de pousser au
désespoir toutes celles et ceux qu’on ne pouvait licencier ? Et de
tenter d’armer par une offensive idéologique de chaque instant tout
l’encadrement intermédiaire afin qu’il participe au dégraissage de ses
propres collègues? Que ne sont-ce là sinon des crimes ? Et tout cela
pour quoi ? Pour un but bassement lucratif : la rémunération de
l’actionnaire ! Dans leurs ressorts profonds, les intentions de l’équipe
dirigeante sont celles d’un crime crapuleux, commis, assumé, en bande
organisée, jusqu’aux dizaines de morts.
Un élément
vient éclairer les enjeux réels de ce procès : le fait que les parties
civiles syndicales – par l’ensemble de la production des CHSCT, de
l’inspection du travail et de l’observatoire intersyndical du stress et
des mutations forcées, mis en place par SUD et la CFE-CGC – visent à
démontrer l’existence d’un harcèlement systémique. Si celui-là est
retenu, alors c’est, à travers l’ampleur et le caractère scandaleux du
« crash plan » mis en place volontairement par la direction, le vrai
visage du néo-management triomphant qui sera reconnu : un harcèlement de
masse, imposé de manière systématique, à touTEs les
travailleurEs.
Autant de raisons pour que les militantE anticapitalistes
fassent de ce procès l’objet d’une agitation spécifique sur leurs lieux
de travail, quels qu’ils soient.

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